8/10Intégrales Dupuis : Lucky Luke - Tome 1

/ Critique - écrit par plienard, le 22/12/2016
Notre verdict : 8/10 - Ce solitaire est un pur joyaux

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C’est la fin des réjouissances pour le solitaire septuagénaire avec une nouvelle intégrale de ses aventures.

Les éditions Dupuis proposent de retrouver les récits de Lucky Luke dans l’ordre chronologique de leur parution entre 1946 et 1949. Avec un dossier d’une grande précision de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, on découvre petit à petit les influences et la mise en place du processus créatif de Maurice de Bevere, dit Morris. Ce premier opus est aussi un petit événement en soi puisqu’il permet de découvrir notamment des planches inédites depuis 1950.

 


©Dupuis .

Arizona 1880 – paru dans le JdS (France) entre octobre 1946 et février 1947 et en album (n°1) en 1950.

Une diligence transportant une réserve d’or se fait attaquer par des bandits qui laissent le conducteur coincé sous le véhicule. Lucky Luke arrive pour le secourir et retrouve par hasard la trace des malfaiteurs à Nugget city.

L’influence des auteurs américains tels Walt Disney ou Elzie Crisler Segar (créateur de Popeye) est ici très visible. Un des bandits n’est pas sans rappeler un certain Pat Hibulaire ou encore Brutus et surtout le trait et la rondeur des personnages font immédiatement penser aux personnages des aventures de Popeye.

 

La mine d’or de Dick Digger – paru dans le JdS entre juin 1947 et novembre 1947 et en album (n°1) en 1950.

Le vieux Dick Digger est tout joyeux. Il vient de trouver un filon dans les West Hills. Mais il ne fait pas preuve de beaucoup de discrétion et deux bandits le dépouille de ses pépites. Sans le savoir, ils emportent aussi le plan d’accès à la mine. Lucky Luke va alors se lancer à leurs trousses.

 

Le sosie de Lucky Luke – paru dans le JdS entre décembre 1947 et mai 1948 et en album (n°1) en 1950.


©Dupuis .

En arrivant à Silverbrook, Lucky Luke a la désagréable sensation que tout le monde l’évite. Il comprend rapide qu’on le prend pour un autre, Mad Jim, récemment mis en prison. Les amis de ce dernier vont se servir de cette ressemblance pour intervertir les deux hommes. Comment Luke va-t-il s’en sortir ? Grâce à Jolly Jumper, bien sûr !

Cette histoire bénéficie, elle aussi, d’une planche inédite depuis 1950.

 

Le grand rodéo – paru dans le JdS entre mai 1948 et septembre 1948 et en album (n°2) en 1950.

Lucky Luke débarque à Navajo city le jour du grand rodéo. La terreur du coin, Cactus kid, compte bien garder son titre mais Lucky Luke va lui montrer qu’il n’a rien à lui envier.

 

Desperado city – paru dans le JdS entre septembre 1948 et février 1949 et en album (n°2) en 1950.

Les deux frères Pistol sèment la terreur à Desperado city. Ils en profitent d’autant plus que le shérif est un incapable et est un joueur patenté. Mais les frangins ne feront pas le poids face à Lucky Luke.

Cette intégrale est l’occasion de découvrir cet épisode avec des cases remises dans l’ordre (et qui avaient été interverties à l’époque). On a cependant un peu de mal à réellement croire que cet ordre soit encore le bon. Outre cette petite anecdote, l’intérêt se trouve au niveau des frères Pistol qui sont, à l’évidence l’ébauche des 4 bandits futurs stars de la série.

 

La ruée vers l’or de Buffalo Creek – paru dans le JdS entre février 1949 et juin 1949 et en album en 1950.


©Dupuis .

Et c’est un Lucky Luke facétieux qu’on découvre dans ces dix-huit planches – dont une inédite, oubliée par les ouvriers de l’imprimerie car Morris avait dessiné sur le recto et verso d’une feuille dans un souci d’économie – celui-ci veut faire une blague à un vieux chercheur d’or. Il lui fait croire que ce dernier a trouvé une pépite. Ce n’est en fait qu’un souvenir de son grand-père. Mais le cow-boy n’aura pas le temps d’avouer son forfait. Le vieux le chasse à coup de révolver, croyant qu’il cherche à le voler et part crier sur tous les toits qu’il a trouvé un filon. La nouvelle se propage comme une trainée de poudre et toute une spéculation se met en place en quelques heures.

Dans cet épisode, Lucky Luke n’est que le déclencheur d’une bêtise qui prend des proportions incroyables. Il sera par la suite spectateur des événements à travers les barreaux de la cellule dans laquelle il a été enfermé.

 

Lucky Luke conte Cigarette Caesar – paru dans le JdS entre juin 1949 et octobre 1949 et en album en 1951.

Le dangereux Cigarette caesar parvient à s’échapper de prison en sculptant une fausse clé dans un bout de bois avec son couteau. Le desperado s’enfuit en direction du Mexique et Lucky Luke, qui a un contentieux à régler avec lui, se lance à sa poursuite. Et malgré tout ses efforts, cigarette Caesar ne parviendra pas à se débarrasser du cow-boy.

Cet épisode vaut notamment pour sa séquence drôlissime de corrida. La période que Morris passa au Mexique durant son épopée avec la famille Gillain et Franquin n’est sans doute pas étrangère à cette histoire. Et si Morris définit de mieux en mieux son propre style, on peut retrouver quelques influences ou clin d’œil à d’autres grands auteurs de l’époque. On pense notamment à cet épisode où Cigarette Caesar se met à acheter toutes sortes d’articles inutiles au señor Gonzalez comme Tintin avec le senhor Oliveira da Figuera dans les cigares du pharaon.

 

Au long de ses trois années, on peut voir que le dessin de Morris évolue peu à peu et finit par se démarquer de ses influences pour trouver le début de son style propre. Si on n’y est pas encore, l’univers, par contre, est déjà bien en place. Dans ces premières aventures, il y a pour l’instant beaucoup de similitudes dans les aventures : des bandits, des chercheurs d’or et le personnage principal, Lucky Luke, n’hésite pas à boire, àutiliser ses points et à dégainer pour tuer.


La couverture de la nouvelle intégrale - ©Dupuis édition 2016.

 

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