8/10Seuls - Tome 1 - La disparition

/ Critique - écrit par iscarioth, le 18/01/2006
Notre verdict : 8/10 - Seuls au monde (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 3 réactions

S'il y a bien une BD à acheter à un enfant de votre entourage en ce début d'année, c'est celle-ci. L'album est tout aussi agréable à lire pour un adulte que pour un enfant.

Un vieux fantasme

Un jeune homme se réveille un matin seul chez lui. En parcourant abasourdi la ville, il se rend compte que tout le monde a disparu. La ville est déserte, des morceaux de journal virevoltent au vent dans les rues et notre personnage, lorsqu'il crie, n'entend pour réponse que son écho. Non, il ne s'agit pas du pitch de départ de 28 jours plus tard ou de tout autre film catastrophe. Il s'agit de l'idée de base développée par Vehlmann dans Seuls. La disparition, premier album de ce qui doit devenir une série, raconte la rencontre et l'organisation de cinq enfants se réveillant un jour dans leur ville désertée de tout être humain. Cette situation est un véritable fantasme, exploité dans bien des fictions, qui excite l'imagination de bien d'entres nous, enfants ou adultes. Tout le monde connaît le très mythique Robinson Crusoé de Daniel Defoe et, côté cinéma, on se rappellera le film Seul au monde de Robert Zemeckis, le spécialiste de l'exploitation filmique des fantasmes aventuriers. Restent aussi, dans la même veine, toute une production de sous-genre comme le zombie-movie ou le survival. Si le cinéma a bien investi le thème de la dévastation, du retour au point zéro, à Adam et Eve, aux prémices de la société humaine, c'est bien que l'idée est capable de générer des péripéties excitantes et chargées en réflexion pour le spectateur.

MacGyver en herbe


Avec Seuls, ce sont donc cinq enfants qui repartent de zéro dans le décor déserté de leur quotidien passé. La survie comme préoccupation majeure, la réorganisation, les problèmes éthiques quant aux choix à effectuer. Mais ne croyez pas qu'en lisant Seuls, vous vous trouverez face à un récit d'une impitoyable dureté, presque sanguinaire. Pas du tout. Sur le catalogue de Dupuis, on peut lire que la série est tamponnée « dès huit ans ». Dans sa forme, Seuls rappelle énormément les vieux classiques de la bande dessinée pour enfant, avec un dessin traditionnel, une coloration vive et des vêtements, coiffures et objets hors du temps, dont on ne saurait dire s'ils correspondent plus aux années quatre-vingt qu'à aujourd'hui. Seuls rappelle beaucoup toute la production filmique pour enfants des années quatre-vingt, quatre-vingt-dix, mettant en scène des enfants aventuriers, comme les Goonies. L'histoire se base sur des caractères bien opposés et stéréotypés et des péripéties qui frôlent l'imaginaire par leur esprit très enjoué. Dans Seuls, on retrouve la grande timide, le petit génie à lunettes, la jolie jeune fille bien dans sa peau, le cadet de la bande turbulent et pleurnichard et, forcément, le meneur, courageux et entreprenant.

Un grand jeu


Imaginer un plan de survie, se construire un abri pour dormir, se construire des armes pour se défendre des bêtes sauvages... Seuls a vraiment de quoi enthousiasmer les enfants tant on croirait son scénario modelé sur leurs idées courantes de jeu et d'univers. Mais il a aussi de quoi plaire aux adultes. Un public visé qui va de 7 à 77 ans, en somme. Si Seuls, dans sa forme comme dans son fond, rappelle les séries pour enfants d'un certain âge, il n'en est pas pour autant droit et moralisant comme on pu l'être certaines BD par le passé. On a droit à quelques gags osés même si l'on reste toujours dans les cadres de la gentillesse (Terry se baladant le pénis à l'air, Camille qui se débouche le conduit nasal sur Leïla...). Jamais on ne donne dans le débordement de vulgarités gratuites comme il est permis et prometteur de faire depuis le succès de Titeuf. Les dialogues débordent d'innocence et de naïveté juvénile et feront sourire un bon nombre d'adultes. Il est très intéressant d'imaginer comment va évoluer la série et quelle explication Vehlmann va donner à cette disparition généralisée. Mais, au fond, le plus important sur cette série ne sera certainement pas son dénouement ni son explication (si explication il y a), mais toutes les péripéties qui précéderont...


S'il y a bien une BD à acheter à un enfant de votre entourage en ce début d'année, c'est celle-ci. L'album est tout aussi agréable à lire pour un adulte que pour un enfant. C'est une chose très rare.

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