8.5/10Blake et Mortimer - Tome 25 - La vallée des immortels (1)

/ Critique - écrit par plienard, le 07/01/2019
Notre verdict : 8.5/10 - Old school ! (Ecrivez votre critique)

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Il ne vous aura pas échappé que durant l'année 2018 quelques grosses productions n'avaient pas été traitées sur notre site. On rattrape notre retard, tout d'abord, avec ce vingt-cinquième tome de Blake et Mortimer.

En cette nouvelle année 2019, on va vous parler d'un album de … 2018, qui a fait le buzz car il reprend tout ce qui a fait le succès de la série dont il est issu depuis les années 50. Il est l'œuvre d'Yves Sente et des dessinateurs néerlandais Peter Van Dongen et Teun Berserik.

Le scénariste a récemment marqué le monde de la bande dessinée avec son superbe Cinq branches de coton noir (histoire sur le drapeau américain dans la collection Aire libre des éditions Dupuis). Quannt aux deux dessinateurs, ils vous sont peut-être inconnus, leur notoriété se limitant essentiellement aux Pays-Bas. Cependant, Peter Van Dongen a récemment vu son diptyque, Rampokan, réédité dans la collection Aire libre des éditions Dupuis (voir critique ici) et n'est ni plus, ni moins, surnommé le nouveau maître de la ligne claire intelligente. Teun Berserik est, lui, issu d'une famille d'artistes et a notamment était récompensé aux pays-Bas, par son album sur les premières années de Vincent Van Gogh en 2012. Il est aussi reconnu pour ses peintures.

Et c'est ce trio qui se réunit pour le vingt-cinquième tome de Blake et Mortimer, dans la plus grande tradition de la ligne claire ?


©  Blake et Mortimer 2018.

 Blake et Mortimer est une série créée par Edgar P Jacobs en 1950 et qui réunit, dans sa version moderne, 25 albums (dont 12 du maître). Avec Tintin et Alix, Blake et Mortimer est sans doute l'une des séries les plus emblématiques de ce qu'on appelle la ligne claire. Et si la série continue après le décès de Jacobs en 1987, un certain classicisme et un respect profond de l'œuvre demeure par les équipes d'auteurs successives. Ce qui en fait sans doute sa réussite. Autre caractéristique importante, et non des moindres, chaque nouvelle aventure s'inscrit dans l'époque de la série et doit s'intégrer dans la temporalité des épisodes déjà existants. Une prouesse que doivent respecter les nouveaux auteurs. Et c'est ainsi que Yves Sente démarre ce vingt-cinquième tome (mais dix-neuvième aventure) juste après le secret de l'Espadon. Nous sommes directement après la troisième guerre mondiale et encore sur les ruines fumantes de l'empire dictatorial de Basam-Damdu. Mais le monde n'est pas pour autant devenu un paisible havre de paix. En Chine, les nationalistes de Tchang Kaï-chek et les communistes de Mao s'affrontent. Et au sein de cette guerre civile, le seigneur de guerre Xi-Li entend jouer sa partition après avoir appris l'existence d'un manuscrit découvert par hasard lors de la mise en sécurité des richesses archéologiques de la Chine. C'est bien malgré lui que le professeur Mortimer va se retrouver mêler à cette histoire, alors qu'il doit se rendre à Hong Kong pour finaliser la mise au point d'une nouvelle invention destinée à protéger le territoire.

Et c'est une plongée dans le passé totalement réussie que parviennent à instaurer Peter van Dongen et Teun Berserik qui se partagent chacun 27 pages de l'album avec comme "obligation", celle de "copier" le style du maître. Le résultat est assez bluffant et bien malin serait celui capable de trouver une différence entre le dessin de Van Dongen et celui de Berserik. Quant à la présence d'imposantes séquences de texte, que les dessinateurs ont cherché à limiter tout de même, elles sont là aussi pour respecter les premiers albums.

Cette première partie (re-)met en place les éléments et l'environnement dans lequel les personnages vont évoluer. C'est ainsi qu'il faudra attendre la page 19 pour voir apparaître nos deux héros alors qu'Olrik et Nasir auront déjà eu ce privilège. Mas pour que cette "attente" ne soit pas trop longue, le personnage d'Odilon Verjus (de Yann et Laurent Verron) et quelques clins d'œil à l'univers d'Hergé viennent agrémenter un album réussi.

Un retour qui devrait ravir les fans de la série et les puristes devraient y retrouver quelques émotions. Et si vous voulez prolonger la plongée dans cet univers, une exposition Blake et Mortimer se tient à l'abbaye de l'Epau (dans le département de la Sarthe) jusqu'au 27 mars 2019. Une exposition qui reprend les albums d'Edgar P Jacobs jusqu'aux reprises réalisées depuis 1996.

 


La couverture de l'album - © Blake et Mortimer 2018.

 

 

 

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