Dupuis de Mars et Avril

/ Critique - écrit par plienard, le 08/05/2014

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Du roman, de la folie, une pincée de magie et de normalité, du journalisme, et un monde de ver

Six albums ont retenu notre attention dans les dernières parutions chez Dupuis. Nous vous laissons les découvrir.

 


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Wormworld, tome 1 – note 7/10

Wormworld est tout d’abord une série sur le web qui a rencontré un franc succès. Lancée par Daniel Lieske , Elle raconte l’histoire d’un petit garçon, Jonas, un peu lunaire, au début des vacances scolaires, et qui va trouver un passage pour un autre monde dans le grenier de sa grand-mère. Suite à une dispute avec son père, il franchit ce passage et il se retrouve prisonnier d’un monde, certes fantastique, mais inconnu et pas forcément hospitalier. Comment va-t-il s’en sortir ?

Si le résumé rappelle ceux du monde de Narnia (trois films), on ne s’ennuie pas pour autant à lire ce tome de 128 pages découpées en trois chapitres. Les dessins, bien que pas très fouillés question personnages, sont sublimes  avec des couleurs chatoyantes. Une certaine féérie et une poésie assez plaisantes en ressortent. Tout cela rattrape un scénario assez convenu. L’univers fantasy qui semble se dévoiler attirera sans doute plus un jeune public mais le public adulte prendra aussi du plaisir à découvrir le monde du ver (Wormworld).

 


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Millénium, tome 3  – note 8/10

On continue l’adaptation des romans de Stieg Larsson chez Dupuis avec le tome 3 de la série Millénium. Après « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » repris dans les deux premiers tomes, découvrons la première partie de « La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette ».

 

Toujours adapté par Sylvain Runberg, la mise en image est cette fois signée par le catalan Man qui succède à José Homs tout en gardant la même unité de style et de graphisme. On retrouve Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander un an après les événements du premier roman. Le premier continue de faire la une des journaux du pays, alors que la seconde a totalement disparu de la circulation. Elle va pourtant vite remplacer son ami dans les médias. Elle est en effet accusée du meurtre de son tuteur, l’abject Bjurman, ainsi que de celui d’un couple dont le mari journaliste enquêtait sur un réseau de prostitution. Quel peut-être le lien entre les deux ?

Un récit très prenant où on ne s’ennuie pas une minute. Il faut parfois s’accrocher car les scènes sont particulièrement agressives bien qu’elles soient le plus souvent suggérées. L’ambiance y est tendue à souhait et les intrigues (nombreuses) s’entremêlent pour nous offrir un puzzle tout à fait palpitant.

 


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Les gens honnêtes, tome 3 – note 8/10

On retrouve Philippe Manche (le personnage principal) dans Les gens honnêtes, le désormais triptyque de Jean-Pierre Gibrat et Christian Durieux dans la prestigieuse collection Aire Libre.

Installé en province, Philippe tient désormais une petite bibliothèque, profitant tranquillement de la vie, un verre de vin dans une main et un livre dans l’autre. Mais sa tranquillité va être bouleversée par les arrivées de Camille (la jeune femme qu’il a rencontré dans le deuxième opus et avec qui il correspond par courrier, et surtout celle de sa mère qu’il va oublier à la gare. Des rapports homme-femme, donc, traités sur deux plans, celui de deux amants et celui d’un fils avec sa mère qui alimentent cet album et offrent une nouvelle vision de la vie des gens honnêtes que l’on pourrait aussi appeler des gens ordinaires.

La qualité indéniable des deux précédents albums est toujours présente. Elle colle à la peau de ces auteurs et de la collection.

 


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Mélusine, tome 22  – note 8/10

Mais où sont passées les bandes dessinées d’humour old-school ? Celle des gags en une page où pendant 46 pages on a,  soit mal à la mâchoire tellement on rit, soit un ras-le-bol incroyable. Ce type de BD semble bel et bien disparu ou en train de disparaître chez Dupuis (même si je suis sûr que certains d’entre-vous m’en trouveront bien quelques-unes).

Les Nombrils, Tamara, Cédric et maintenant Mélusine nous montre autre-chose que de l’humour. Des sentiments, de la tendresse, un peu de sérieux, une pincée de sensualité (voir le tome 21), Mélusine a bien changé depuis quelques albums. Sorcière hyperdouée, mais dotée d’amies que l’on peut qualifier de boulet, son influence s’en trouve amoindrie.

Après l’amour que Mélusine rencontre au tome précédent, voilà qu’elle va être confrontée à la mort, au deuil de sa meilleure amie. Eh oui, Cancrelune va disparaître, non sans avoir déclenché les pires catastrophes avant.

Depuis Nocturnes (collection Signé du Lombard), Clarke nous montre qu’il sait faire autre chose que de la bande dessinée d’humour. Une révélation pour l’auteur ? Il montre, en tout cas, un courage incroyable (en plus de son talent) pour un auteur de bande dessinée, celui de faire disparaître un de ses personnages. Est-ce définitif ? À vous de le découvrir !

 


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Une aventure stupéfiante de Viny K, tome 2  – note 6.5/10

Deuxième enquête pour Viny K, le journaliste, sorte de Tintin nouvelle génération qui fume, boit et se drogue. Pardon, pour la drogue, c’est de l’histoire ancienne. Il participe aux réunions des Narcotiques Anonymes et n’y a plus touché depuis un an.

Et le voilà qui enquête sur un drôle de double assassinat de deux proxénètes, type « mystère de la chambre jaune ». Très vite, il va se retrouver en Afrique, du Sénégal en passant par la Guinée Bissau.

Vincent Bernière et Erwann Terrier sont toujours aux commandes de ce personnage sympathique, mélangeant décontraction, franchise et humour ravageur. Encore une bonne histoire de stupéfiant avec un relent de françafrique.

 

La Vallée  – note 8/10


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Attention, cet album est une histoire de fou. Et je pèse mes mots. Edwin vient d’être muté à La Vallée. Depuis deux semaines, il attend patiemment du ... boulot. En prenant le tramway, nommé, comme il se doit, Désir, il va faire la rencontre de Valéria et se rendre compte qu’il est une personne normale au milieu de gens étranges. La conductrice du tram qui ne roule pas fait des commentaires de guide touristique ; un homme est allongé au milieu de la route ; une femme nue se tient sur un balcon. Ça, c’est avant d’assister à l’anti-carnaval et de découvrir pourquoi il est là. Il va devoir enquêter sur le meurtre de plusieurs personnes. Il va jouer au détective.

Une certaine folie heureuse émane de cet album signé Trystam (Pacifique chez Casterman) pour le dessin et Forniéri pour le scénario. Une enquête au pays des fous agrémentée d’une belle histoire d’amour entre Edwin et Valéria. Cet album est beau et vous attirera l’œil rien que par sa belle couverture. Des couleurs chaudes, un trait enjoué, on prend du plaisir à lire cet album et à se demander pourquoi on ne traiterait pas les fous avec un peu plus d’humanité.

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