Soleil : Les Maîtres inquisiteurs T5, elfes T13, Buck

/ Critique - écrit par plienard, le 13/05/2016

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Trois albums Soleil avec un conte nordique original dans la collection Métamorphose, et 2 séries-concept dont le 13ème album d'Elfes pour ce vendredi 13 !

Les Maîtres Inquisiteurs – Tome 5 : Aronn – note : 7.5/10

Difficile d’être extrêmement original quant à la critique d’un album d’une série thématique comme Les Maîtres Inquisiteurs d’autant que les 5 premiers tomes doivent déboucher sur un sixième. Si vous avez commencé la série il serait donc bête d’arrêter maintenant. Si vous n’avez pas encore franchi le pas, il est toujours temps car chaque album se suffit à lui-même. Mais vous prenez le risque d’être tenté de vous procurer les autres albums car chacun est lié aux autres par un complot dont chaque maître inquisiteur découvre un pan.


©Soleil édition 2016.

Un maître inquisiteur est doué d’un pouvoir spécifique et est accompagné d’un elfe avec qui il a un lien très fort. Ici le pouvoir d’Aronn est de téléporter et de se téléporter d’un lieu à un autre. Eldurin, son compagnon elfe, est capable de faire plier les éléments à sa volonté. Il les fait parler en quelque sorte. Ils ont été appelés pour une mission qui doit transgresser les lois de l’inquisition en libérant de sa prison, Eliezer, un ancien maître inquisiteur. Ce dernier est le seul à pouvoir réciter les versets secrets qui empêcheront les dragons rouges de se réveiller et de détruire la cité d’Anderion. En effet, les autres prêtres des dragons rouges ont tous été retrouvés morts et le grimoire détruit.

Un album assez punchy, où on trouve pas mal d’action et un dessin à la hauteur des quatre premiers. Il est signé Sylvain Cordurié et Jean-Charles Poupard pour une première collaboration réussie.

 

Elfes – Tome 13 : Heureux le guerrier mort – note : 6.5/10

La série Elfes s’attache à décrire 5 familles d’elfes (Bleus, Blancs, Verts, Noirs et semi-elfes) au travers d’albums qui leurs sont dédiés. Après 2 cycles, le troisième démarre avec un thème initié dans le sixième tome (2eme cycle) avec la prise de pouvoir de la nécromancienne Lah’saa sur l’elfe bleue Lanawyn. On suit donc la progression des armées de mort de Lah’saa, devenue totalement inarrêtable depuis le tome 11. Mais, il reste peut-être un espoir avec Fall, l’elfe blanc, qui avait pressenti que cette ancienne elfe noire pourrait revenir du néant pour semer l’effroi. Avec son dragon et ses amis elfes Jonesh et Tenashep, ils vont essayer de lui barrer la route.


©Soleil édition 2016.

La série va crescendo à chaque nouvel album et réunit des personnages d’albums précédents ainsi que d’autres séries (le nain Redwin, de la série Nains (voir tome 1)). Pourtant, ce tome 13  est centré sur l’affrontement entre Lah’saa et Fall, d’abord spirituel avant d’être physique, ce qui laisse beaucoup de commentaire et de textes qui finissent un peu par être lassant. Mais tout cela aide à préciser la psychologie des personnages, en particulier celle de Fall, qui finit par en une affaire personnelle. Et on découvre ici le plan final de la nécromancienne. Stéphane Bileau (Les Contes de Korrigans T5 et 8, La Quête du Graal) met en dessin le récit d’Olivier Péru (Zombies, La Guerre des orcs). L’impression qui prédomine est un beau dessin généreux, mais qui paraît un peu à l’étroit dans ce format franco-belge de 48 pages. On frémit de plaisir à l’idée de découvrir cet album dans un format luxe avec de plus grandes cases.

On arrive bientôt à la fin de ce troisième cycle qui doit boucler le sujet Lah’saa. Qu’elle en sera l’issue ? Difficile de le dire, même si on n’ose pas croire que la méchante gagne à la fin.

 

Buck, la nuit des Trolls – note : 6.5/10

Buck, c’est l’histoire d’un chien avec sa niche sur le dos qui part à la recherche d’une petite fille qui a été enlevée par des trolls et qui l’ont remplacée par leur progéniture. Le temps est compté car si la petite fille boit le lait de la maman trolle il sera trop tard. Et le voilà parti en compagnie d’un bébé troll qui lui en fait voir de toutes les couleurs.


©Soleil édition 2016.

Adrien Demont met en image un conte nordique sombre dans une sorte d’hommage aux peintures du norvégien Theodor Kittelsen (1857-1914). Le récit se déroule en pleine nuit, dans une campagne enneigée. Les gens ont peurs car certains de leurs enfants n’ont pas eu le temps d’être baptisés et seront alors emmenés par les trolls. Seul moyen de les tenir à l’écart, faire tinter une clochette. On sent le poids de la religion qui s’oppose à celui des croyances. Le récit a quelque chose d’enfantin, un peu humoristique, avec le chien en mode tortue dont on se sait ni d’où il vient, sauf qu’il arrive de l’océan, ni pourquoi il a cette niche sur le dos. On ne connait pas, non plus, son nom qu'on devine juste grace au titre de l’album. Et comble de malchance, le chien n’a pas le don de la parole. il aurait pu nous éclairer sur ses questions qui ne plombent pas pour autant le récit, vu qu’on est dans le fantastique et l’onirique. Les lecteurs que nous sommes s’en accommodent. Reste aussi des dessins d’une grande beauté mais parfois extrêmement sombre ce qui rend difficile la compréhension des actions et des expressions des personnages.

Si les deux premiers tiers de l’album ne sont pas très réjouissants à cause du pessimisme ambiant, à l’exception du bébé troll qui s’amuse à énerver Buck, le dernier tiers donne un peu plus de baume au cœur avec une fin assez émouvante.


Les couvertures des 3 albums - ©Soleil édition 2016.

 

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