Le retour des rouquins : Spirou T54 et Lanfeust odyssey T6

/ Critique - écrit par plienard, le 01/12/2014

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S’il y a bien un endroit où les rouquins sont en odeur de sainteté, c’est la bande dessinée. Et les plus célèbres d’entre eux, Spirou et Lanfeust, en sont le meilleur exemple et présentent respectivement leur 54ième et 22ième aventure.

Spirou et Fantasio, tome 54 – note 7/10

Mine de rien, le duo Vehlman et Yoann fait son petit bout de chemin avec Spirou. Quatrième album dans la série officielle – Les aventures de Spirou et Fantasio... (et Spip) – après le premier album de la série parallèle, Le Spirou de ... avec Les Géants pétrifiés.

Mélange d’aventures à la Indiana Jones et de satire sur les interventions militaires de certains pays pour amener la « démocratie », ce 54ième tome devrait divertir autant qu’il fera réfléchir.


©Dupuis édition 2014.

Ce n’est pas la première fois que le groom sert de vecteur de réflexion contre les anomalies de notre monde, en particulier les dictatures. De maintes fois, il s’est engagé contre des despotes pour les renverser. Mais souvent, ceux-ci étaient des dictateurs de pacotille et derrière on ne voyait pas les conséquences. Ici, il ne fera que traverser un pays en plein chaos dans lequel on a ramené la démocratie avant de partir à la recherche d’un trésor.

Rarement, Spirou aura été si proche de l’actualité et cette aventure fait évidemment écho au printemps arabe et aux guerres civiles du Moyen-Orient. Mais on peut aussi remonter dans un passé un peu plus lointain et encore plus proche de nous (géographiquement) avec la guerre en Yougoslavie. Une première partie très critique et acerbe donc, avant de revenir à un  peu plus de légèreté et de divertissement  avec la recherche du trésor d’Alexandre le grand. On retrouve alors une atmosphère plus détentue (pour le lecteur) car les épreuves que vont subir nos héros n’ont rien de relaxantes.

Dans cet album, on a un Spirou bien ancré dans son époque avec les bonnes recettes du passé.

 

Lanfeust odyssey, tome 6 – note 8/10

On arrive en plein milieu du troisième cycle des aventures de Lanfeust avec le sixième tome de son odyssée. Après avoir sauvé Troy (premier cycle et 8 albums), sauver l’univers (deuxième cycle et 8 albums), le voilà de retour à Troy, 20 ans après le premier cycle alors qu’il n’a, lui même, vieilli que de deux ans. Pour en comprendre la réalité, il vous faudra vous replonger dans ce 2ième cycle ou prendre un cours sur la notion du complexe temporel de l’univers dans tout bon film de science-fiction.


©Soleil édition 2014.

Cette fois, notre héros roux à la mèche noire est bien seul (avec ses quatre femmes). Hébus, qu’il croit mort, a été envouté et est à la merci des sages d’Eckmül. Il va alors découvrir que l’étrange Lylth a hypnotisé toute la ville. Pendant ce temps, Lanfeust remonte le fleuve Bilieux à la recherche d’une fleur et de son épice pour sauver le Magohamoth.

Lanfeust est maintenant riche de deux cycles et il en profite. Ou plutôt, c’est son scénariste, Christophe Arleston – est-il encore besoin de le nommer ? –  qui en profite avec ce vaisseau spatial venant de Meirrion. Au-delà de cela, l’inquiétude continue de monter. Le Magohamoth est au plus mal. Lanfeust n’a jamais été aussi sérieux et adulte et Lylth est en passe de réussir son projet d’ouvrir les portes de l’univers pour ses sœurs.

La tension monte et Tarquin s’éclate. Si la série a perdu l’insouciance de son héros, elle a retrouvé son énergie et le sens de la grande aventure de ses débuts. Je crois que le lecteur est gagnant au final.

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