Delcourt : Champs d’honneur T2, Jour J T25, Naragam T2, Séraphin Cantarel T1

/ Critique - écrit par plienard, le 26/09/2016

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On retrouve aujourd’hui, deux récits sur le conflit anglo-français, l’un totalement uchronique, l’autre totalement historique, la suite fantasy de Naragam, et la première enquête policière de Séraphin Cantarel en bande dessinée.

Champs d’honneur – Tome 3 : Castillon, juillet 1453 – note : 7/10

A l’heure où tout le monde parle de nation, d’élan patriotique, de valeurs communes et identitaires, que signifie « être français » ? Thierry Gloris apporte une réponse personnelle, très intéressante au travers de sa série Champs d’honneur aux éditions Delcourt. La nation s’est fondée sur des valeurs communes, au travers d’un état d’esprit. Il n’est donc plus question de frontières (celle-là, elle va en faire frémir quelques-uns !), mais d’une volonté de vivre ensemble, pour le bon comme pour le mauvais. Il illustre ce sentiment au travers de 5 batailles, emblématiques, pas forcément très connues. C’est le cas pour ce second volume. La bataille de Castillon en juillet 1453 n’est pas la plus célèbre et celle qu’on apprend forcément dans nos livres d’Histoire. Elle marque pourtant une sévère défaite pour les anglais et met fin à la guerre de 100 ans. Elle est un tournant dans l’art de faire la guerre avec l’introduction de l’artillerie de campagne. Elle est notamment immortalisée dans la galerie des batailles au château de Versailles.


©Delcourt édition 2016.

Nous allons ici découvrir tout le déroulement de cette bataille de manière magistrale mais aussi les personnages historiques et les animosités qui peuvent les opposer. Français et anglais ne s’aiment guère, mais il y a quelques règles de chevalerie, notamment sur la parole donnée, qui prévalent. Ainsi le chef anglais, John Talbot, capturé en Normandie par les français puis relâché, a fait le serment au roi de France, Charles VII, de ne plus combattre. Il conduit donc ses armées mais il est sans arme ni armure.

Côté dessin, c’est Gabriele Parma qui s’y colle dans un style plutôt efficace, mais pas toujours très précis. Il prend du plaisir (et il nous en donne) sur les plans larges et les scènes de batailles. La couverture est signée Ugo Pinson qui signera les 5 couvertures de la série. Prochaine retrouvaille avec la série en Novembre 2016 avec la Bérézina et en janvier 2017 avec la bataille de Camerone.

 

Jour J – Tome 25 : Notre dame de Londres – note : 7/10

Et si Louis VIII avait récupéré l’Angleterre et évincé Jean-sans-Terre ? C’est le postulat de départ du nouvel album de la série Jour J de Fred Duval et Jean-Pierre Pécau. Ils s’adjoignent les services du dessinateur serbe, Léo Pilipovic, avec qui Jean-Pierre Pécau (JPP) a déjà signé les albums 4 et 5 d’Histoire secrète et les six tomes du Grand jeu.

Mais si le roi Louis VIII a accédé au pouvoir de l’Angleterre et de la France, c’est qu’il a profité du travail de certains dans l’ombre. C’est le cas de l‘ancien templier Amaury de Châtillon. Nous allons suivre les seize dernières années de sa vie, durant lesquelles il va suivre Ariana Ange, une splendide sorcière grecque qui travaille pour l’ordre des maçons.


©Delcourt édition 2016.

La formation de professeur d’histoire de Jean Pierre Pécau s’exprime ici à fond dans ce récit mélangeant Histoire de France et d’Angleterre, croisades et croisés, cathares et franc-maçonnerie. Ajoutez à cela le mythe de Robin des bois revu et corrigé par les auteurs et vous avez une histoire originale, dense avec de nombreux rebondissements. En effet, si nos deux personnages travaillent pour un certain idéal, les complots et les histoires de pouvoirs peuvent amener à devoir changer d’optique. En cela, le personnage d’Ariana est intéressant, alors que celui du chevalier Amaury apparaît plus effacé.

Quant au dessin de Pilipovic, c’est un pur régal. Il se dégage une force dans le trait qui arrive à donner aux chevaliers aguerris une mine burinée et meurtrie par les combats, mais aussi une plastique superbe à l’héroïne Ariana qui nous rappelle la danseuse érotique Cybil des Feux d’Askell. Les auteurs n’hésitent pas, d’ailleurs, à nous montrer quelques images crues qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir dans des séries grand public (même si celle-ci s’adresse plutôt à un public adulte). On peut notamment voir un chevalier, sur le point de violer Ariana, sortir son sexe en érection.

Tout cela apporte du réalisme à l’histoire et plante l’atmosphère et les personnages de façon certaine. Je vous invite donc à refaire l’histoire avec les auteurs.

 

 

Naragam – Tome 2 : L’appel des Primordiaux – note : 7.5/10

C’est avec une certaine envie qu’on attendait le deuxième tome (sur les trois prévus) de Naragam aux éditions Delcourt. Le récit de Michaël Le Galli, et dessiné par Mike, emmène le Twörb Geön, Sajiral et Brög aux portes de l’antique cité Drëk. Geön y cherche des réponses. Mais pour arriver jusque là il va falloir échapper aux 6 Derkomaï qui viennent de les faire prisonniers pour les sacrifier, échapper à une apesanka (je vous laisse le plaisir de découvrir à quoi cela ressemble), et répondre correctement aux énigmes des voix dans la cité sombre.


©Delcourt édition 2016.

Comme vous pouvez le voir, le périple est loin d’être terminé et va nous apporter encore de nombreuses surprises, le tout agrémenté d’un dessin exceptionnel de Mike avec des décors impressionnants de géants pétrifiés, vestige de la guerre des primordiaux. Le trio des personnages prend lui aussi plus d’importance et un lien affectif commence à se tisser entre eux. Tout concourt à donner à ce récit encore un peu plus d’élan.

 

Séraphin Cantarel – Tome 1 : Avis de tempête sur Cordouan – note : 6.5/10

Le duo formé par le scénariste Éric Corbeyran et le dessinateur Michel Suro sur le Clan des chimères, revient avec une nouvelle série mais qui ne met plus en scène les stryges. Il s’agit de l’adaptation des romans sur le patrimoine français de Jean-Pierre Alaux parus dans la collection « Grands détectives » chez 10/18.


©Delcourt édition 2016.

Dans ce premier tome, Avis de tempête sur Cordouan, le cadre général se déroule au phare de Cordouan. Le conservateur en chef des monuments français, Séraphin Cantarel se rend sur le site du plus ancien phare encore en activité avec son collaborateur Théo Trelissac afin d’évaluer les travaux de rénovation à effectuer sur l’édifice. Mais lors de leur séjour, un décès suspect et un meurtre vient alourdir l’ambiance.

Gentil polar que cet Avis de tempête sur Cordouan dont on peut dire qu’il est très télévisuel. Les deux personnages Séraphin Cantarel et son assistant Théo se retrouvent mêler à tout cela bien malgré eux et suivent de près l’enquête sur les morts mystérieuses.


Les couvertures des 4 albums - ©Delcourt édition 2016.

 

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