Les dernières sorties Dargaud

/ Article - écrit par plienard, le 30/12/2013

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Liste exhaustive des dernières sorties Dargaud

Pas moins de 6 albums ont demandé notre attention chez Dargaud. Entre les grosses sorties et les très grosses sorties, on a fait un choix, on vous présente tout.

 
DR.

 

Pico Bogue, tome 6 – note 7/10

Une petite tête rousse et une petite blonde reviennent dans un sixième album aux éditions Dargaud. Deux charmants bambins qui répondent aux curieux prénoms de Pico et Ana ana. Cela faisait deux ans que l’on n’avait plus de nouvelles. Il y a bien eu les deux albums d’Ana ana (toujours chez Dargaud) mais qui s’adressaient à un très jeune public car ils s’intéressaient au monde imaginaire de la petite fille.

Dominique Roques (scénario) et Alexis Dormal (dessins) nous font la joie d’un sixième album et récompensent la patience des lecteurs. Le petit rouquin est toujours aussi caustique, drôle et attendrissant. Ici, les deux enfants sont pris en charge par leur tonton et tout ce petit monde part en en vacances au bord de la mer. La faute à des parents qui vont faire une croisière en voilier avec des amis, naviguer de port en port, jeter l’ancre dans des criques à l’eau très bleue pendant que Pico et Ana ana iront sur les bateaux de la fête foraine qui tournent en rond. Et vous croyez que le jeune philosophe Pico, ne va pas culpabiliser ses parents ?

Humour, tendresse, réflexions vaches, Pico est de retour, en pleine forme, avec un petite sœur qui prend les mêmes chemins que son grand frère. C’est doublement drôle et beau.

 

Blacksad, tome 5 – note 8/10

L’un des albums les plus attendus de l’année vient de paraître aux éditions Dargaud. C’est un chat inspecteur, prénommé John. Sa dernière aventure l’a emmené jusqu’à la Nouvelle Orléans. C’est d’ailleurs là qu’on le retrouve, à l’aéroport, accompagnant le journaliste Weekly. Vous l’aurez peut-être reconnu, Blacksad is back ! Et je vous promets qu’il nous en met plein les yeux.

Juanjo Guarnido et Juan Diaz Canalès nous proposent un nouvel album avec une superbe couverture jaune, amarillo en espagnol. C’est d’ailleurs le titre de ce tome 4. Après le noir et le blanc (T1 et T2), le rouge (T3) et le bleu (T4), les artistes en terminent avec leur cycle sur les trois couleurs primaires. Amarillo est aussi le nom de la ville où Blacksad va se rendre pour retrouver le voleur de la voiture qu’on lui a confié. Une sorte de Road-BD où tous les codes du genre sont respectés avec les bikers style l’équipée sauvage ou la route 66. De nombreuses références littéraires sont aussi présentes avec les célébrités de la beat génération (un mouvement littéraire né en Amérique dans les années 50) comme William S. Burroughs, Jack Kerouac ou Allen Ginsberg caricaturés façon Guarnido avec le flamand rose Bill Sorrows, le lion Chad Lowell et le bison Abraham Grinberg. Le monde de la bande dessinée a aussi son hommage avec le magazine Mad et son créateur Kurtzman.

Un bon Blacksad où il nous est donné l’occasion de rencontrer la sœur de John, la superbe Donna et de faire l’évocation de leur père. Je n’ai pas besoin de convaincre les fans. Quant à ceux qui ne connaissent pas encore et qui aiment la peu la bande dessinée, ils doivent le lire (les quatre précédents aussi !).

 

Le protocole Pelican, tome 4 – note 6/10

Suite et fin du thriller psychologique et carcéral. Pour rappel, douze personnes qui n’ont rien à se reprocher ont été enlevées et enfermées dans des cellules sur une sorte de plateforme pétrolière transformée en laboratoire géant. Les douze personnes ont intégré une expérience scientifique géante contre leur gé. Surnommées « entités », elles sont surveillées par des « compagnons ». Les scientifiques ou « confidents » sont présents pour récolter les données.

Ce dernier tome était censé apporter des réponses, c’est ce qu’il fait en partie, mais n’ouvre-t-il pas  plus de questions qu’il n’apporte de réponses ? Il oblige le lecteur à remettre en question sa propre existence et sa propre vision des choses. Jean-Michel Ponzio (dessin) et Richard Marrazano (scénario) font encore une série intelligente, pas forcément intelligible au premier abord. Mais ils nous proposent plus que du divertissement.

 

WW2.2, tome 7 – note 8,5/10

C’est avec une couverture très explicite que le dernier tome (le septième) de la série WW2.2 aux éditions Dargaud prend fin. Un soldat, le sergent-chef Ferdinand meunier, devant un champignon atomique, vous regarde attristé droit dans les yeux. Le militaire va être confronté à un choix cornélien. Celui d’exécuter sa mission (on comprend donc qu’elle a un rapport avec « la bombe de la désintégration » ou celui de pouvoir continuer à se regarder dans la glace et surtout vous regarder franchement dans les yeux.

Qu’est-ce qui pourrait faire vaciller le sergent-chef ? Héros de guerre, doué d’une chance incroyable, il est toujours celui à qui on fait appel pour une mission de la dernière chance.

Après un premier album sur la guerre de Paris (T1), il est à nouveau question de la capitale. David Chauvel et Boivin (déjà dessinateur du premier album) bouclent la série de main de maîtres avec le retour du soldat Meunier pour un final apocalyptique et qui amène le lecteur à s’interroger lui aussi sur la décision qu’il aurait prise. Une série fantastique à découvrir absolument. Les albums passent et la qualité augmente.

 

Avant la quête, tome 4 – note 8,5/10

Dans ce quatrième tome d’Avant la quête, Bragon devient chevalier et on va (enfin ?) comprendre ce qui l’oppose au Rige et qui ressort dans le cycle de la quête (cycle précédent). Mais l’essentiel du sujet se porte sur Raya, la fille du prince de la marche des roches pourpres qu’il faut sauver de la secte du signe. Devenu chevalier, Bragon peut-il encore épouser la princesse Mara ? Ceux qui ont lu le premier cycle, le savent déjà. Pour les autres, il vous faudra lire tout ce cycle pour le savoir.

Le dessin de Mallié continue de donner satisfaction au duo de scénaristes Le tendre et Loisel. Les lecteurs du début de l’aventure auront des réponses supplémentaires à certaines de leurs questions qui ont pu rester en suspens. Les nouveaux lecteurs peuvent avoir l’assurance de découvrir un superbe univers et une bonne histoire qui a initié le thème de la fantasy dans la bande dessinée à son époque.

 

Blake et Mortimer, tome 22 – note 7,5/10

L’événement n’est pas d’avoir un nouvel album de Blake et Mortimer, cette année. Mais c’est bel et bien le nouveau scénariste qui le crée. Si le dessin est l’œuvre d’Antoine Aubin (qui avait repris le flambeau après la tragique disparition de René Sterne pour l’album T20 La malédiction de trente deniers 2ème partie) et d’Étienne Schréder (qui a participé à l’encrage de nombreux albums précédents), le scénario a été écrit par Jean Dufaux, le sérial-scénariste.

L’homme qui invente des histoires et des univers entiers s’attaque ici à reprendre celui d’un autre. Une expérience inédite pour lui. On est donc à la fois curieux et dubitatif. Il ne s’accorde d’ailleurs aucune marge de manœuvre en réalisant une sorte de suite à la marque jaune (album emblématique de la série). Il y est question du retour de Septimus, ce scientifique mégalomane, d’Olrik le méchant dans un rôle un peu nouveau pour lui, le tout nimbé de science-fiction très marquée. Une lente montée en puissance s’opère dès les premières pages. Si le début apparaît un peu lourd, avec des textes un peu trop ampoulés – on a l’impression que l’auteur se force à faire des descriptifs dans chaque case – l’intérêt vient grandissant à mesure que l’intrigue s’éclaircit. On peut noter aussi que Jean Dufaux ose rendre presque sympathique Olrik et qu’une sorte de respect entre le renégat et le professeur Mortimer s’installe. On joue d’ailleurs  un peu sur les rôles ambivalents de chacun dans cet album avec un professeur égoïste et un Olrik pauvre cobaye. À lire presque absolument.

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