Dargaud : Le Rapport de Brodeck T2, XIII T24

/ Critique - écrit par plienard, le 12/08/2016

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N’en déplaise à tous les fans, on attendait avec impatience le dernier tome de la nouvelle série de Manu Larcenet, Le rapport de Brodeck, plutôt que le dernier tome de XIII, le tout chez Dargaud. Au final, on aura passé un bon moment avec les deux albums.

Le Rapport de Brodeck – Tome 2 : l’indicible – note : 8/10

L’adaptation du roman éponyme de Philippe Claudel, le rapport de Brodeck, par Manu Larcenet se termine avec ce second volume. L’auteur de la série Blast continue dans la même veine graphique, dans un style noir et blanc, profondément pessimiste. Il faut dire que le récit n’est pas des plus joyeux : un village charge un de ses habitants, Brodeck, de rédiger un rapport suite à la mort de l’étranger qui avait élu domicile depuis quelques semaines dans l’auberge de la commune. Un compte-rendu des faits arrangé qui doit éviter de mentionner la responsabilité du village, mais Brodeck prépare un second rapport qui reprend la réalité. Mais sa quête de vérité ne plait pas à tout le monde et pourrait le mettre en danger ainsi que sa famille. Et cet événement rappelle d’autres événements tragiques, pendant la guerre, lorsque des soldats arrivèrent dans le village et qu’ils l’emmenèrent dans les camps après avoir été dénoncé par le village.


©Dargaud édition 2016.

Superbe histoire superbement mise en image par Manu Larcenet qui décidemment enfile les BD de qualité comme certains enfile les perles. Son option graphique convient parfaitement à l’atmosphère du récit et lui apporte cette gravité nécessaire, le talent du dessinateur faisant le reste. Avec ses soldats aux têtes toujours dans la pénombre, semblant toujours cracher leurs paroles, ses villageois qui apparaissent toujours méfiants ou en colère, il y a peu de moment de bonheur, voir même aucun. Le récit montre comment l’homme peut être cruel avec ses congénères et on a beaucoup d’admiration pour le recul dont fait preuve Brodeck. Une attitude à méditer dans nos moments troublés.

 

XIII – Tome 24 : L’héritage de Jason Mac Lane – note : 7/10

Alors que les amis de XIII - le général Carrington et le colonel Jones - sont entre les mains d’islamistes, notre héros doit, de son côté, échapper à une tueuse à gages qui veut récupérer les documents qu’il a en sa possession pour le compte d'une mystérieuse fondation. Ces documents prouvent qu’il est le descendant d’un des passagers du Mayflower en 1620, et qui pourraient remettre en cause l’acte fondateur de l’Amérique.


©Dargaud édition 2016.

Dans ce vingt-quatrième album, Jason Mac Lane reprend un peu la main sur les événements. S’il s’interrogeait légèrement sur son identité à cause notamment de son amnésie (depuis 24 albums, hum hum !), il apparaît maintenant plus sûr de lui, comprenant enfin les tenants et les aboutissants (sans pour autant avoir retrouvé la mémoire !). Cela change tout, et le met en position de pouvoir négocier et de ne plus être la proie, mais de devenir le chasseur. Il va bien devoir échapper à la mort dans la première partie du livre, mais il va s’en sortir avec une certaine maestria et de façon très professionnelle. La seconde partie va être moins dans l’action mais les relations de XIII vont s’en trouver profondément modifiées. On en serait presque triste pour lui.

Les auteurs tirent le meilleur de leurs personnages et emmènent XIII sur de nouveaux sentiers dangereux pour une fin qui laisse dans l’expectative.


Les couvertures des 2 albums - ©Dargaud édition 2016.

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