7.5/10Les Aigles de Rome - Livre III

/ Critique - écrit par riffhifi, le 11/12/2011
Notre verdict : 7.5/10 - Rome express (Ecrivez votre critique)

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Après Marcus, c’est à son "frère" germain Arminius d’occuper le devant de la scène. Un récit toujours aussi cru, efficacement mis en images par Marini, mais dont le scénario traîne un peu en répétitions.

Pour tous ceux qui ne voient Enrico Marini que comme le dessinateur du Scorpion, le troisième tome des Aigles de Rome vient rappeler qu’il est aussi
désormais un talentueux scénariste, capable de porter sa propre série dans les mêmes rayons que les Stephen Desberg, les Jean David Morvan et les Eric Corbeyran. Tout en restant un artiste de premier ordre.

Il est loin le temps où les Steve Reeves en jupette échangeaient des politesses dans les studios en carton-pâte de Cinecitta. Le peplum moderne, dont les incarnations télévisées s’appellent Rome ou Spartacus, le sang des gladiateurs, est peuplé de personnages fiers et arrogants, dont les coucougnettes surdimensionnées se promènent allègrement chez les représentants des deux sexes. La BD de Marini s’inscrit dans cette mouvance, avec la violence et la rudesse que l’on attend de ce type de récit.

Marcus et Arminius, que l’on a vu grandir dans les tomes précédents, sont désormais des hommes. Tous deux officiers dans l’armée romaine, éprouvant l’un pour l’autre des sentiments fraternels, ils sont pourtant séparés par leurs racines : le premier est un romain pur jus, fidèle à la louve, tandis que l’autre est un barbare arraché à sa tribu, qui ne demande qu’un coup de pouce pour
redevenir Germain…

Après un deuxième épisode centré sur Marcus, Arminius occupe cette fois le devant de la scène, tandis que son "frère" devient une encombrante mouche du coche. D’ailleurs, un petit tour sur Wikipedia nous apprend que Caius Arminius est un personnage historique, un vrai, tandis qu’on peine à trouver une trace de Marcus. La révolte des barbares est en germe (normal, ce sont des Germains), et les complots se multiplient. Comme prévu, politique et espionnage sont au rendez-vous, et la relation entre les deux héros se dégrade : après la rivalité, puis l’amitié, voici que le conflit d’intérêt les déchire. Par ailleurs, leurs vies sentimentales respectives sont jonchées de cruels déboires…

Bien que le scénario de cet opus ait parfois tendance à tourner en rond et à se répéter, en abusant notamment du cliché de l’espion qui écoute aux portes (façon OSS 117 : « il vient de sortir de l’hôtel »), Les Aigles de Rome reste une saga historique forte et bien menée, aussi moderne dans son propos (et dans son vocabulaire, grossièretés comprises) que crédible dans sa reconstitution de l’époque antique.

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