6/10XIII - Tomes 18 et 19

/ Critique - écrit par riffhifi, le 18/11/2007
Notre verdict : 6/10 - La version irlandaise (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 2 réactions

Tomes 18 et 19 : la fin de la saga arrive sans doute quelques années trop tard, enrobée d'un fumet d'opération marketing. Mais reste incontournable.

24 ans. La saga de XIII a été commencée par Jean Van Hamme et William Vance il y a 24 ans. Pas mal pour une série à suspense ; presque trop disent certains, d'autant plus qu'on a longtemps cru que le tome 13 mettrait fin à la saga. Pourtant en 2005, on arrivait au 17ème épisode avec L'or de Maximilien, un récit d'aventures poussif qui faisait regretter que les auteurs n'aient pas eu l'honnêteté d'arrêter les frais quand l'intrigue était encore alimentée par le mystère et la tension. Il n'est jamais trop tard pour bien faire, et c'est avec deux volumes sortis simultanément que Van Hamme met fin à l'histoire, avant de prendre une retraite bien méritée. Deux albums qui forment l'alpha et l'oméga de XIII, puisque l'un est à situer avant le tome 1 et l'autre après le tome 17...

La version irlandaise

IRA cible
IRA cible
Pour le tome 18, Van Hamme fait une infidélité à William Vance et s'adjoint les services de Jean Giraud, qui de son côté n'a pas encore mis fin aux aventures de Blueberry (mais personne ne le lui demande). L'intrigue est centrée sur Kelly Brian, jeune irlandais embrigadé dans les rangs de l'IRA qui raconte sa vie à Jason Fly, jeune Irlandais à la naissance mystérieuse. L'un des deux deviendra l'homme connu sous le nom de XIII ; mais lequel ?...

En tant qu'album de XIII, disons-le tout net, La version irlandaise est d'un intérêt limité. Sans grand rapport avec les éléments des autres albums, il n'apporte qu'une poignée de révélations qui seront de toute façon reprises dans le tome 19. En revanche, il est amusant de voir comment Giraud s'attaque à la série : s'il évite soigneusement de copier le dessin de Vance (ce qui n'aurait eu aucun intérêt), il ne dégaine pas pour autant son trait « Blueberry », bien que Kelly Brian ait de faux airs du lieutenant Mike dans certaines cases. Alors quoi, ferait-il du Moebius, adoptant cette ligne claire mais tarabiscotée qui fit les beaux jours de Métal Hurlant ? Non plus, le style de La version irlandaise se situe entre les deux, tout en étant parfaitement maîtrisée par ce vieux briscard de la bande dessinée. La colorisation, en revanche, manque de subtilité avec ses fonds gris-marron ou verts un peu balourds.

Côté scénario, Van Hamme aborde la question du terrorisme avec la ribambelle de lieux communs attachés au sujet, couplés à quelques poncifs sur l'amitié. Pas de quoi fouetter un canard. En fin de compte, la lecture de cet album à la couverture pourtant superbe n'est à conseiller qu'aux intégristes de Giraud ou à ceux qui mettent un point d'honneur à compléter leur collection de XIII. Les lecteurs qui s'intéressent juste à l'histoire passeront directement au Dernier round.

Le dernier round

Une coupette pour fêter le dernier album ?
Une coupette pour
fêter le dernier album ?
19ème et dernier tome, ce Dernier round, malgré son titre, n'a rien d'un match de boxe. Principalement explicatif, il a pour ambition avouée de sceller le destin des personnages (pour schématiser : les méchants meurent, les gentils se roulent des pelles), de résumer le parcours suivi par le héros depuis sa naissance (quinze identités différentes quand même, il y a de quoi devenir schizophrène). Il a également pour ambition, aussi douteux que cela puisse paraître, de faire la pub du tome 18 ! Cité dans le récit comme The Kelly Brian story, un livre écrit par des journalistes américains (une bande dessinée écrite par des journalistes pour évoquer un sujet d'actualité brûlant, c'est un peu douteux) et publié aux éditions Moebius (ahah le clin d'œil, subtil subtil), La version irlandaise affiche sa couverture pas moins de six fois au cours de l'album ! On essaie aussi de vous revendre le tome 13, The XIII mystery, dont la couverture est montrée deux fois.

Au-delà du côté « panneau publicitaire », Le dernier round est une bonne conclusion, qui arrive peut-être quelques années trop tard pour sauver une série qui avait largement eu le temps de lasser l'amateur d'intrigues bien ficelées. Reste le plaisir de retrouver le dessin de Vance pour le dernier tome, bien que le bonhomme en ait visiblement un peu marre, comme en témoigne la planche 40, qu'un agencement approximatif rend incompréhensible à la première lecture. Et celui, bien sûr, de revoir les personnages une dernière fois et de savoir une fois pour toutes ce qu'ils deviennent. Si vous avez Le jour du Soleil Noir sur une étagère depuis plus de 20 ans, vous ne pouvez décemment pas vous abstenir d'avoir Le Dernier round...

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