5.5/10Jour J - Tome 6 - L'imagination au pouvoir ?

/ Critique - écrit par plienard, le 14/06/2011
Notre verdict : 5.5/10 - Psychédélique (Ecrivez votre critique)

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Un nombre impressionnant de stars de la politique présente et passée fourmille dans cette bande dessinée uchronique ou s’entrechoquent deux mondes : l’ancien et le moderne. C’est un peu obscur, malgré quelques touches de rose.

Mai 68, un transfert de fond exceptionnel et secret se fait en pleine nuit par le métro. Pourtant, le convoi se fait attaquer dans les tunnels par une équipe lourdement armée parmi laquelle se trouve un dénommé Georges Delpérier. De retour chez lui, il part aussitôt rattraper sa jeune sœur en pleine manifestation d’étudiant. Il la récupère in-extrémis avant l’assaut des forces de l’ordre.


Un peu d'humour.
Et si en Mai 68, De Gaulle était mort ? Que ce serait-il passé ? Jean-Pierre Pécau et Fred Duval partent de cette idée pour nous écrire une histoire entre aventure à l’ancienne genre Les tontons flingueurs de Georges Lautner personnalisé par Georges Delpérier (tiens, le même prénom ?) et aventure d’anticipation genre Austin Powers pour le côté hippies mais sans l’humour. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ont cette fois cherché à tout changer. Mélangeant les genres architecturaux (pop art et haussmannien), de personnages (Daniel Cohn-Bendit, Jacques Chirac et François Mitterrand), ils nous offrent l’album le plus uchronique qui soit. Chirac et Cohn-Bendit sont devenus les conseillers de Mitterrand, le mouvement artistique hippie a germé au sein de la capitale pour fleurir au milieu des bâtiments haussmanniens. Des protubérances  roses entourent le Sacré-Cœur devenu une prairie ou paissent les vaches. Dans cet univers, Georges Delpérier revient pour réclamer son dû, sa part du magot.

Au dessin, on retrouve Mr Fab que l’on connaît déjà dans la série Spyder (toujours chez Delcourt). Il réussit le tour de force à ne pas se faire reconnaître dans son dessin, offrant un « visage » totalement différent. Il symbolise les deux époques (avant Mai 68 et après Mai 68) par deux styles graphiques éloignés l’un de l’autre.
Le langage à papa est coloré.
Un style coloré, net et chic pour l’après 68 et un dessin plus sombre, grisonnant pour l’avant 68. La méthode est éprouvée et marche globalement bien. Les personnages célèbres sont légions (Jim Morrison, Brigitte Bardot ...) et plutôt fidèles à la réalité et le profil psychologique de certains est assez bien rendu (pour ce qu’on en sait en tout cas) avec un Chirac jovial et plutôt jouisseur et un Mitterrand plus froid et calculateur.

En nous présentant deux mondes opposés, deux cultures différentes, les scénaristes se perdent dans les explications politiques et historiques qu’ils ont inventées. Du coup, le lecteur perd le fil de l’intrigue (la vengeance de Delpérier) et ne comprend plus la fin et surtout la subtilité de la chute finale. Le monde inventé devient accessoire et inutile. De manière étrange, le lecteur ne parvient pas à croire à cette nouvelle société. Peut-être connaît-on trop les personnages publics utilisés pour pouvoir croire en une collaboration possible.


DR.

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