Festival d'Angoulême 2017

/ Actualité - écrit par plienard, le 25/01/2017

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Festival annuel de renommée internationale, le FIBD – festival International de la bande Dessinée – se déroule pour la 44ième année dans cette bonne ville de Charente, Angoulême !  Pour ceux qui ne le savent pas encore, c’est Hermann Huppen, plus connu sous le nom d’Hermann, qui préside cette édition prévue entre le 26 et 29 janvier 2017. Et c’est toute une série d’expositions, de concerts, de conférences, d’ateliers et d’avant-premières en lien avec le monde de la bande dessinée et de l’image qui va être proposée à plus de 200 000 visiteurs annoncés.

Les expos


Hermann.

On commence par les expos, avec évidemment celle consacrée au président du festival de cette année : Hermann, le naturaliste de la bande dessinée. Vous y retrouverez plus de 150 planches de BD du maître qui officie depuis plus de 50 ans avec des œuvres emblématiques comme Bernard Prince, Comanche, Jeremiah ou encore Les tours de Bois-Maury. Si le dessinateur a commencé avec le scénariste Greg, il a aussi montré qu’il était capable d’être un auteur complet dans un style ou les silences en disent souvent plus que les mots. Et l’homme n’a pas hésité à changer de technique tout au long de sa carrière, non pas par mode mais par besoin d’évoluer sans cesse. Et à près de 80 ans (il est né en 1938), Hermann montre encore que son envie et son sens du dessin est toujours nécessaire et indispensable à ce média.


DR.

Ce n’est plus un secret depuis longtemps, mais Luc Besson sortira un nouveau film le 26 juillet 2017, avec l’adaptation de la série de science-fiction de Mézières et Christin, Valérian et Laureline. Déjà le cinquième élément était une tentative, mais les techniques de l’époque (1997) le lui permirent pas d’aller jusqu’au bout de son idée. L’exposition Valérian, de la case à l’écran vous invitera à découvrir en exclusivité mondiale des contenus du film (volumes, costumes, extraits ...) et des planches de dessins de l’œuvre originelle.


The Spirit.

Et c’est un des tout premiers grand prix du FIBD  qui est mis à l’honneur cette année avec l’exposition Will Eisner, génie de la bande dessinée américaine. Récompensé en 1975 (le festival créé en 1974 n’était encore qu’un « salon » mais déjà international), l’américain Will Eisner est un auteur incontournable. Disparu en 2005, il est un des seuls à avoir connu deux périodes créatives distinctes : à partir de 1940 il crée Spirit un comics policier, et à partir de 1970 il est un des initiateurs des romans graphiques – graphics novels –. Son génie est tellement reconnu que son nom a donné naissance à des récompenses – les Eisner awards – qu’il a lui-même reçu ! Un peu comme si on avait récompensé l’auteur des idées noires par un Franquin d’or. Et cet événement permet au festival de fêter le centenaire de sa naissance (s’il fallait vraiment une raison pour justifier cette expo).


Tome 1 ©Rue de Sevres.

 

Le château des étoiles, à la conquête de l’éther est l’exposition consacrée à l’univers et l’œuvre d’Alex Alice. Une série d’aventure sur les prémices de la conquête de l’espace dans une seconde moitié du XIXième siècle fantasmée, avec un jeune héros, Séraphin Dulac, passionné d’astronomie, qui part à la recherche de sa mère exploratrice disparue. Et la série s’est s’étoffée d’un nouveau tome (le troisième) en ce mois de janvier 2017 aux éditions Rue de Sèvres. L’exposition présentera bien sûr des croquis et des planches originales, mais aussi des costumes et des maquettes des machines sorties de l’imagination d’Alex Alice.

Le festival d’Angoulême fait toujours une part belle aux mangas et à ses auteurs. C’est encore vrai cette année avec l’exposition Kazuo Kamimura, l’estampiste du manga. Cet auteur, mort prématurément à 45 ans en 1986, connut une énorme production en très peu de temps. De celui qui fut l’assistant du maître Osamu Tezuka, on découvrira 150 planches originales de son œuvre qui définit une époque et qui coïncide avec la croissance du gekiga, un genre manga destiné aux adultes  avec des scénarii plus sophistiqués et avec plus de profondeur psychologique.

Si Loo Hui Phang est née au Laos, elle ne fait pas pour autant des mangas. Si nous l’avions récemment découverte par l’intermédiaire de l’album Nuages et pluie chez Futuropolis, elle mène une carrière depuis 1999 assez éclectique : écrivain, autrice et réalisatrice. L’expo Loo Hui Phang, synoptique va lui permettre de mettre en scène toutes ces expériences.

Knock outsider komiks exposera les travaux de différents artistes mentalement déficients de l’institut belge la « S » - Grand Atelier.


Gaston Lagaffe.

C’est l’histoire d’un mec, apparu en catimini, sur la pointe des pieds, dans le Journal de Spirou, en 1957. 60 ans plus tard, c’est au festival que le dénommé Gaston Lagaffe arrive, fort de son succès indémodable. Une expo à ciel ouvert, Le Monde de Gaston Lagaffe, lui est consacrée. Au travers de thèmes tels que l’écologie, l’antimilitarisme, les rapports humains ... c’est l’occasion de redécouvrir quelques gags mythiques et de voir l’évolution du trait de son créateur Franquin.

Sophie Guerrive est une autrice de la maison des auteurs d’Angoulême et a droit à son exposition Honneur et profit. Une invitation pour découvrir le travail (depuis 2007) de cet artiste.

L’exposition Les grands moments de la prochaine révolution française propose aux visiteurs de faire preuve d’imagination au milieu d’une guillotine électronique  et de monuments de la cinquième république haut de 2 m 50. Cette exposition est à mettre en parallèle de la bande dessinée Petite histoire de la révolution française, à l’humour décapant aux éditions FLBLB par Grégory Jarry (scénariste) et Otto T (dessinateur), parue en 2015.

Philippe Dupuy, une histoire de l’art propose une lecture longue de 15 mètres. Une œuvre de l’ancien grand prix 2009 (avec Charles Berbérian), parue en 2016 dans la collection Aire libre chez Dupuis qui s’expose de manière originale (sur un châssis en acier qui déroule les pages de bande dessinée). Une expérience innovante et intéressante de lecture est ainsi proposée aux visiteurs.

Le rêve américain existe et des auteurs français le connaissent. Ils se sont imposés dans l’univers des super-héros de Marvel comics. Et l’expo La French touch de Marvel nous permet de voir une sélection de croquis, planches et dessins de ces auteurs accompagnés d’œuvres inédites de douze auteurs majeurs de la BD franco-belge.

Autre expo, dans le quartier jeunnesse, Les quatre saisons de Miroslav Sekulic-Struja. Ce lauréat du concours jeune Talents 2010 expose pour la première fois son travail après deux albums parus (éditions Actes Sud) et une année passée à la maison des Auteurs à Angoulême.

Rencontres et spectacles

Mais Angoulême ne se limite pas à des expositions. C’est aussi l’occasion de faire quelques rencontres et d’assister à des spectacles uniques.


Pénélope Bagieu.

Au-delà des séances de dédicaces – moments privilégiés du fan avec un auteur – vous avez notamment la possibilité de voir des auteurs lors des rencontres internationales où ils viennent répondre à des spécialistes lors de débats sur leurs travaux. Au programme, l’américain Daniel Clowes – auteur de Ghost world – ; deux rencontres avec les papas de Valérian, Jean-Claude Mézières et Pierre Christin ; les mangakas Mari Yamazuki et Tori Miki pour une série dans la Rome antique, Pline chez Casterman ou Gengoroh Tagame auteur de mangas homoérotiques (Le mari de mon frère chez Akata) ; côté comics, la venue de Chris Claremont, auteur emblématique des X-men, est annoncée ; et une rencontre aux sommet entre des auteurs du journal de Spirou et du journal de Tintin pendant 2h ; il y aura aussi Loo Hui Phang, Simon Hanselmann, Andreas, Ed Piskor ....

Mais d’autres rencontres sont possibles lors des conférences, interviews ou débats au conservatoire, au stand Télérama, aux rencontres du palmarès le dimanche 29 janvier (avec les lauréats de cette année), à l’espace polar SNCF, à l’espace Cultura ou au quartier Jeunesse.


China Moses.

Autre moment prisé des festivaliers, les concerts de dessins avec pour thème, cette année, le western. Ce sera tous les jours à 14 h au théâtre d’Angoulême. Et aussi, le grand concert, dit « concert dessiné » où Pénélope Bagieu et China Moses vont nous montrer qu’elles sont bien « Culottées » ! Pour un spectacle assurément jazzy.

Enfin, comme chaque année une avant-première est proposée. Ce sera Seuls, adapté de la série éponyme de Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann. Les acteurs et le réalisateur, David Moreau, seront bien sûr présents.

Quelques chiffres et des sélections

Si vous vous rendez au festival, vous pourrez y rencontrer 2000 auteurs et autrices, 900 journalistes 24 nationalités différentes, 216 maisons d’éditions, pour un total de 7000 professionnels. Près de 400 tonnes de livres seront exposés et vendus, sur 22 000 mètres carrés de surface couverte.

Le festival c’est aussi une compétition avec 42 albums pour une sélection officielle (albums parus en langue française entre le 1er décembre 2015 et le 30 novembre 2016) et qui pourront recevoir 4 fauves – le Fauve d’or (prix du meilleur album) ; 3 Fauves d’Angoulême avec le prix spécial du jury, le prix de la série et le prix révélation – et un cinquième fauve pour le prix du public Cultura. Quatre autres Fauves seront décernés pour la sélection Polar (cinq albums en compétition), la sélection Patrimoine (sept livres en compet’), la sélection Jeunesse(12 livres sélectionnés) et la sélection bande dessinée alternative (une trentaine de publications).


L'affiche du festival 2017.

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