5.5/10Jeremiah - Tome 31 - Le panier de crabes

/ Critique - écrit par plienard, le 27/01/2012
Notre verdict : 5.5/10 - Jérémiade (Ecrivez votre critique)

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Dans le 31ème album de Jeremiah, Herman s’en prend au monde de l’art. Jeremiah et Kurdy atterrissent dans une famille détruite par la jalousie et le chacun pour soi. En plus, une histoire d’escroquerie va envenimer les choses.

Jeremiah et Kurdy sont en moto lorsqu’ils se font dépasser par une superbe jeune fille en voiture. Elle s’appelle Verona et la « providence » fera qu’ils devront secourir la jeune enfant en lui changeant sa roue dégonflée. Pour les remercier, elle les invite à passer quelques jours (ou plus), chez elle, où ils pourront profiter de la piscine, d’une douche et d’un bon lit. Les deux garçons ne se font pas prier tant l’invitation est alléchante. Ils vont alors côtoyer le monde de l’art et atterrir dans une maison où l’esprit de famille n’est pas vraiment cultivé.


Hermann signe, ici, le 31ème album de Jeremiah où il est particulièrement violent avec le monde de l’art et son « panier de crabes ». Entre les performances artistiques vulgaires, à la limite du supportable, les commentaires absurdes et la rivalité violente entre les deux galeristes Roskov et le père de Verona, Gerardo, on frise le ridicule. Roskov, gros et dégoûtant, Gerardo, riche mais dont la famille se déchire sans qu’il ne s’en rende compte, sont deux autres caricatures d’un monde hautain et superficiel.

Le propos est un peu caricatural et le décalage entre nos deux bikers arrivant dans ce monde est abyssal. Kurdy pensant qu’une performance, c’est quand on fait « tagada 10 fois ». Le sexe est d’ailleurs un des sujets importants dans ce tome avec Verona, jeune femme libre à la libido exacerbée mais surtout en manque d’affection.

Hermann règle-t-il ses comptes avec le monde de l’art ? On peut le penser tant il met tous les personnages dans le même panier. Superficiels, hypocrites, arnaqueurs, tueurs, précieux, jaloux, aucun n’a le beau rôle. Jeremiah et Kurdy sont comme des chiens dans un jeu de quilles. Plus terre à terre, ils ont, au moins pour eux, d’avoir la franchise et l’honnêteté. Même si Kurdy simulera un mal de tête pour éviter les avances de la grosse sœur de Verona.

Dans le monde violent imaginé par l’auteur, son dessin est sans concession. Très expressif, le trait est dur et les couleurs sans charmes. On regrettera l’agencement des cases difficiles à suivre, notamment dès la première page où la fille rit après la réflexion du gros Roskov sur son rire (?). Si l’ordre des cases est respecté, il manque alors une indication précise pour le sens de la lecture. Un dernier mot sur la couverture qui manque cruellement de charme. On y voit Verona, affreuse – au contraire de la sensualité qu’elle dégage dans l’album – l’air stupide et puérile. Elle paraît un peu gauche, comme un crabe, finalement. Et c’est elle qui attirera Jeremiah et Kurdy dans son panier !


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