7/10Buck Danny - intégrale 4

/ Critique - écrit par plienard, le 23/01/2012
Notre verdict : 7/10 - La guerre censurée (Ecrivez votre critique)

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La quatrième intégrale des aventures de l’aviateur regroupe 4 albums qui ont subi les foudres de la censure française. On lit alors ces aventures avec un éclairage nouveau, et leur charme opère un peu plus.

 

Suite des rééditions des aventures de Buck Danny avec cette quatrième intégrale où on retrouve les albums parus entre 1952 et 1955. Enfin, paru est un bien grand mot, tant la censure française de l’époque faisait rage pour tout ce qui n’était pas français. Je vous rappelle que le journal de Spirou, dans lequel paraissaient les aventures de Buck Danny, est un magazine belge ! 
Couverture de l'intégrale
En effet, la presse jeunesse est alors soumise au contrôle d’une commission composée de personnes travaillant pour l’édition française, et d’affinité communiste. Malgré de nombreuses concessions de la part de l’éditeur et des auteurs, les aventures du jeune héros américain publiées dans un périodique belge, seront interdites en album en France pour les deux titres Avions sans pilotes et Ciel de Corée.

Ciel de Corée (1954)

Buck, Sonny et Tumbler enragent de ne pas pouvoir suivre leurs collègues jusqu’en Corée. Jusqu’au moment où l’occasion leur est enfin donnée, ils rejoignent le pays en guerre en commençant par initier le premier ravitaillement en l’air. Ce sera une catastrophe, mais nos trois compères réussissent à s’en sortir et arrivent au moment où un mystérieux pilote, surnommé « Ivan le terrible », décime les escadrilles.

Décidément, Buck a la scoumoune. Si on devait calculer le ratio d’avions perdus et détruits par rapport à son nombre de mission, Buck Danny battrait tout les records. Mais, s’il porte malheur à son matériel, il a aussi une chance incroyable de survie.


Avions sans pilotes (1954)

« Ivan le terrible » fait vraiment trop de dégâts pour l’armée américaine. L’état-major décide de réagir et Buck Danny se porte volontaire pour une mission suicide (on a plus peur pour son avion que pour lui). Dans le même temps, Rygman-san, un aviateur coréen volant pour l’US Air Force, est victime d'un chantage qui l’oblige à devoir voler le dernier modèle d’avion de chasse américain, le sabre.

 

Un avion n’est pas rentré (1954)

La guerre de Corée est terminée. Après une dernière escarmouche avec un avion inconnu, les trois amis sont envoyés à Pearl Harbour en tant qu’instructeurs pour former les jeunes recrues. Parmi elles, un nommé Fred va leur causer du souci. Il a peur de voler en groupe et sans visibilité. Le colonel Danny va, alors, le prendre sous son aile (si je puis dire) et entreprendre une longue rééducation de son poulain.


Patrouille à l’aube (1955)

Buck, Sonny et Tumbler sont de retour sur le porte-avion Valley Forge et ils s’ennuient ferme ! Soudain, un SOS d’un avion non identifié va bouleverser le train-train habituel. Ils partent donc à la recherche de cet avion avec l’espoir de sauver des survivants. Il n’en sera rien. Mais c’est bien leur peau qu’ils devront sauver.

 

Une quatrième intégrale avec quatre histoires assez différentes les unes des autres, qui prennent un autre aspect à la lecture du dossier les précédant. On se rend compte alors des difficultés de l’époque à pouvoir faire son travail, et on comprend mieux le côté un peu désuet de certaines histoires, pour notre époque, ainsi que le côté manichéen avec des héros gentils et des méchants antipathiques. Buck Danny prend alors une autre dimension, et on admire sa droiture et son impartialité qui peuvent lui jouer des tours. On lui pardonne mieux sa perfection. Reste que les diktats de la censure mettent un frein à la créativité des auteurs. Et si on ne comprend pas l’escarmouche dans Un avion n’est pas rentré, qui n’apporte rien à l’intrigue sinon à nous poser des questions, on peut aussi s’interroger sur le peu de sentiments que Danny exprime pour la perte de ses coéquipiers. A part pour le coréen Rygman-san, il n’exprime pas vraiment de remords ou de tristesse, acceptant rapidement la fatalité.


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