Dupuis : Millenium saga T1, Buck Danny T55, Lady S T12

/ Critique - écrit par plienard, le 25/11/2016

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Un thriller policier suédois, une série d'aviation et une espionne dans la bande dessinée, c'est le trio que je vous propose de découvrir chez Dupuis.

Millénium saga – Tome 1 : Les âmes froides – note : 7/10

C’est le retour de Millénium en bande dessinée, toujours chez Dupuis, avec des histoires originales et signées par Sylvain Runberg, qui a déjà adapté les romans de l’écrivain suédois Stieg Larsson (voir les critiques ici). Et on peut dire que c’est une juste récompense du travail effectué.


© Dupuis édition 2016.

Pour ce « spin-off », Sylvain Runberg continue de faire confiance à sa « spanish connexion » en utilisant le trait de Belen Ortega qui vient remplacer ses compatriotes José Homs et Man qui ont officiaient sur la série principale. On ne perd pas ce qui fait l’emprunte génétique de l’univers BD de Millénium ce qui est une belle satisfaction.

L’album est le premier d’un triptyque annoncé. Lisbeth se bat toujours contre le gouvernement au sein d’un groupe de hackers. Elle compte bien pirater le tout nouveau datacenter des services secrets suédois et révéler les secrets qu’il contient. Mais un mystérieux groupe est à leur recherche et enlève un à un les hackers de son groupe. Elle croit à une action des services secrets. De son côté, Mikael Blomkvist veut faire un article sur Sten Windoff, le leader d’un parti d’extrême droite, au passé sulfureux avec des groupes néonazis. La réaction des amis de l’intéressé ne se fait pas attendre.

 

Buck Danny – Tome 55 : Defcon one – note : 8/10

Le renouveau de Buck Danny dans la maison Dupuis rime avec la grande aventure et une qualité certaine sur tous les points, scénaristique et dessins. La nouvelle équipe, Frédéric Zumbiehl (au scénario depuis le tome 53) et Gil Formosa (au dessin depuis le tome 54) nous livre une partition tout à fait intéressante avec des rebondissements et du suspens aux portes d’un conflit majeur entre le Japon et la Chine.


© Dupuis édition 2016.

Buck Danny et ses amis ont réussis à s’échapper des griffes de Lady X et de son commanditaire japonais Yamasaki. Ils sont maintenant au courant de leurs projets machiavéliques mais les relations diplomatiques entre le Japon et les Etats-Unis d’Amérique les empêchent de jouer franc jeu avec les chinois. Lady X, quant à elle, entend bien pousser son avantage jusqu’au bout et utiliser les conditions climatiques exécrables pour torpiller, d'un côté, le porte-avion chinois, le Liaoning, et de l'autre le porte-avion américain, le Ronald Reagan.

Nous sommes au bord de la guerre et la tension est palpable dans cet album. Les américains accumulent les déboires et les pertes matérielles vont être conséquentes. Ils vont donc passer en mode Defcon one, c’est à dire en état de guerre. Lady X réussit tout ce qu’elle entreprend et on se demande bien comment l’inévitable va pouvoir être évité. Frédéric Zumbiehl joue avec les postures diplomatiques, les conditions climatiques pour donner encore plus de tragédie aux événements. C’est prenant, inquiétant même. Pendant quelques secondes, on se met à croire que la série Buck Danny va rentrer dans un mode uchronique avec une nouvelle guerre sino-nipponne.

Le trait de Gil Formosa est tout bonnement extraordinaire et ne semble avoir aucune limite dans l’excellence à l’exception de la case 7 de la page 32 où il y a un petit côté ridicule dans la représentation de Buck et ses trois amis qui balancent des grenades soporifiques. Une case sur 48 pages, cela est largement acceptable.

 

Lady S – Tome 12 : Rapport de forces – note : 7/10

On avait laissé Shania Rivkas en bien mauvais état à la fin de l’épisode précédent, où elle avait permis à un otage de Guantanamo de s’échapper. Mystérieusement soignée dans une clinique de luxe où elle s’est remise de ses blessures, elle aimerait avoir des nouvelles de son ami Conrad qui a disparu. Est-il seulement encore en vie ?


© Dupuis édition 2016.

Philippe Aymond emmène son héroïne sur tous les fronts. Son passé lui colle définitivement à la peau et malgré tout ses efforts pour ne plus collaborer avec un quelconque service secret, ceux-ci lui tournent toujours autour. Ici, la CIA va encore tenter de l’embaucher.

Cet album offre un nouveau tournant dans la vie de Lady S. Moins dramatique que les précédents albums – même s’il y a un enlèvement d’enfant, qu'une épidémie tue les habitants d'une ville mexicaine et que la vie familiale de Shania va encore être bouleversée – les événements s’enchainent sans que la CIA puisse réellement intervenir et qui semble bien passive. Shania apparaît comme l’élément incontournable, presque plus forte que l’organisme gouvernemental américain. Il y a une certaine sérénité qui se dégage chez elle, qui est assez impressionnante et qui se diffuse sur tout l'album.


Les couvertures des 3 albums - © Dupuis édition 2016.

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