5/10X-Men + Wolverine - 2004-2006 - La fin

/ Critique - écrit par riffhifi, le 20/05/2009
Notre verdict : 5/10 - X-men - La fin justifie-t-elle le moyen ? (Ecrivez votre critique)

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Contre toute attente, la fin épique tissée par Chris Claremont pour les X-men est une amère déception, tandis que le récit brutal et intimiste de Paul Jenkins et Claudio Castellini pour Wolverine est un bijou.

Fin 2003, Marvel se fend d'une idée top marketing : faire plancher ses auteurs sur les "dernières aventures" de quelques personnages clés. En projetant ainsi ses séries quelques années dans le futur, la Maison des Idées (qui en a parfois un peu trop) risque ainsi une énième ondée de paradoxes temporels, incohérences, etc., mais qu'importe. Le concept convainc plusieurs auteurs, et
Chris Claremont est logiquement embauché pour imaginer un récit-fleuve relatant la fin des X-men. Ayant œuvré sur les histoires des célèbres mutants durant plus d'années que n'importe qui d'autre, Claremont semblait tout indiqué pour leur offrir une conclusion digne de ce nom ; X-men : la fin, dessiné par Sean Chen, durera d'octobre 2004 à août 2006, près de deux ans. De son côté, le scénariste Paul Jenkins fait équipe avec le dessinateur italien Claudio Castellini pour imaginer la dernière enquête de Wolverine, qui paraît dès janvier 2004 et prend fin en décembre de la même année. Quant à Alan Davis, il s'attellera en solo à un Fantastic Four : la fin en 2007, mais ce n'est pas le clan Richards qui nous intéresse ici...

D'abord parus sous forme de trois recueils "100% Marvel", les numéros de X-men : la fin sont ici réunis en deux hardcovers "Marvel Deluxe", et complétés du fameux Wolverine : la fin qui leur vole singulièrement la vedette. Car de quoi est-il question dans la dernière aventure des X-men ? Sérieusement, on peine à le comprendre avant les tous derniers épisodes. Noyée dans un déluge de personnages plus ou moins réguliers de la série, l'histoire se présente d'abord comme une invasion extraterrestre déguisant un étrange complot, qui cache lui-même... Bref, on sort bien vite l'aspirine, pour le ranger juste à côté de l'indispensable Encyclopédie Marvel, qui aide à ne pas couler complètement face à l'évocation des Shi'ars (huhu, le nom rigolo), des Skrulls, des Warskrulls et autres Broods qui croisent le chemin de deux générations de X-men frisant la surpopulation. Heureusement, dernière aventure oblige, un certain nombre d'entre eux y laisseront leur peau. Curieusement, on se surprend à s'en soucier assez peu : la famille recomposée de Scott Summers et de Jean Grey (et son clone !)
apparaît finalement si nombreuse qu'on espère y voir plus clair en laissant partir certains membres dans un monde meilleur... La partie la plus lisible, la plus sobre, la plus intéressante et finalement la plus fidèle aux thèmes traditionnels de la saga est la campagne de Kitty Pride pour le poste de maire de Chicago : les arguments anti-mutants de sa rivale, pourtant femme et afro-américaine, porteront-ils ses fruits auprès des électeurs ? En parallèle de cette histoire humaine, Chris Claremont envoie tous les autres personnages se coller sur la tronche dans une débauche de super-pouvoirs démonstratifs et colorés que Sean Chen reproduit avec diligence... Mais à moins de posséder une maîtrise de l'univers X-men que seul Claremont et quelques disciples gloutons ont su cultiver depuis quelques dizaines d'années, le scénario apparaît globalement comme une incompréhensible bouillabaisse où surnagent quelques éclairs d'intensité. On est en droit de regretter également la mise en retrait de certains personnages historiques comme Angel ou Colossus, au profit des petits nouveaux de la nouvelle génération comme Nocturne et X-23, qui sont respectivement les versions juniors de Diablo et Wolverine. Bien qu'elle contienne quelques révélations percutantes et deux-trois représentations joliment iconiques des personnages, cette fin des X-men déçoit largement par son inaptitude à se concentrer sur un nombre gérable de personnages et de thèmes. La lecture s'avère longuette et peu satisfaisante...

Publié en deuxième partie du second tome, ce qui n'est pas absurde quand on considère la chronologie des histoires, le récit de la dernière aventure de Logan est en revanche une bien jolie surprise, qui propose une version vieillie du personnage sans pour autant verser dans l'ersatz du Dark Knight returns, comme le fera Spider-man en 2007 avec L'empire. Non, Wolverine a beau être blanchi sous le harnais, il vit
comme un vieux loup solitaire dans une rude montagne canadienne, le genre d'endroit où le futur n'a pas de prise. Situé dans une centaine d'années, le scénario ne joue pas la fibre de la science-fiction, mais simplement la quête d'origines d'un Logan désormais aussi avide de boucler la boucle d'une trop longue vie que de laisser parler les griffes lorsque le besoin s'en fait sentir. Au fond, la démarche n'a rien d'étonnant de la part de Jenkins, déjà auteur de l'album Wolverine : Les origines. Ici, il est question à la fois de la fin et du début, à la fois d'un présent insatisfaisant et de différentes naissances douloureuses. A plusieurs reprises, les pages violentes et inspirées de Castellini rappellent ce qu'aurait pu être le film solo de Wolverine s'il n'avait pas été mis aux mains d'une équipe de tâcherons chicaniers peu soucieux de l'intégrité du personnage. On se rattrape en savourant la lecture, et en déplorant seulement que l'essai transformé par Jenkins ne soit disponible qu'en combo avec la dernière partie du décevant opus de Chris Claremont. Mais c'est toujours mieux que de farfouiller chez les revendeurs de bd d'occasion pour avoir les vieux numéros de Wolverine parus chez Marvel France : il vous fallait les numéros 129, 130, 131, 132, 133 et 135 pour reconstituer l'histoire, un vrai casse-tête...


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