Dupuis : Les Tuniques Bleues

/ Critique - écrit par plienard, le 19/03/2016

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Telles les hirondelles du printemps, mais avec un mois d'avance, les tuniques bleues reviennent éclaicir nos journées avec leurs anciennes aventures.

Les Tuniques bleues présentent – Tome 4 : Les Indiens – note : 8/10

Alors que le deuxième tome de l’intégrale des Tuniques bleues vient de paraître aux éditions Dupuis, la série thématique Les Tuniques bleues présentent... proposent son quatrième sujet sur les Indiens. Elle reprend à cet effect les tomes 35 et 55, respectivement intitulés Capitaine Nepel et Indien, mon frère.


©Dupuis édition 2016.

On revient ainsi, un peu aux sources de  la série avec un passage obligé à Fort Bow et où les tuniques bleues faisaient plutôt référence « aux uniformes de la cavalerie de l’armée américaine plus que le bleu identifiant les troupes fédérées du Nord ».

Dans le premier album repris dans ce recueil, Blutch et Chesterfield sont envoyés à Fort Bow en compagnie du Capitaine Nepel qui doit assuré l’intérim pendant la convalescence du colonel Appeltown, cloué au lit par une forte grippe. Si le sergent se fait une joie de retrouver la fille du colonel, il ne se doute pas qu’il emmène avec lui un capitaine aux idées bien tranchées sur les indiens et autres hommes de couleurs.

C’est peut-être moins évident maintenant mais le personnage du capitaine Nepel est pratiquement la caricature physique d’un homme politique français et dont le patronyme n’est rien d’autre que l’anagramme inversé de son nom réel. Dernier indice pour les derniers qui sèchent : sa fille a repris les rennes de son parti et va se présenter aux prochaines élections présidentielles.

Et si la caricature est physique, elle est aussi et surtout dans le discours. Il sera donc question de racisme et d’intolérance dans cet album où le capitaine Nepel s’expliquera en disant : «  je suis pour le chacun chez soi. Si on les laissait faire nous serions envahis... » Et qui aurait pu penser qu’un album de 1993 serait encore d’actualité en 2016 ?

Le second du recueil envoie le sergent et le caporal au Texas pour acheter des chevaux aux Comanches. Le problème est que cet état est un état confédéré, que les Comanches ne sont pas un peuple ami et qu’il va falloir éviter le lieutenant-colonel sudiste James Bourland, surnommé « le bourreau du Texas ».

Un album bien plaisant, où le racisme le plus primaire anti-Indien est bien mis en évidence et met en scène un personnage historique et pathétique comme il est souvent de coutume dans la série. Le fait marquant de cet album est, bien sûr, la découverte du frère jumeau de Blutch dont il aurait convenu d’approfondir la séparation.

 

 

Les Tuniques bleues – Intégrale 2 – note : 8/10

 

Après le recueil, l’intégrale ! Un second volume vient de paraître reprenant les dernières aventures dessinées par Salvérius et parues dans le Journal de Spirou entre octobre 1971 et janvier 1973.

Des bleus et des tuniques


©Dupuis édition 2016.

Faisant partie de l’album n°10 de la série et qui lui donnera son titre, cette histoire emmène les tuniques bleues encore au nombre de 4 dans une bonne histoire de Far West que le quatrième recueil, Les Tuniques bleues présentent, n’aurait pas renié.

Le sergent Chesterfield est chargé de ramener une demi-douzaine de jeunes recrues, saines et sauves à Fort Bow. Il reçoit aussi comme consignes de les aguerrir un peu afin qu’ils ne soient pas trop dépaysés en arrivant au fort. Et la première idée qui lui vient à l’esprit du sergent est de simuler une fausse attaque d’indiens Pueblos. Accompagné de Blutch, Tripps et Bryan, ils partent chercher les jeunes tuniques bleues, pendant que Plume d’argent se chargera de convaincre les indiens Pueblos. Est-il nécessaire de préciser que cela va être un fiasco ?

 

Printemps dans la prairie

Courte histoire reprise dans l’album n°10, où Chesterfield et ses trois acolytes sont écartés de Fort Bow alors que la fille du colonel fête ses 20 ans. Le colonel a voulu éviter une catastrophe. Il n’aura fait que la repousser puisque le sergent va se mettre en tête d’arrêter un troupeau de bisons pris de folie.

 

Et pour quinze cent dollars de plus

Chesterfield et Blutch sont envoyés à une nouvelle affectation. A leur arrivée, ils vont profiter d’une offre exceptionnelle : un an de solde d’avance ! Mais c’est seulement après avoir signé qu’ils vont comprendre qu’il y avait une contrepartie. Une mission suicide les attend. Accompagnés par deux mexicains, ils vont devoir se faufiler derrière les lignes ennemies et faire le plus de dégâts possible en détruisant et brulant tout ce qu’ils peuvent.

 

Outlaw

La troupe du général Küstler revient éreintée d’une bataille contre les troupes sudistes. Puis elle se fait attaquer par les Comanches et des bandits mexicains. Blutch, complètement épuisé, tient des propos offensants au général qui lui valent la cour martiale. Küstler en profite pour virer le sergent Chesterfield. Mais ce grand nettoyage cache en réalité un plan pour découvrir où se cache la troupe de Mexicains et de Comanches.

Dans cette intgérale on retrouve des histoires très Far West qui rendent hommage aux films du genre et notamment ceux de John Ford. Le dossier qui la compose est aussi l'occasion de revenir sur Salvérius et sa passion pour armes et les indiens qu'il met a profit pour le journal de Spirou.


Les couvertures des 2 recueils - ©Dupuis édition 2016.

 

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