Jean Dufaux, sérial scénariste (partie 1)

/ Article - écrit par plienard, le 18/11/2013

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La machine à scénario, Jean Dufaux, nous a concocté trois albums sur les deux derniers mois. Et ça, c’est seulement ce que l’on a lu.

Une machine à scénario, tel pourrait être le surnom de Jean Dufaux, tant sa production dépasse quelquefois l’entendement. Cette fin d’année en sera, une fois de plus, une preuve flagrante, avec trois nouveaux albums (Conquistador chez Glénat, Barracuda chez Dargaud et le tome 22 de Blake et Mortimer) pour Novembre et Décembre, sans parler des intégrales Djinn chez Dargaud. Pour l'heure, trois albums qui complètent des séries en cours et montrent, si besoin en était, une certaine exhaustivité de l'auteur-scénariste et son talent à choisir de bons, de très bons dessinateurs.

 

Croisade, tome 7 – note 8.5/10


DR.

Le septième album de Croisade aux éditions du Lombard vient de sortir. La série de Jean Dufaux et de Philippe Xavier (le dessinateur), continue son second cycle appelé Nomade et emmène son héros, le croisé Gauthier de Flandres, sur les traces du démon, le Qua’dj.

Cette quête insensée va lui être dictée par les événements. Le comte de Jaffra, Guy de Lusignan, voue une haine féroce contre les musulmans, ce qui l’a poussé à ne pas respecter le pacte de non-agression. Gauthier va donc tenter de réparer cette erreur mais la haine entre les peuples est plus facile à activer que l’entente. Et chacune des parties veut ramener le démon à sa cause et c’est Gauthier qui est chargé de le faire.

Si le dessin de Philipe Xavier est un des plus beaux et des plus précis de la profession, on peut noter, au travers de cette série Croisade, le travail incroyable des couleurs qui sont signées Jean-Jacques Chagnaud. Et c’est d’autant plus flagrant entre cet album et le précédent. Alors que l’on jouait sur la beauté éclatante de Sybille dans le tome 6, ici on revient à des choses plus guerrières et sanglantes. Les couleurs sont donc « moins éclatantes », « moins belles » mais ne sont pas pour autant de moins bonnes qualités. Ce jeu de couleurs donne sa caractéristique à la série et à chaque album où on est sûr de retrouver ce que l’on aime sans pour autant avoir toujours la même chose.

Une splendide série bien scénarisée, bien dessinée et bien colorisée. Bref tout est bien. Et si vous voulez retrouver le trio, ils officient aussi sur la série Conquistador chez Glénat (tome 3 en parution en Novembre).

 

 

Loup de pluie, tome 2 – note 7/10


DR.

Après le moyen-âge fantastique, que diriez-vous de faire un saut en plein western. On y retrouve les familles Mc Dell et Cody en plein règlement de comptes. Pour rappel, le fils de la mère Limb est mort à la suite d’un duel avec l’indien Loup de pluie. La mère ne pouvant accepter qu’un sauvage tue son fils, elle réclame vengeance auprès des Cody. Loup de pluie se sauve pour calmer tout le monde, mais certains ne vont pas hésiter à envenimer la situation. L’affrontement sera inévitable.

Le diptyque prend fin avec ce second album où la force des haines en tout genre (la haine, la jalousie, le racisme) va prendre le pas sur les bons sentiments (l'amour, l'amitié, le respect, l’humanisme). Je ne vous dis pas si tout cela finit bien ou mal. Toujours est-il que l’on voit que l’amour pour son prochain est une bataille de tous les instants. Et elle est rendue ici avec le talent incroyable de Ruben Pellejero (L’écorché chez Dupuis, Le silence de Malka chez Casterman).

 

 

 

Medina, tome 3 – note 6/10


DR.

Jean Dufaux semble à l’aise dans tous les styles. Avec sa série Medina, dont c’est le troisième et dernier tome, il s’est attaqué à la science-fiction (genre qu’il a déjà côtoyé avec Dakota aux éditions Glénat ou Les enfers aux éditions Robert Laffont) avec bonheur même si l’histoire est loin d’être évidente. Son binôme s’appelle Yacine Elghorri dont Druillet n’hésite à le présenter comme le chef de file de la nouvelle génération de Métal Hurlant. Le compliment est clinquant et montre bien la qualité du dessin mais aussi une certaine difficulté que les lecteurs pourraient  rencontrer à la lecture des albums.

Pour rappel, l’humanité doit lutter pour survivre contre les Draxs, des mutants mi-insectes mi-alien échappés d’une usine nucléaire. À leur tête, Boso 1 qui cherche à avoir une descendance. Le dernier rempart de l’humanité est la ville de Medina qui plie mais ne rompt pas. Pas encore. Car si les attaques viennent de l’extérieur, elles viennent aussi de l’intérieur avec des mutations Drax au sein même de la population.

Une série apocalyptique qui trouve une fin pessimiste mais tout à fit emballante.

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