7/10Mélusine - Tome 16 - Ballet enchanté

/ Critique - écrit par riffhifi, le 12/05/2008
Notre verdict : 7/10 - Si j’ai Mélusine, j’y travaillerais (Ecrivez votre critique)

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La sorcière bien aimable de Clarke et Gilson a désormais treize balais et seize ballets. Si le sort s'acharne cependant, ce n'est pas sur elle mais sur sa copine Cancrelune. Une sympathique série comique, saine alternative à Harry Potter.

Depuis le milieu des années 90, François Gilson (scénariste) et Clarke (dessinateur) proposent dans Spirou les aventures de Mélusine, la sorcière rousse au grand chapeau vert. Mignonnette comme Samantha Stevens (on l'imagine bien remuer le nez), Mélusine précède de quelques années Harry Potter à l' "école de sorcellerie". Par ailleurs, elle est jeune fille au pair dans un château de Transylvanie, chez un couple composé d'un fantôme et d'un vampire. Elle sort cette année son seizième album, s'acheminant ainsi vers le destin des interminables séries de Raoul Cauvin. Pour l'instant, le niveau suit, mais pour combien de temps encore ?

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Dans Ballet enchanté, l'attention se porte plus sur Cancrelune que sur Mélusine. Comme son patronyme l'indique, la jeune fille est mauvaise élève : incapable de conduire son balai correctement, prompte à roupiller plutôt qu'à cuisiner sa bave de crapaud comme les petits camarades, la pauvre cumule une flemme incorrigible, une incompétence dramatique et un physique disgracieux. Autant dire qu'en terme de gags, elle pique rapidement la vedette à Mélusine, qui se contente le plus souvent de lui servir de faire-valoir humoristique. Pour compenser, cette dernière s'en va rôder à côté de la falaise maudite, celle où les gens font la queue pour se suicider. A l'occasion, elle doit également échapper à la horde de fanatiques qui la poursuit pour la brûler.

Comme toujours, Gilson et Clarke se tirent habilement des dangers de ce genre de série : la répétition, le tournage en rond, le pompage chez les voisins... Ici, on
s'amuse assez franchement des sujets liés à la sorcellerie, sans faire de hors-sujets ni trop de bégaiements. Le dessin de Clarke, facilement reconnaissable, sait rendre les personnages aussi attachants et drôles que séduisants (ah oui ça, il aime bien la désaper la petite Mélusine), et bien qu'on puisse facilement préférer les œuvres dont il est également scénariste (Mister President chez le Lombard, ses mini-séries chez Fluide Glacial), on appréciera à sa juste valeur le relief qu'il donne aux scénarios de Gilson, qui pour sa part est plus inspiré sur Mélusine que sur le Cactus Club qu'il écrit pour Bercovici.

Pour les amateurs de poudre de perlimpinpin, d'incantations abracadabrantesques et accessoirement de nymphettes adeptes de la baignade sans maillot (mais avec toujours un bras au bon endroit, on est dans Spirou et les têtes blondes sont supervisées par des parents vigilants), Mélusine constitue un divertissement à la qualité assez constante depuis une dizaine d'années. Il faut admettre que le mérite en revient majoritairement aux planches de Clarke, très agréables à l'œil et mises en couleurs avec dynamisme par la fidèle Cerise.

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