Festival d'Angoulême 2011 - 2ème jour

/ Article - écrit par plienard, le 06/02/2011

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Cela fait pratiquement une semaine que le festival est terminé, mais notre envoyé spécial va vous faire partager sa deuxième journée. Cela rappellera peut-être des souvenirs à certains.

27 janvier 2011, le deuxième jour du festival se lève. Et la journée s’annonce chargée : une conférence avec les auteurs de Largo Winch, l’exposition sur le monde de Troy, la visite du chapiteau de para-BD, le spectacle de Geluck, Matteo Guerrero et d’autres auteurs en dédicaces et une fête organisée pour les 25 ans des éditions Delcourt.

La première mission de la journée est d’aller chercher les places pour le spectacle de Philippe Geluck, Je vais le dire à ma mère. On en profite pour éviter d’écraser Tomer Sisley qui traverse la rue incognito. Ensuite on part découvrir le monde de la para-BD, à savoir : les vendeurs d’affiches, de figurines dont la société Attakus est la plus célèbre, d’éditions originales, de planches originales (dont une planche de Coke en Stock à 2500 Euros, avis aux amateurs !). C’est aussi l’occasion de voir ce qui marche en ce moment. Et là, il n’y a pas photos : Loisel avec Peter Pan, La quête de l’oiseau du temps, Magasin général et Guarnido avec Blacksad sont les images les plus répandues. Et dans la série, on vous aime, vous et surtout votre porte-monnaie, on trouve l’album du dernier Alix, Le testament de César dédicacé en direct par l’auteur Marco Venanzi, vendu 20 euros ! Je rappelle que dans le commerce, l’album est à 10,40 euros. C’est le côté énervant du festival et cela ne fait que commencer. Direction le monde des bulles pour voir quels auteurs sont présents en dédicaces ainsi que la foule. Le chapiteau est encore assez agréable, quelques auteurs célèbres sont présents comme Libon, Arthur De Pins, Michel Rodrigue, Coyote, Griffo, et j’en passe. C’est l’occasion pour plienarde d’avoir une dédicace de Rodrigue, le papa actuel de Cubitus, qui a annoncé la sortie prochaine d’un nouveau Cubitus en avril. Ce sera une sorte de Best-of - bof, serait-on tenté de dire – de reprises de films faits dans les précédents albums, agrémentés d’histoires et de cases inédites. L’auteur ne trouvant pas d’intérêt à faire un pur best-of. On est assez d’accord avec lui et on l’attend avec impatience. Je vous rappelle qu’au mois de janvier 2011 est sorti la première intégrale –les quatre premiers albums de Dupa – chez Le Lombard.
Matteo Guerrero.
Dans le même temps, je rencontre Matteo Guerrero, l’auteur (scénario et dessin) de Turo. On connaît ce dessinateur avec la série terminée Beast . Il est une preuve supplémentaire de l’immense vivier de talents qui émanent de l’école espagnole. De plus l’homme est très agréable, simple et accessible. Malgré la barrière de la langue (mon anglais étant exécrable), il a quand même cherché à communiquer. Il a ainsi annoncé la sortie du deuxième tome de Turo pour le mois de septembre 2011 (dont il nous a montré quelques planches déjà dessinées) et deux autres albums pour 2012 (série complète en quatre tomes). Il nous a aussi expliqué comment l’aventure de Turo était arrivée : il a présenté un scénario complet à son éditeur qui a choisi de le découper en quatre tomes. A charge pour lui de faire évoluer les personnages dans ce moule. C’est la partie que l’on aime dans le FIBD : le rapport amical que l’on peut avoir avec les auteurs, malgré les kilomètres de dédicaces qu’ils font.

Avant d’aller déjeuner, on profite du peu de monde pour visiter l’exposition sur le monde de Troy.
DR.
L’univers d’Arleston est enfin récompensé. Une enfilade de pièces sombres où l’on découvre des planches de Lanfeust, son épée, la respiration du magohamoth. Une salle est réservée à la sexy Cixy avant d’arriver devant un pétaure et le monde des trolls de Mourier. Si cette exposition n’apporte rien à celui qui connaît déjà le monde de Troy. Elle permet néanmoins de le faire connaître aux autres. Et malgré le thème philosophique sous lequel il est placé, « comment utiliser au mieux son don », il n’en sera pas vraiment question. Et tout le côté humoristique n’est pas mis en valeur. Le sentiment est donc contradictoire avec la déception pour ma part et l’intérêt pour mon assistante. Après un rapide casse-croûte, nous courrons jusqu’au CNBDI (centre nationale de la bande dessinée internationale). En chemin, on lève la tête pour admirer les dessins de Zep sur les murs d’Angoulême. Nous soupçonnons d’ailleurs l’artiste suisse d’avoir placé intentionnellement des crottes de chiens pour que les visiteurs marchent dessus. Merci à Zep !

Nous courrons aux rencontres internationales de la bande dessinée, avec comme interlocuteurs M. Jean Van Hamme et
Philippe Francq.
M. Philippe Francq, pour le dernier Largo Winch, Mer noire. C’est un moment privilégié auquel tout le monde peut assister en fonction de la place disponible. Le début commence par une interview d’un journaliste avant de terminer par des questions avec le public. Le ton ne se veut pas trop consensuel, même si la majorité des gens est acquis à la cause des auteurs. C’est en tout cas l’occasion de mieux connaître leur mode de fonctionnement et d’avoir leur avis sur la bande dessinée (vous trouverez prochainement, sur KRINEIN.COM, un résumé de la rencontre). Ce ne fut pas, malheureusement pour cette fois-ci, l’occasion d’avoir une dédicace car les deux hommes sont gardés par une attachée de presse très vigilante. Ce n’est pas grave, nous avons réussi, par le plus grand des hasards, à discuter avec Philippe Francq alors qu’il fumait une cigarette. Merci le tabac ! Après ce moment, un peu irréel où on a l’impression de toucher les étoiles du bout des doigts, retour à la réalité dans le monde des bulles. Le temps semble s’être accéléré. Le monde est un peu plus nombreux, les écoles sont de sorties. On décide d’aller voir le stand Soleil qui a un chapiteau pratiquement pour lui tout seul. C’est l’enfer ! Dans une ambiance totalement obscurcie, un grand carré accueille les auteurs et vous tentez d’avoir une place dans une file pour votre auteur préféré. Inutile de vous dire que la file pour Arleston est incroyablement longue. On parviendra juste à le prendre en photo.

Il est cependant temps de reprendre contact avec nos partenaires presse et notamment Delcourt. Ainsi, je règle quelques petits détails avec l’attachée presse et j’en profite pour lui demander s’il reste des places pour le spectacle des 25 ans des éditions Delcourt. L’événement se passe à l’espace Franquin. J’arrive à obtenir deux places pour 19h. Le pitch est assez simple : 25 ans d’éditions racontées au travers des albums sur un fond musical. Et ça démarre fort. A la narration, Jean-Marc Cuvelier de la ligue d’improvisation belge, et au dessin Richard Guérineau (Le chant des stryges) qui dessine, au son de la musique de Star Wars, un Dark Vador qu’il s’amuse à découper pour faire apparaître le visage de Guy Delcourt. Viendront par la suite Mathieu Sapin (Supermurgeman, Paulette Comète, Francis Blatte…), Alfred (La digue…) et Jean-Baptiste Andreae (La confrérie du crabe, Mangecoeur…) pour une sorte de concert de dessin à la gloire de leur maison d’édition. On découvre alors quatre façons de dessiner totalement différentes mais toutes aussi impressionnantes. Ils arrivent à nous faire croire que tout est facile (j’ai essayé plus tard, je vous assure qu’il n’y a rien de facile !). Le spectacle se termine sur un dessin de gâteau d’anniversaire à quatre mains ! Fantastique !


Philippe Geluck.
21h30, il est temps de se rendre au théâtre pour assister au spectacle de Philippe Geluck. C’est une exclusivité mondiale ! Le spectacle ne devant démarrer qu’à partir de Septembre-Octobre en Belgique. Tout le monde ne le sait peut-être pas, mais l’artiste belge a commencé par faire du théâtre. C’est donc un retour aux sources, dans un one-man show efficace et drôle. Le propos est assez virulent contre les flamands, mais aussi les wallons, contre la religion et la pédophilie, contre le nazisme et tous les extrémismes. Il en profite, aussi, pour nous présenter sa famille, les Geluckini (sa fille et sa mère sont d’ailleurs présentes dans le spectacle). L’humour est acide et au vitriol. Mais tout le monde en prend pour son grade. Un bon spectacle ! Retour à l’hôtel. La chambre est toujours aussi belle, le lit toujours pour deux. Mais mon assistante goûte peu à mon humour machiste. Je crois que l’on va devoir dormir. Tant pis !

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