8.5/10Les Gens honnêtes - Seconde partie

/ Critique - écrit par plienard, le 05/10/2010
Notre verdict : 8.5/10 - A votre santé … (Ecrivez votre critique)

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Philippe Manche arrive en retard chez le proviseur de son fils car il a passé son temps à déguster du vin en écoutant la prose de grands écrivains. Son fils va devoir quitter l'établissement pour intégrer une école hôtelière dans le bordelais.

Philippe Manche est chômeur. Et après avoir joué une bonne partie de ses indemnités, il a tout perdu (Les gens honnêtes, partie 1). Pourtant, Philippe est foncièrement optimiste. Rien ne semble l'affecter plus que de raison. Dans cette seconde partie, on le retrouve devant une bouquinerie tenue par un dénommé Charles. Et un dialogue aussi étrange qu'amusant va s'instaurer entre les deux hommes. Il faut dire que le bouquiniste est sympathique et a une conception assez originale de la lecture des œuvres littéraires qui n'est pour déplaire à notre héros. Pour chaque œuvre correspond un vin : le Côte du Castillon 1998 pour notre dame de Paris, un sauternes château caillou 1989 avec Proust ou Flaubert.


Voilà une bande dessinée qui fait du bien. Si au premier abord, on ne voit pas où les auteurs veulent nous emmener avec cette histoire de chômeur porté sur le côte du Rhône (l'alcoolisme, le chômage, l'éducation des enfants ?), on comprend très vite et on s'enthousiasme (voir on envie) de l'épicurisme et la joie de vivre de Philippe. Là où d'aucun aurait viré alcoolique et dépressif, Philippe, lui, découvre la littérature et devient coiffeur dans le TGV. Alors, bien sûr, la vie n'est pas toujours facile, mais elle est aussi faite de petits plaisirs et c'est ce que l'on découvre dans cet album.

On ne présente plus le scénariste Jean-Pierre Gibrat, l'auteur du Sursis et du Vol du corbeau dans la même collection Aire Libre. Il arrive pourtant à nous émerveiller avec cette chronique familiale réjouissante où le grave (le chômage, la mort) côtoie le léger (l'amitié, l'amour). Il nous régale par ses dialogues sympathiques et nous donnerait presque envie à lire ou relier les grands romans de la littérature accompagnés d'un bon cru (cela va de soi !).


Mais pour faire une bonne bande dessinée, il faut avoir deux bons éléments : un scénariste, mais aussi un bon dessinateur. Et le rôle du bon dessinateur est ici joué par Christian Durieux. Il nous offre un dessin clair et précis, sans esbroufe. Charles, le bouquiniste respire l'épicurisme. Il est tout en rondeur. Les décors et les situations sont traités avec simplicité, mais réalisme. On ressent bien le contexte social, exprimé avec justesse. Mais en aucun cas, il n'alourdit le récit.

Afin de mettre à profit le concept de Charles, osons boire (avec modération) un château la dauphine 2005 avec cet album.

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