Les femmes en Bande dessinée

/ Article - écrit par plienard, le 31/12/2013

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Un rapide aperçu des quelques héroïnes actuelles qui peuplent la bande dessinée.

Les femmes n’ont pas toujours le beau rôle dans la bande dessinée. Si elles ont longtemps servi de faire-valoir ou de potiches, elles ont pourtant commencé à prendre plus d’importance et certaines sont même devenues de vraies héroïnes. On va en découvrir quelques-unes au travers des albums ci-dessous parus récemment. Et si les brunes ne comptent pas pour des prunes, les blondes ne s’en laissent pas compter ou presque ....

 
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UNE FILLE CHEZ DUPUIS

Lady S, tome 8 – note 7/10


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Jean Van Hamme et Philippe Aymond font vivre une neuvième aventure bien éprouvante pour Lady S et toujours aux éditions Dupuis. Réfugiée en Angleterre où les services secrets anglais cachent la jolie blonde de ses nombreux ennemis (la DGSE, les mafieux russes, la CIA, le colonel) et de ses amis (son ex-père adoptif James Fitzroy), Sylvia (c’est son nom d’emprunt) va devenir le lièvre après lequel tout le monde court.

Ce neuvième album fleure bon la fin de cycle avec un final détonnant où tous les protagonistes vont se retrouver dans un face à face mortel. Est-ce la fin de la série pour autant ? Bien sûr que non, car Jean Van Hamme instille encore quelques secrets sur Lady S comme son aisance avec les armes à feu, facilité que personne ne semble pas pouvoir expliquer.

 

DEUX FILLES CHEZ DARGAUD

Marina, tome 1 – note 6,5/10


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Marina, voilà un joli prénom pour une jeune fille. Un prénom qui rappelle la mer, l’eau. Et le rapport n’est pas anodin car il est ici question de la fille du doge de Venise, Marina Dandolo. La jeune femme est échangée avec le fils du sultan en gage d’amitié. Mais l’échange va virer au cauchemar. Des pirates vont l’enlever avec son frère, Zuane, pour demander une rançon. La jeune femme brune, volontiers provocatrice, a un caractère bien trempé et ne s’en laissera pas compter. Elle va faire preuve d’un grand courage et d’une abnégation à la fois pour ne pas sombrer dans la folie mais aussi pour aider son jeune frère.

Zidrou (Lydie, ProTecto) et Mattéo (Protecto) nous offrent, aux éditions Dargaud, une histoire extrêmement sérieuse où il est question de la malédiction de Venise. Quelle est-elle ? Nous n’en savons rien pour l’instant. Il semble pourtant que Marina en sera le vecteur. Le dessin de Mattéo à l’aquarelle, franchement austère, retranscrit admirablement bien les horreurs que doivent subir les deux enfants. L’époque (XIVème siècle) est particulièrement cruelle, ce que l’album rapporte bien.

 

Insiders genesis, tome 3 – note 7/10

Voilà encore une brune qui a du caractère et qui ne se laisse pas faire. Mais avant d’être Najah Cruz et la femme que l’on connaît (voir la série Insiders), elle a eu un passé qui nous est raconté au travers du spin-off Insiders genesis. On la retrouve pour ce troisième album. Comment est-elle devenue cette jeune femme évoluant aussi bien dans les milieux aisés que dans les groupes de guérilla ? Comment peut-elle aussi bien manier les armes ?

Jean-Claude Bartoll (scénariste des deux séries) et Luc Brahy (le dessinateur d’Imago Mundi) nous proposent de découvrir l’enfance (terrible) et le passé trouble de la belle brune. Sous le nom d’Isabel Mendoza, elle va sauver la fille de Don Raul Torquemada et intégrer les camps de formation de ce chef de cartel colombien. Après une mission ratée, elle va devoir prouver que Don Raul peut lui faire confiance.

 

DES FILLES AU SOLEIL !

 

Atalante, tome 6 – 6/10

La recherche de la toison d’or par Jason continue dans ce nouvel album d’Atalante. L’héroïne accompagne le héros grec avec toute une suite de personnages mythique. Leur voyage est particulièrement dangereux et après la perte des Boréades (voir T5), l’ambiance n’est pas au beau fixe. Il va pourtant falloir se ressaisir car une nouvelle épreuve les attend. Pour sauver un de leur compagnon, Atalante va devoir affronter des morts-vivants ( !) et longer les rives du Styx qui mène au royaume d’hadès.

 

L’odyssée continue et Crisse nous émerveille toujours avec ses personnages aux allures disneyennes. On regrettera pourtant un début chaotique avec une transition difficilement compréhensible entre l’île de la cité d’Eétès et la tempête subie à bord de l’Argo (le bateau). Ensuite Atalante suit un chemin tracé comme inéluctable, ce qui laisse à penser qu’elle risque peu de choses malgré les épreuves et les obstacles. Elle ne semble jamais en réel danger. Quant aux morts-vivants, que voulez c’est la mode !

 

Marlysa, tome 13 – 6/10

On avait quitté Marlysa au sein de l’ordre noir, abandonnant ses amis. L’ordre des prêtresses a en effet envouté l’héroïne masquée pour qu’elle éduque le nouveau doge qui n’est autre que son fils. Tatrin, Cilia, Ossian et Stirius vont voir revenir Bragal et vont tout faire pour libérer leur amie du côté obscur.

Jean-Charles Gaudin et Jean-Pierre Danard mettent fin au cycle des secrets où de nombreuses choses se bousculent (en particulier les personnages) avec un dénouement étonnant. Ils introduisent, en plus, un nouveau personnage, Meltik, au vocabulaire et à l’accent agaçant. Une sorte de Canadienne au pays de l’héroïc-fantasy. Elle introduit un peu plus de glamour (était-ce bien nécessaire avec Marlysa, Cilia et les servantes ?) et surtout d’humour. En effet, vu les derniers événements, les amis de Marlysa n’on pas le cœur à rire.

 

La geste des chevaliers dragons, tome 17 – 8,5/10


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Il faudra attendre le prochain album pour connaître le dénouement de l’intrigue débutée dans ce 17ème album de la geste des chevaliers dragons. En effet, cette série de très bonne qualité du duo d’auteur Ange, traite d’un ordre de chevalier qui combat les dragons et composé uniquement de femmes vierges. Elles sont les seules à pouvoir approcher de la bête et à ne pas subir les influences du Veill. Cet ordre participe aussi à protéger l’empire au point peut-être de ne plus savoir quel est son rôle premier.

Pendant 16 albums, les auteurs privilégient l’un ou l’autre des sujets, le dragon ou la politique. Et depuis quelques albums, le sujet politique avait pris le pas. C’est donc sans étonnement que l’on retrouve des chevaliers dragons en train de protéger la ville d’Arsalam contre les tribus Sardes. Cette guerre dure depuis des années (13 à-priori) et chaque camp à ses leaders charismatiques. Amarelle côté chevalier dragon, Louis et fils de rouge côté Sarde.

Il est surtout question de politique dans cet album, mais aussi d’amour. Les affrontements et les catastrophes sont aussi présents. Le dessin de Vax – qui a déjà signé  un album, T13, dans de la série – est extrêmement expressif et garde ce côté retenu qui correspond à l’atmosphère de l’album . Un album qu’on ne saurait que trop conseiller. Comme les 16 premiers !

 

Les blondes, tome 19 – note 5/10

Les blondes sont éternellement considérées comme stupides. La série Les blondes aux éditions Soleil joue sur cette légende  pour nous proposer son 19ème album et les blagues sempiternelles sur leur inaptitude à comprendre le monde. Déjà dix-neuf albums, c’est dire si le sujet est inépuisable. Est-ce pour autant drôle ? Il semble bien que oui. Autant d’album sans qu’il y ait un minimum de succès, cela ne s’est jamais vu dans le monde de l’édition. La série a donc un public. Il est vrai que l’album arrive à nous soutirer quelques vrais sourires. Il reste que quelquefois, on trouve le sujet un peu lourd. Je serais curieux de savoir si quelqu’un a les dix-neuf albums ? Et pour finir, j’avoue que je n’ai pas compris le dernier gag. Comment ? Euh oui, j’étais blond quand j’étais petit. Pourquoi ?

 

Conclusion :

Chez Dupuis, il y a la blonde qui rame pour trouver un peu de paix dans ce monde et qui à ce rythme va finir ses vieux jours dans un fauteuil roulant à former des héroïnes que l’on appellera les S-Women.

Chez Dargaud, l’héroïne est plutôt brune avec beaucoup de caractère et une histoire personnelle plutôt chaotique. Une fille à problèmes en quelque sorte.

Chez Soleil, elles sont en général blondes (Marlysa, Atalante ...), très cruches ou très débrouillardes et surtout extrêmement sexy avec des rondeurs.

Et n’oublions pas les rousses avec Rubine (13 albums au Lombard par Mythic et Walthéry Boyan et Di Sano).

Il faut de tout pour faire un monde me direz-vous. Au final, on les préfère quand même avec un peu d’esprit, du caractère et beaucoup de charme.

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