Festival d'angoulême 2016

/ Critique - écrit par plienard, le 25/01/2016

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C’est sous la direction du japonais Katsuhiro Otomo que le 43ème festival international de la bande dessinée (FIBD) va démarrer le 28 janvier 2016, pour quatre jours d’expositions, de rencontres, de spectacles et de dédicaces.

Et comme chaque année, le festival a droit à sa petite polémique, histoire de faire monter la sauce. Il s’agit cette fois de la place des femmes dans la sélection officielle du festival et qui y étaient totalement absentes cette année. Pour rappel, le grand prix récompense un artiste pour sa contribution au monde du 9ème art. Il est donc un peu tributaire de l’historique de cet art qui a longtemps été réservé à des hommes. Mais le monde change et certains voudraient qu’il change plus vite. Ainsi, devant la polémique et étant conscient que cette absence ne correspondait pas aux valeurs du festival, de nouveaux noms d’auteures ont été intégrés dans la liste des sélectionnés du grand prix 2016. Il ne reste plus qu’aux votants – 3000 professionnels, auteur.e.s de BD professionnel.le.s – de faire leur choix. Et le bon !


Les 3 finalistes.

Et c’est ainsi, qu’après un premier vote, trois noms sont encore en lice pour devenir le prochain grand prix : Hermann, Alan Moore et Claire Wendling ! Le grand vainqueur sera connu le mercredi 27 janvier 2016 à 18h30 ; je vous laisse jouer au jeu des pronostics. Pour ma part, je mettrais un petit billet sur Hermann – sachant qu’après deux présidents consécutifs non francophones Alan Moore part avec un sérieux handicap, même s’il fait partie de la « short-list » depuis quelques années maintenant. Quant à Claire Wendling, elle bénéficie sans doute de la polémique de manière indirecte (sans vouloir remettre en cause sa sélection et son travail) et peut-être que les votants ne vont pas vouloir aller jusqu’au bout de la polémique –. Remarquez, si je m'avance à faire un pronostic, sur le site bédéthèque, on peut lire : "Le nom de la lauréate sera annoncé le mercredi 27 janvier à 18h30 par  Katsuhiro Otomo." Un labsus révélateur ?

Mais le FIBD, c’est l’occasion de découvrir le travail et l’œuvre de son président. Le créateur d’Akira va cependant faire exception avec l’absence d’une exposition qui lui serait consacrée. Katsuhiro Otomo a préféré faire une conférence au théâtre d’Angoulême le samedi 30 janvier 2016 à 14h, et pendant 2h30. On peut évidemment le regretter, surtout pour les fans du maître car, vous vous en doutez c’est déjà complet ! Il restera la possibilité de voir cette conférence en différé sur le web du festival.


Le président !

Si le président joue l’originalité, deux événements viendront compléter l’hommage qui lui est rendu avec, premièrement, une quarantaine d’auteurs inspirés par son travail et qui livreront chacun une création. Tout cela sera exposé dans les caves du théâtre et sera réuni dans un album collectif aux éditions Glénat, en partenariat avec le festival. Deuxièmement, rendez-vous au Quartier Asie pour découvrir la moto d’Akira ! Conçue par une équipe de fans d’Otomo et acheminée spécialement du Japon, elle sera l’occasion de se faire prendre en photo sur le bolide dans le cadre d’un « Photo call ». Et selon le souhait du président, suite aux attentats de Paris en novembre 2015, les recettes dégagées de cette séance seront reversées à une association caritative.

Autre événement d’importance lors de ce week-end, l’exposition, au musée  de la bande dessinée, consacrée à Lucky Luke et son créateur Morris, avec plus de 150 planches et dessins originaux.

Dans la liste des expositions, on trouvera celle consacrée à Hugo Pratt, non pas pour  (re-)découvrir Corto Maltese, mais bel et bien pour rencontrer l’univers d’un auteur érudit.


DR.

Récompensé en 2015 par le prix de la série, la saga Lastman s’ouvre aux visiteurs qui vont découvrir une œuvre moderne et particulièrement innovante. A la confluence des mangas, séries TV, cinéma et jeux vidéos, elle est l’œuvre des talentueux Balak, Michaël Sanlaville et Bastien Vivès.

Connaissez-vous Jean-Christophe Menu ? Oui, non ? Auteur majeur de la bande dessinée alternative française, il est aussi le fondateur de l’Association avec 6 autres auteurs de bande dessinée. Cette exposition sera l’occasion d’une découverte d'un auteur que beaucoup connaisse sans réellement le savoir.

Le collectif Interduck – rassurez-vous, je ne connaissais pas non plus – a pris pour habitude de revisiter les grands chefs d’œuvre de l’histoire de l’art en remplaçant les personnages d’origine par des canards. Et je crois bien que je vais y faire un tour pour découvrir ces drôles d’oiseaux qui existent depuis les années 1980.

Si vous vous posez des questions sur la création et la production d’un manga, je vous invite à vous rendre dans le Quartier Asie, à l’exposition HiBaNa – littéralement l’Étincelle – magazine mensuel japonais.

On continue avec nos amis asiatiques et les traditionnels auteurs hongkongais, toujours présents au festival. Ici, c’est le prolifique Li Chi-Tak avec une exposition monographique.

La révolution numérique est en marche depuis un moment, et le monde de la bande dessinée explore toutes les possibilités qu’offre cette révolution. L’exposition Phallaina montrera l’œuvre multimédia de Marietta Ren qui nous invite à une nouvelle façon de lire.


DR.

Dans le même esprit, Shapereader, propose une expérience de lecture originale par le toucher. Destinée aux malvoyants, mais résentée à tous les visiteurs, cette expérience devrait être enrichissante. Quand à l’atelier Risographie, 15 auteurs vont élaborer un livre unique, mélange de sérigraphie et de photographie.

Enfin, je crois que je n’aurais rien oublié avec l’expo Les Mutants de Pauline Aubry, sélectionnée au concours Jeunes Talents en 2014. Elle propose un documentaire sur les comportements adolescents au travers de planche originales et de crayonnés, de goodies et d’éléments personnels. Un livre aux éditions Les Arènes, intitulé Les Mutants va paraître en Janvier 2016.

 

Et quand vous aurez fini toutes les expositions, il vous restera peut-être un peu de temps pour assister aux rencontres, aux projections – notamment celle d’Akira – aux spectacles dessinés ... Et il paraît qu’il y aura quelques auteurs pour pouvoir avoir des dédicaces. Mais là, il faudra avoir beaucoup de temps disponibles et surtout beaucoup de patience.

Bon festival à tous et si vous n’avez pas la possibilité d’y aller, il reste le Web et Krinein qui vous prépare un petit reportage photos.

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