Delcourt : Paris maléfices T3, Jour J T24, Complot T4

/ Critique - écrit par plienard, le 27/05/2016

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Trois séries chez Delcourt où l'histoire est revue et corrigée pour le bonheur ou pas des lecteurs.

Paris maléfices – Tome 3 : Le Petit homme rouge des Tuileries – note : 5/10

Fin de la série ésotérique de Jean-Pierre Pécau sur les légendes de Paris avec ce troisième tome de Paris maléfices aux éditions Delcourt. Il y sera question d’un mystérieux petit homme rouge qui apparaîtrait la veille de grands malheurs. La dernière fois où il aurait été vu c’était pendant la commune de Paris en 1871.

Le petit bonhomme en rouge !

Victor, le héros de la série, s’est fait remercié du BAP (Bureau des Affaires Publiques) et vend maintenant de vraies fausses reliques à des touristes. Quand M Berger, un important industriel français, lui propose un chèque en blanc pour retrouver un personnage de conte – le petit homme en rouge – il n’hésite pas longtemps. Il y voit l’occasion de faire un gain facile mais il se demande quel peut être l’objectif caché de cette recherche ?


©Delcourt édition 2016.

Cette série se termine un peu abruptement. Trois petits albums et puis s’en va. Pour nous raconter quelques légendes de Paris, c’est un peu court et cet album vient le confirmer. En effet, si l’histoire paraît peu crédible, ce n’est pas seulement parce qu’elle met en scène une légende mais bel et bien parce que cette légende est censée difficile à débusquer, voire être introuvable. Mais cela ne sera pas un problème pour Victor qui met quelques pages à se retrouver en face de l’homme en rouge. On a l’impression qu’il a suffit de descendre dans un puits pour le trouver. Sensation renforcée par les transitions parfois abruptes entre certaines scènes, des personnages qui ne font que passer et des silences qui n’en disent pas long.

De là à penser qu’il a fallu arrêter cette série un peu brusquement, c’est un raccourci que l’on s’accorde à prendre.

 

Jour J – Tome 24 : Stupor mundi – note : 6.5/10

Jour J est une série chez Delcourt qui regroupe des albums d’uchronie (24 à ce jour) sur le concept, et si l’histoire avait pris un autre cap que celui que nous connaissons : Et si les russes avaient marché les premiers sur la lune ? Et si l’Allemagne avait gagné la guerre ?


©Delcourt édition 2016.

Ce vingt-quatrième album vient faire suite au vingt-deuxième (L’empire de steppes), revenant sur l’empire mongol qui fut l’un des plus grands de l’histoire à une époque. On retrouve donc les protagonistes du tome 1,  Aleksandar de Kestutis, et le moine Guillaume qui vont voir leur chemin se croiser de nouveau. Ils vont ainsi empêcher l’assassinat du khan Ögedeï et lui servir d’émissaires de paix auprès de l’empereur Frédéric II, dit « la stupeur du monde ». Mais nombreux sont ceux qui vont tenter de les arrêter.

Si on était un peu resté sur notre faim avec le tome 22, cette suite vient donner beaucoup plus de consistance au récit global. En effet, comme Jean-Pierre Pécau, ancien professeur d’histoire, n’a aucun problème avec les personnages historiques, il joue avec les événements comme Dieu jouerait avec les dés. Mais ce n’est pas le cas pour les lecteurs lambda que nous sommes. Le concept de Jour J s’en trouve un peu dévoyé car nous n’avons aucun moyen de nous raccrocher à l’Histoire réelle. Ce diptyque souffre de cet état de fait mais il bénéficie d’un avantageux traitement des personnages. Ainsi, chacun va se retrouver face à ses contradictions : Aleksandar qui a toujours combattu les mogols va sauver la vie de leur khan et Guillaume qui porte la parole de Dieu et ses commandements, va devoir tuer pour sauver la paix.

Igor Kordey fait suite à Guéra au dessin dans son style personnel, sombre et rapide mais qui reste dans la lignée de son prédécesseur.

 

Complot – Tome 4 : Le Naufrage du Titanic – note : 7/10

Il est des événements historiques qui restent des énigmes à notre époque. Celui du naufrage du Titanic est de ceux-là. Comment ce bijou industriel et technologique de l’époque a-t-il pu se faire surprendre par un iceberg ? Pourquoi des secours sont-ils arrivés si tard ? Cette catastrophe et les questions restées sans réponses définitives sont du bain-béni pour les auteurs Gihef et Alcante de la série-concept Complot.


DR.

Lors de l’enquête sur le naufrage du Titanic, Stanley Lord, le capitaine du Californian, un steamer qui naviguait dans les parages de "l'incident", doit justifier de ne pas avoir réagi aux signaux de détresses du paquebot. Ses explications ne sont pas assez convaincantes et il devient le parfait bouc-émissaire. Margaret Wade, une amie à qui il a sauvé la vie par le passé, va vouloir laver son honneur et va commencer à mener un enquête, ce qui ne plaît pas à tout le monde.

Le mythe du Titanic marche toujours et le récit imaginé par Alcante apparaît suffisamment crédible avec notamment une fin étonnante qui fera sourire les lecteurs de plus de 30 ans bien qu’elle soit un peu cynique. En utilisant le contexte international, ce naufrage ne devient plus un accident mais bel et bien un complot dont le secret doit être gardé à tout prix.

Le dessin de Bernard Köllé et I.S. Fiki convient bien à cette histoire et l’époque est plutôt bien rendue. Un trait un petit peu figé et quelques postures de lord Buckington pas toujours très assurées (page 39) n’empêchent pas d’apprécier le récit et l’album.


Les couvertures des 3 albums - ©Delcourt édition 2016.

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