Soleil de Mars : Badlands, Oracle, Deepwater prison, les arcanes de Midi-Minuit

/ Critique - écrit par plienard, le 18/04/2014

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Un phénomène étrange aux éditions Soleil qu'il convient d'étudier plus en profondeur !

Quatre séries avec pour point commun le chiffre 1. Qu'est-ce que je raconte ? C'est simple, on a trois premiers albums et le tome 11 d'une série bien installée. Ce ne peut pas être un hasard ! Il y a du fantastique là-dedans. C'est sûr. Et avec Soleil, il y a toujours en plus une jolie fille, et un beau mec ...

Badlands, tome 1 – note 6,5/10


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J’ai une faiblesse en ce bas monde. Quand je vois un nouvel album signé Eric Corbeyran, un étourdissement me prend, la fièvre monte et l’envie irrésistible de le lire devient insoutenable. Le créateur du monde des stryges (Le chant des Stryges (15 albums), Le clan des chimères (6 albums), Le siècle des ombres (5 albums), Le maître de jeu (6 albums), Asphodèle (4 albums)) peut compter sur mon admiration absolue et éternelle, mais pas pour autant aveugle. Je reste encore déçu par les 13 albums de Zodiaque.

Il signe ici le premier tome d’une nouvelle série, Badlands, chez Soleil. Perla Ruiz-Tenguillo, une superbe señorita au caractère bien trempé, part à la recherche des secrets que son ancêtre alchimiste, Herman Ruiz-Tenguillo a pu découvrir. Accompagnée d’un géant noir, Sam, de l’indien Meurs-beaucoup et du professeur Labotte, ils vont tenter de percer le mystère du cube donné par un indien pueblo à son ancêtre.

Mise en place énergique avec des personnages aux rapports conflictuels à l’aide d’un dessin tout à fait excellent de Piotr Kowalski (La branche Lincoln). Ce premier tome respire une certaine énergie que la fin semble épuiser d’un coup. En effet, si le personnage de Perla est étonnant dans son comportement, elle comprend les événements avec une facilité déconcertante, et on est loin de la cruche de base des westerns habituels. C’est elle qui porte la culotte et les colts et est capable de décocher un sacré uppercut à n’importe quel homme. Un bon premier album malgré une fin rapide.

 


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Oracle, tome 1 – note 5/10                                     

Est-ce que vous avez aimé la série thématique Elfes (cinq albums sur cinq races d’elfes) proposée par les éditions Soleil ? Les lecteurs ont été au rendez-vous en tout cas car Soleil vous propose, dans la même veine, mais dans un autre genre, Oracle, une série de cinq albums en pleine Grèce antique.

Elle viendra combler le vide (relatif) laissé par la fin de la série elfique (une seconde saison est déjà prévue pour le mois de juin 2014).

Oracle, ce sera cinq albums avec des couples d’auteurs différents. Le fil conducteur entre chacun sera l’oracle, ici, un vieux monsieur aveugle qui raconte des histoires mettant en scène humains et dieux, mortels et immortels.

On débute ce premier récit avec la Pythie (la superbe femme en couverture). On vient la consulter de toute la Grèce antique pour connaître son avenir. Elle est aussi célèbre pour la justesse de ses prédictions que pour sa beauté virginale. Au point que le dieu Apollon la désire. Mais si elle perd sa virginité, elle perd son don ! Cela arrêtera-t-il le plus beau des dieux ?

Cette première histoire est signée Olivier Péru (Lancelot, La guerre des orcs, Nosfératu, Mjöllnir, Elfes ou Zombies) et est dessinée par Stefano Martino (Nosferatu). Olivier Péru qui a dirigé la série Elfes et a permit à Jean-Luc Istin de signer le premier album (le crystal des elfes bleus) voit donc l’ascenseur lui revenir (Jean-Luc Istin est à l’initiative de la série Oracle).

 

L’histoire est plutôt sympathique mais a tendance à donner aux dieux des sentiments trop humains à mon goût et à leur rendre leur aura mythique quand cela l’arrange. Désirs, vengeances, mensonges parsèment cet album qui lorgne sur le mythe de 300 et des spartiates. Question dessin, rien à dire. S’il continue comme cela, Stefano Martino va devenir un dieu du dessin. Si ce n’est pas déjà fait.

 

Deepwater prison, tome 1 – note 8/10

Christophe Bec nous plonge une fois de plus dans les profondeurs de l’océan et de l’âme humaine après Sanctuaire et Carthago.


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Accompagné de son fidèle dessinateur Stefano Raffaele (ils collaborent déjà ensemble sur Prométhée), ils mettent en scène des prisonniers dans la pire des prisons. Deepwater prison se trouve à 900 mètres de profondeur, au fond de l’océan atlantique et il contient les pires assassins qui soient, à quelques exceptions près. Stewart est de ceux-là. Ancien lieutenant de l’armée américaine, il a en effet refusé d’exécuter les ordres et de faire profil bas. Il se retrouve donc injustement au milieu de cet univers avec une peine de 20 ans à purger. Il ne pense qu’à une chose : se faire la belle ! Et les évènements vont peut-être lui en donner l’occasion. Une plate-forme pétrolière vient de s’effondrer non loin de là et une équipe d’enquêteur va investir une partie de la prison.

Le monde futuriste vu par Christophe Bec a toujours quelque chose d’inquiétant et de profondément pessimiste voir cruel. Le point de vue écologique n’est jamais loin non plus. Pour preuve, cette catastrophe écologique avec la plate-forme qui rappelle le drame dans le golfe du Mexique en avril 2010 où la plate-forme pétrolière Deepwater horizon (tient, tient ...) louée par la compagnie BP a explosé. Entre réalité et fiction d’anticipation, cette bande dessinée n’est pas loin de nous faire réfléchir en même temps de nous divertir.

 

Les arcanes de Midi-Minuit, tome 11 – note 7/10

Attention ! Albums importants à venir pour les fans de la série de Jean-Charles Gaudin et Cyril Trichet, Les arcanes de « Midi-Minuit ». En effet, ils vont enfin connaître les origines de Jim et Jenna, les deux principaux personnages de la série. Avec ce tome 11, consacré à Jim et celui à venir durant le second semestre 2014, consacré à Jenna, un pan du mystère qui les entoure va être dévoilé.


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Petit rappel pour les non-initiés. Jim est inspecteur pour les services du roi et sa cousine Jenna, qui tient l’horlogerie le Midi-Minuit, vient lui prêter main-forte pour quelques enquêtes. Mais est-ce réellement sa cousine ? Et chose étrange, on ne les voit jamais ensemble. La raison en est simple. Ils ont un secret et un pouvoir lié aux miroirs et au temps.

Très bonne série des éditons Soleil, dans un style qui mélange le style Victorien du 19ème siècle anglais avec le steampunk (très léger) et le fantastique. On prend plaisir à suivre les enquêtes de ces deux personnages beaux et sympathiques, entourés de personnages secondaires tout aussi intéressants : leur conseiller et biographe Fernand Loyde, le couple Beltran et Marnie ou encore le séduisant Josh.

Cet épisode (et celui à venir) est intéressant pour plusieurs raisons. Il fait le lien avec d’autres albums et il revient sur les origines de chacun des deux personnages ce qui permettra à de nouveaux lecteurs de découvrir cette série avec aisance. Bien qu’il soit aussi possible de démarrer la série de n’importe quel album. Chaque album étant indépendant des autres comme un Tintin ou un Spirou.

Il ne reste plus qu’à découvrir le prochain album sur Jenna.

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