8.5/10Les Aigles de Rome - Livre II

/ Critique - écrit par riffhifi, le 28/10/2009
Notre verdict : 8.5/10 - Rome antique (Ecrivez votre critique)

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Des larmes et du sang, de la virilité et de l'émotion... Marini scénariste donne de la matière à Marini dessinateur, et sa fresque romaine a décidément de la gueule.

Il y a près de deux ans, on vous disait déjà tout le bien qu'on pensait du premier tome des Aigles de Rome, qui marquait les premiers pas de scénariste du talentueux dessinateur Enrico Marini. Cette suite s'inscrit dans la lignée, en projetant le lecteur quelques années en avant et en centrant le récit sur Marcus.

Faites l'amour
Faites l'amour
Devenus grands, le petit Romain et le petit barbare ont suivi des routes divergentes. L'histoire qui les a séparés a pour cœur une affaire... de cœur. La jeune Priscilla, fille de Gaius Aurelius Priscus, fait tourner la tête de Marcus, ce qui n'est pas du goût de son simili-frère Arminius. Le brun se laisse aller à sa nature profondément fleur bleue, alors que le blond aimerait partir à la guerre avec lui. Au-dessus de la tête du premier, le danger rôde sous de multiples formes...

« Si tu t'approches à nouveau de ma fille, je te couperai personnellement les testicules et j'en bourrerai ta grande gueule ! M'as-tu compris, Marcus Valerius Falco ? Ou faut-il que Cabar te le répète à coups de pied ?
- Entends-tu par là que tu refuses ma demande ? »

Ce qui frappe à nouveau dans ce deuxième tome, c'est la volonté de Marini de présenter un monde romain à la fois fidèle à l'imagerie traditionnelle et riche en détails sordides ancrés dans la probable réalité de l'époque. On notera ainsi, outre les écarts de langage régulièrement orduriers, quelques cocasseries comme ce graffiti obscène de la planche 12. Dans ce décor riche et rugueux, foisonnant d'idées de toutes sortes, l'auteur navigue du lupanar rougeoyant à la sombre ruelle bleutée, du large champ de bataille à l'intimité d'une chambre ou d'un couloir. Les personnages sont pleins de vie et de caractère, hommes comme femmes, et ces ... pas la guerre !
... pas la guerre !
dernières bénéficient du traitement habituel de Marini : toutes sont ensorcelantes, de la ravissante ingénue Priscilla à la diabolique nymphomane Morphea. Si on peut regretter de voir le rôle d'Arminius remisé dans l'ombre de Marcus, on oublie bien vite ce grief au regard du réel souffle qui parcourt l'album, opposant audacieusement scènes de sexe et scènes d'amour (planches 32 et 33), cours d'histoire et violence extrême des batailles (planches 44 et 45).

Après le récit initiatique, le romantisme, la chronique sociale et familiale, l'épopée guerrière, la série s'apprête à aborder la politique et l'espionnage. En très peu de tomes, Marini aura réussi à explorer un spectre de genres et d'émotions très large, sans pour autant se disperser ni oublier de rendre attachants ses personnages. Vendu comme une saga épique à l'ancienne, Les aigles de Rome s'avère à la hauteur de ses ambitions affichées, et un peu au-delà.

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