Dargaud : Les aigles de Rome T5, Blake et Mortimer T24

/ Critique - écrit par plienard, le 22/12/2016

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Enrico Marini montre, si besoin en était, qu'il est un des grands de ce média avec un nouveau tome des Aigles de Rome. Quand à Blake et Mortimer, ils continuent leurs aventures so british.

Les aigles de Rome – Tome 5 – note : 8/10

Marcus a essayé de prévenir le général Varus de la trahison d’Arminius. Mais il cumule les ennemis au sein même de l’armée romaine et personne ne veut le croire. Arminius, de son vrai nom, Ermanamer, emmène donc les trois légions romaines dans un traquenard où les attendent les germains enfin réunis.


©Dargaud édition 2016.

Enrico Marini est l’auteur complet de cette série qui allie les faits historiques – la bataille de Teutoburg – à la lutte fratricide entre deux anciens amis. Mais d’amitié il n’y en a plus entre Marcus et Arminius, alors devant l’aveuglement de ses chefs, Marcus va chercher à sauver la femme qu’il aime, Priscilla, et son fils, Titus, de la vengeance de Lepidus mais aussi des germains.

On s’enthousiasme devant la volonté du romain à vouloir sauver tout le monde de manière totalement utopique. Le résultat n’en sera que plus dramatique pour lui et ses proches. Ce qui laisse à penser que d’autres albums nous attendent. Et cela est une réelle satisfaction.

Enrico Marini signe et dessine 62 pages magnifiques dont une double page à couper le souffle. Le dessinateur privilégie les grandes cases ce qui est un réel bonheur. Le destin dramatique des personnages est totalement mis en valeur et les scènes de batailles sont légion (romaine !).

La tension monte en puissance à mesure que l’armée romaine pénètre la forêt germaine jusqu’à l’arrivée dans le marais où c’est le déferlement de la bataille. Les personnages sont hautains à souhait et totalement sur les nerfs. Un régal pour le lecteur.

 

Blake et Mortimer – Tome 24 : le testament de William S. – note : 7.5/10

S’il y a 70 ans les aventures d’un pauvre cow-boy solitaire voyaient le jour, d’autres aventuriers prenaient aussi leur envol en débarrassant le monde d’une nouvelle guerre mondiale. Il s’agit bien entendu de ces deux sujets de sa gracieuse majesté que sont Francis Blake et Philip Mortimer. Ils ont, eux aussi, eu droit à  être repris par d’autres auteurs pour le plus grand bonheur des fans.


©Dargaud édition 2016.

Ici, Yves Sente et André Juillard signent leur sixième « Blake et Mortimer ». Très respectueux de l’œuvre d’Edgar P. Jacobs, ils s’attachent aussi à en respecter la chronologie. Ainsi, leurs histoires s’inscrit au sein même de l’œuvre du maître Jacobs ce qui au fil des albums devient de plus en plus compliqué. Les héros sont éternels mais cantonnés à une époque déterminée et très précise.

Dès lors, cette idée de chasse au trésor limitée dans le temps afin de découvrir l’œuvre inédite du plus célèbre dramaturge William Shakespeare prend tout son sens. Nous sommes fin août 1958 et Mortimer a à peine trois jours pour découvrir un écrit caché depuis plus de trois cent ans. Une course contre la montre s’organise entre deux équipes, les stratfordiens (qui défendent la pérennité de l’œuvre de Shakespeare originaire de Stratford-upon-avon) et les oxfordiens (qui réfutent qu’un provincial de Stratford ait pu écrire autant d’œuvres différentes) vont se livrer une course contre la montre. Les premiers sont emmenés par le professeur Mortimer, tandis que les seconds sont pilotés à distance par le fameux Olrik.

J’avoue que je partais avec un léger a-priori négatif pour ce nouvel album des aventures de Blake et Mortimer. En effet, je suis un peu nostalgique du côté scientifique et savant fou que cette série a déjà traité et qui nous faisait rêver. Si les histoires actuelles sont très sympathiques, elles explorent le passé des personnages mais semblent étriquées dans un formalisme. Il y manque un léger grain de folie. Cependant, il faut bien avouer qu’on se laisse prendre par ce contre la montre sans enjeu réel (il n’est pas question de vie ou de mort ou de nation en danger) et on découvre toutes les petites histoires de spécialistes sur l’existence du grand dramaturge anglais : sa réelle identité, son ambivalence sexuelle ... énormément d’allusions qui devraient plaire au fan de Shakespeare et qui vous le ferons découvrir.

Alors évidemment, on est encore loin de nouvelles théories scientifiques, les méchants se sont franchement assagis, mais on passe un bon moment de lecture. On espère juste qu’Olrik va bientôt s’échapper pour se retrouver sur la route de nos chers amis. By jove !


Les couvertures des 2 albums - ©Dargaud édition 2016.

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