8/10Mélusine - Tome 17 - Sang pour sang

/ Critique - écrit par riffhifi, le 21/05/2009
Notre verdict : 8/10 - La noce feras-tu ? (Ecrivez votre critique)

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Un album centré sur les déboires d'un vampire souffreteux malmené par Mélusine et ses amies incompétentes. Une franche réussite qui prouve que la sorcellerie conserve mieux que le E210, le E242 et le E214 réunis.

La Mélusine de Clarke et Gilson fête cette année ses quinze ans d'existence. Fidèle à Spirou, la mutine sorcière rousse au p'tit bout de nez en l'air ne montre pas encore de signe d'essoufflement. On se réjouit donc de tenir dans les mains ce dix-septième album, d'autant qu'il s'agit d'un des plus inspirés de la série...

Décidant de concentrer la quasi-totalité des gags autour d'une trame commune, les auteurs convient au Château l'oncle du comte Gonzague Hernyvanz. Vampire A en croire le visage de gauche, ça largement assez...
A en croire le visage de gauche,
ça largement assez...
comme son neveu, le tonton a la réputation d'être un affreux barbon, un tyran, et de se traîner la tête du Nosferatu de Murnau et Werner Herzog (les deux cinéastes sont d'ailleurs remerciés en exergue de l'album). Mais lorsque Faësturno (c'est son nom) arrive au château, il se prend une méchante gaufre qui le plonge dans un état catatonique. Blasé mais respectueux de la famille, Gonzague demande à Mélusine, Mélisande et Cancrelune de remettre le vieux vampire d'aplomb. La mission ne sera pas de tout repos...

Au-delà du plaisir de retrouver les personnages de la série, inspirés des classiques de l'épouvante gothique (la mythologie vampirique en tête dans le présent volume), au-delà de la satisfaction de bouquiner un livre de gags qui fasse le double effort de s'attacher à une intrigue et de ne pas être répétitif, il y a une raison essentielle de s'arrêter sur ce dernier Mélusine : il est tout bonnement très drôle. Impeccablement rythmé, il se lit quasiment comme une histoire complète malgré sa parution initiale épisodique, à la manière des dernières saisons de la série TV Kaamelott, qui se consomment aussi bien par petits bouts qu'en vision continue. Mais vous revenez dans le tome 18, dites ?
Mais vous revenez dans le tome 18, dites ?
L'analogie ne s'arrête pas en si bon chemin, puisqu'on peut s'amuser à noter des similitudes entre le vampire blasé et le roi Arthur incarné par Alexandre Astier, ainsi qu'entre la crétinerie ambiante à la Table Ronde et parmi les sorcières du château. Sans pousser trop loin la recherche capillotractée de similitudes, on note tout de même qu'il s'agit dans les deux cas de détourner intelligemment une mythologie connue de tous, sans pour autant chercher à la ridiculiser fondamentalement. Les fans de vampirisme et de fantastique en général (notez le clin d'œil à Peyo, l'auteur des Schtroumpfs) seront à la fois comblés et divertis.

Encombrée de l'assistance pataude de Mélisande et Cancrelune, Mélusine est comme toujours une présence séduisante et attachante, grâce en soit rendue au trait tout en finesse de Clarke, et parvient même à tirer d'irrépressibles sourires sur les quelques pages "hors-sujet" (6 sur 44, rien qui nous fasse oublier bien longtemps la présence de l'impayable Faësturno).

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