LE LOMBARD : Klaw T5, Les jours heureux T1, Isabellae T4, Drones T1

/ Critique - écrit par plienard, le 21/09/2015

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Un peu d’histoire contemporaine, de la guerre fiction (quoique), du super-héroïsme à la française et des esprits celtes et nippons, c’est tout le talent des éditions du Lombard lors du mois d’août qui s’exprime.

Klaw – Tome 5 : Monkey – note : 7.5/10

Le super-héros made in France est de retour dans un cinquième album qu’on pourrait appeler comme celui de la maturité. Ses auteurs, Ozanam et Joël Jurion apparaissent au meilleur de leur forme pour cet album qui réserve quelques surprises.


©Le Lombard édition 2015.

On retrouve évidemment Ange qui a mûrit depuis ses mésaventures en Chine (voir tome 4). Plus apaisé, il s’est refait une nouvelle vie à Paris, plus discrète, mais ses velléités de faire respecter la justice sont toujours présentes. Et les moyens qu’il utilise sont maintenant moins criants. Il fait bien car ses ennemis n’ont pas abandonné de le retrouver et pour cela le dhizi du chien va leur être grandement utile.

Les albums s’enchainent et c’est chaque fois une nouvelle surprise. Si le retour du personnage d’Oswald Jones qui a quelques comptes à régler avec Ange Tomassini, n’en est pas vraiment une – le retour de l’ennemi viscéral du héros est un peu convenu dans la BD – le traitement de ce personnage l’est beaucoup plus. Avec un scénario toujours aussi original, la série continue le second cycle sur les chapeaux de roue.

Un personnage plus serein, de nouveaux personnages plein de mystère – le chien, le taureau, le singe – un humour toujours aussi présent et distillé à bonne dose sans altérer le côté thriller de l’intrigue, il ne reste plus qu’à Joël Jurion à nous épater. Le dessinateur ne s’en prive pas avec son dessin plein de force et un découpage ambitieux et clair. Il ne reste plus qu’à attendre le tome 6 avec impatience.

 

Les Jours heureux – Tome 1 : Expo 58 – note : 7/10

Après Les Temps nouveaux et Après-guerre, deux diptyques de Warnauts et Raives dans la collection Signé du Lombard, les deux auteurs remettent ça et prolongent notre plaisir.

Les jours heureux sont leur nouveau diptyque dans lequel on retrouve Thomas en 1958, en plein Congo et qui vient d’apprendre la mort imminente de Rose, la femme qui l’a élevé. Il rentre donc en Belgique, en pleine exposition universelle, et va y retrouver sa fille Bernadette, le père Joseph et quelques-uns de ses anciens amis qu’il avait quitté à la fin de la guerre.


©Le Lombard édition 2015.

Nouvelle époque, nouveaux problèmes. Warnauts et Raives explorent la fin des années 50 et son immense élan de fraternité symbolisé par l’exposition universelle de Bruxelles. Mais la réalité est plus cruelle et les tensions politiques de l’époque n’ont rien à envier à nos problèmes actuels : guerre d’Algérie, guerre froide, velléités d’indépendance dans les colonies ... Et bien entendu, nos personnages vont s’impliquer dans ces conflits.

Ces albums sont l’occasion de faire un point sur l’actualité d’une époque avec ses rêves et ses tristes réalités. Mais aussi de voir et revoir le superbe coup de crayon de Raives qui n’est jamais meilleur que dans les représentations de paysage de campagne, et surtout ceux de ses Ardennes belges. Un dessin de rêve (Raives) en quelque sorte.

Et s’il y a encore une personne qui ose vous prétendre que c’était mieux avant, invitez la à lire les albums de Warnauts et Raives dans la collection Signé et peut-être qu’elle changera d’avis.

 

Isabellae – Tome 4 : Sous le tombeau de 500 rois – note : 7/10

Comme tous les mois d’août depuis quatre ans, on retrouve la belle Isabellae, la mercenaire nippone aux cheveux rouges d’origine irlandaise par sa mère. Un melting-pot intéressant quand on sait que tout cela est raconté et scénarisé par deux espagnols, Raule et Gabor.


©Le Lombard édition 2015.

 

Et c’est un nouveau cycle qui démarre avec ce quatrième album. Isabellae, et ses compagnons, ont quitté le Japon pour se rendre sur l’île d’Eire, comprenez l’Irlande, autre pays aux fortes traditions ancestrales. Ils tombent en pleine guerre entre Jean sans Terre aidés de ses mercenaires normands qui s’opposent aux rois irlandais.

Un nouvel album épique des deux espagnols où qualité rime avec originalité. Pourtant, l’intrigue a tendance à se complexifier avec la guerre entre irlandais et anglais et le lien avec le destin d’Isabellae. Une grosse part de mystères parcourt cet album qui ne donne aucunes réelles réponses. On espère en avoir quelques unes dans le prochain album, en aout 2016 (?).

 

Drones – Tome 1 : Le feu d’Hadès – note : 7/10

Et si on jouait à la guerre ? Tel pourrait être le sous-titre de ce premier tome de la nouvelle série BD de Sylvain Runberg et Louis chez le Lombard qui réunit plusieurs faits d’actualité pour une histoire tout à fait originale.

Louise Fernbach est une militaire d’un genre nouveau. Nous sommes en 2037, elle fait équipe avec deux autres personnes, Jewell et Sam, en tant que pilote de drones. Ils ont pour mission de déloger un terroriste catholique, Yun Shao, qui réclame l’indépendance de la province de Qinghai.


©Le Lombard édition 2015.

BD d’anticipation ou pas ? L’avenir nous le confirmera peut-être rapidement. L’actualité nous laisse à penser que la guerre à distance a bel et bien commencé. Ici les auteurs vont un peu plus loin et s’interroge sur le comportement des utilisateurs de cette technologie. Comment vont-ils réagir ? Le fait d’être comme dans un jeu vidéo va-t-il leur enlever tout sentiment de culpabilité ?

Et tout ceci n’est qu’une petite partie des sujets que soulève cet album ! L’ingérence dans un conflit extérieur, la défense d’intérêts économiques, le terrorisme religieux, les sujets sont multiples et nous renvoient à notre actualité brulante.

Cependant, les auteurs prennent bien soin de rester distants avec notre actualité, même si les allusions sont évidentes : l’intégrisme religieux est ici catholique et la région destabilisée est une région chinoise.

Dans cette bande dessinée, le dessin de Louis s’exprime à loisir et efficacement. On a bien l’impression de retrouver Tessa (voir ici), son agent intergalactique dans les traits de Jewel, mais c’est sur Louise que s’attarde l’album.

 Un bon premier album pour un diptyque annoncé.

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