8.5/10Spirou et Fantasio - Tomes 14, 17 et 24

/ Critique - écrit par riffhifi, le 06/12/2008
Notre verdict : 8.5/10 - Les rois du G.A.G. (Ecrivez votre critique)

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A la fin des années 50, Greg arrive en renfort sur le scénario de Spirou. Le futur papa d'Achille Talon apporte sa verve à une série qui tenait déjà la grande forme. Ne manque que la présence de Roba... ah non tiens, il est là aussi.

Lorsqu'en 1958, Franquin voit la popularité de Spirou et Fantasio exploser, il décide de faire appel à Greg pour l'écriture des scénarios. Sans se douter que cette collaboration mènera à la naissance du désormais célèbre Zorglub, il sait Intégrale tome 6
Intégrale tome 6
néanmoins que le jeune auteur est plein de ressources... C'est donc cette période pré-Zorglub que propose ce sixième volume de l'intégrale Spirou, titré Inventions maléfiques pour le principe (sur quatre histoires, deux seulement présentent des inventions pouvant être perçues comme « maléfiques »). Savourons bien le bazar (et ses bonus toujours incroyables, voir ici les quatre planches Spirou découvre l'Europe datant de 1958), parce qu'il ne reste plus que deux tomes à paraître après celui-ci : un sur Zorglub, et un sur les albums signés Franquin dans les années 60. On remarquera que celui-ci compile les albums 14, 17 et 24, restituant ainsi la chronologie originelle aux dépens de la numérotation erratique d'origine. Celle-ci était due aux voyages de certaines histoires entre Le Parisien et Le journal de Spirou : l'album ne pouvait pas paraître tant que l'histoire n'était pas passée dans les pages du journal...

Le prisonnier du Bouddha


Entrée en scène de Michel Greg, aux commandes du scénario de cette aventure à moitié orientale, qui prouve déjà que le jeune auteur a le sens du G.A.G. Car le G.A.G., acronyme martelé une bonne centaine de fois dans l'album, est une invention redoutable (mais pas vraiment maléfique) sortie du cerveau génial du comte de Champignac... et des esprits combinés de Greg et Franquin, ce dernier n'ayant pas l'intention d'abandonner son bébé clé en main à un scénariste. Il cherchait simplement un partenaire d'écriture pour lui permettre d'avancer plus vite et plus efficacement, de la même façon qu'il déléguait ici à Jidéhem le soin de réaliser les décors. De Champignac-en-Cambrousse à la lointaine Hoïnk-Hoïnk, Greg démontre sa capacité à se couler dans l'univers de Spirou tout en apportant ses propres idées. Il se révèle particulièrement à l'aise quand il s'agit de mettre des discours absurdes dans la bouche du maire de Champignac, et pimente la traditionnelle galerie de personnages à l'aide de petits nouveaux pittoresques, comme ce duo d'agents britanniques qui évoque immanquablement les Dupondt de Tintin. L'album est excellent, et Greg s'y révèle aussi capable de mener un récit d'aventure que d'animer des personnages atypiques comme le Marsupilami.

Tembo tabou

Ambiance africaine pour cet épisode court (trente pages) qui voit Spirou et
Fantasio aux prises avec des éléphants rouges (non, pas roses, rouges). Exotique mais pas renversant, Tembo tabou a été réalisé pour Le Parisien (qui s'appelle encore à l'époque Le Parisien Libéré) en 1958 : Greg est là aussi au scénario, tandis que Franquin se fait assister de Roba pour les dessins. Celui-ci a créé Boule et Bill la même année, et ne crache pas sur la reconnaissance que peut lui apporter de bosser sur une série aussi prestigieuse que Spirou. Mais sorti de l'amusante énergie graphique que procurent les éléphants rouges, l'épisode se révèle assez anodin. Le Marsupilami et la présence de plantes carnivores relèvent agréablement le niveau, néanmoins.

Spirou et les hommes-bulles

Suite directe du Repaire de la Murène, cette histoire datée de 1959 est signée des seuls Franquin et Roba. Trente pages et demie (le format d'origine est fait de demi-pages, ce qui explique l'absence d'un compte rond) au cours desquelles Spirou et Fantasio jouent les prolongations à bord de l'appareil sous-marin du comte de Champignac. Le récit est rythmé, rigolo, et permet de se souvenir que le
Marsupilami est amphibie. Le final ne laisse pas de dérouter le lecteur, qui pensait avoir tout compris dès les premières pages... Franquin montre ici au passage qu'il s'en sort toujours aussi bien en solo pour fignoler de bons petits scénarios.

Les petits formats

Le duo Franquin / Roba frappe à nouveau, toujours pour Le Parisien Libéré. Les petits formats est une petite perle d'inventivité, avec son Fantasio réduit à la taille d'une poupée que découvre un Spirou horrifié. Décidément, Champignac-en-Cambrousse est un coin où l'on risque plus sa peau que dans l'enfer urbain ou la jungle africaine. Trente pages à nouveau, émaillées des couvertures sous lesquels le Journal de Spirou rééditera les épisodes quelques années plus tard.


Quatre épisodes savoureux qui couvrent les années 1958 et 1959... mais ne sont que le prélude à l'arrivée de Zorglub. Sur les quatre, seul Le prisonnier de Bouddha est véritablement un classique.

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