Delcourt : Jour J T31, Alto plano T1, Cheval de bois cheval de vent, Golden city T12

/ Critique - écrit par plienard, le 23/12/2017

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Tout Delcourt est peut-être résumé dans les quatre albums suivants.

Jour J - Tome 31 : Le prince des ténèbres (3/3) - note : 8/10

Jean-Pierre Pécau et Igor Kordey mettent un point final à leur triptyque uchronique qui s'intègre dans la "série-collection" Jour J.


© Delcourt 2017.

 Petit rappel : Deux hommes se sont faits forts d'empêcher Ben Laden de mettre en exécution son projet d'attentat sur les tours du World Trade Center contre l'avis général. Le premier, O'Neill, surnommé le prince des ténèbres, deviendra le chef du FBI.  Le second, Bob Bear, restera un agent rebelle de la CIA.

Ce dernier a toujours la conviction que Ben Laden projette toujours de frapper fort sur le territoire américain. Le prince des ténèbres va se laisser convaincre une nouvelle fois, mais il va falloir convaincre une nouvelle fois les autorités.

Les auteurs déroulent les conséquences de leur postulat de départ : les attentats du 14 septembre ont pu être évités. Ils déclinent alors tout un univers plausible : John Kerry président, un Irak démocratique et u  printemps arabe en avance par rapport à notre réalité.

Alors que le président actuel des USA, Donald Trump, est en train de mettre le feu aux poudres dans le Moyen Orient, les auteurs de ce tome 33  de Jour J offre une solution (radicale) à tous les problèmes. C'est un peu énorme et on a du mal à croire qu'on puisse laisser faire un homme seul régler les problèmes de la sorte. Mais cela a quelque chose du chevalier (noir).

 

Golden city - Tome 12 : Guerilla urbaine - note : 7/10

Banks cherche toujours le responsable de la destruction de Golden city et ses informations le mènent jusqu'à une certaine Tania qui organise des jeux du cirque moderne à Las Vegas. Dans le même temps, la révolte des robots humanoïdes s'organisent et provoquent des guérillas urbaines.


© Delcourt 2017.

 Daniel Pecqueur signe le douzième album de sa série, Golden city, chez Delcourt pour un nouveau cycle qui s'annonce palpitant. Le chevalier blanc personnalisé par Banks va voir sa vie un peu chamboulée avec l'arrivée d'une demi- sœur et la réapparition de sa mère.

Nicolas Malfin est toujours aux pinceaux de la série et lui offre une identité bien caractéristique. Un dessin moderne et esthétique, fin et très agréable. On est parfois en décalage avec les événements pas toujours très roses. On est loin des gueules cassés. Tout y est bien propre , voir lisse et qui s'oppose à la réalité des situations. Une façon de montrer que le pire est en toute chose et que les choses sont parfois trompeuses.

Une série à découvrir si vous ne la connaissez pas encore.

 

Alto plano - Tome 1 : Colombie - note : 7,5/10

Après plusieurs séries consacrées aux vins et cognac - Châteaux Bordeaux (8 tomes chez Glénat), Clos de Bourgogne (un tome chez Glénat), Cognac (trois tomes chez Delcourt) - Éric Corbeyran investit dans l'univers du café avec une nouvelle série chez Delcourt, Alto plano. Les analogies entre les deux univers sont nombreuses comme celle des grands crus de vin qui existent aussi pour le café, des grands crus créées par des "nez".


© Delcourt 2017.

 Et justement Albane Laroche est un "nez" qui végète pour une grande marque de parfum. Elle a l'impression de ne pas pouvoir exprimer entièrement ses qualités. Alors quand la possibilité de les montrer s'offre à elle, elle n'hésite longtemps. La société Ethic café lui propose de parcourir le monde et d'élaborer ses cafés selon la logique du commerce équitable. Des valeurs qui lui conviennent complètement.

Si Albane va être le personnage central, Éric Corbeyran propose tout un panel de personnages intéressants et contradictoires qui laissent à penser qu'on va suivre avec envie cette nouvelle série. Entre le dirigeant qui veut manipuler les marchés financiers, le macho violent et le petit domaine brésilien aux problèmes financiers insurmontables, on sent de nombreux centre d'intérêts. On va avoir du mal à s'endormir devant.

 

Cheval de bois, cheval de vent - note : 8/10

Wilfrid Lupano est encore sur le devant de la scène en cette d'année 2017 après Les vieux fourneaux, Le loup en slip, Valerian, Traquemage et L'homme qui n'aimait pas les armes à feu. Cette fois, c'est un conte aux éditions Delcourt qui rappelle un peu les histoires d'autrefois où il est question d'un roi et d'un peuple affamé en plein moyen-âge.


© Delcourt 2017.

 Il y a un côté roi Ubu chez ce roi trop gros qui est réveillé par une cour toute à son service. Et ce matin est un jour particulier puisque c'est son anniversaire. Un superbe gâteau lui a été préparé spécialement. Sauf que deux jeunes voleurs sur un cheval de vent vont emporter le gâteau à son nez et à sa barbe. Ni une, ni deux, la majesté lésée grimpe sur son cheval en bois et va se mettre à leur poursuite, entraînée par une cohorte de serviteurs qui le portent avec son canasson en bois.

On rit on sourit de bon coeur à la lecture de ce conte et mis en image de manière superbe par Gradimir Smudja. L'univers ubuesque qu'il décline n'est pas sans rappeler celui de la nef des fous de Turf mais avec des couleurs plus directes. Le grand format du livre ne saurait faire oublier le peu de pages (24), mais la bonne humeur procurée par la lecture atténue ce léger manque.


Les couvertures des 4 albums - © Delcourt 2017.

 

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