7.5/10La guerre intégrale - 3ème bataille, Le Lombard

/ Critique - écrit par plienard, le 16/06/2011
Notre verdict : 7.5/10 - Mordant de rire (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 8 minute(s) - laisser un commentaire

Troisième dossier sur les sorties intégrales consacré, cette fois, aux éditions Le Lombard. Un brin de retrouvailles avec Cubitus et Michel Vaillant.

Après les intégrales Dupuis et les intégrales Dargaud, il est temps de se consacrer au Lombard. Pas moins de 18 intégrales sont parues ou vont paraître d’ici à la fin du mois de juin :

- les intégrales de Cubitus 1 et 2 ;
Couverture de l'intégrale 2 de Cubitus

- les intégrales de Clifton 1 et 2 et la troisième à paraître ;

- l’intégrale Spaghetti;

- les intégrales de Michel Vaillant 11 et 12 ;

- la quatrième et la cinquième intégrale de Buddy Longway ;

- le cycle d’ostruce ;

- et les magnums de Thorgal (tome 1 à 3), Niklos Koda (tome 1 à 3), James Healer (tome 1 à 3), District 77 (tome 1 à 3), un Ric Hochet avec les tomes 11, 15 et 34 ;

- Johan et Pirlouit n°5 ;

- Jugurtha.

N’écoutant que mon courage et mon abnégation devant l’adversité de ce flot de bande dessinée, j’ai décidé de vous faire partager notre exploration dans le passé de la bande dessinée avec : Cubitus et Michel Vaillant.

1er round : Cubitus – intégrale n°2


DR.
Il est des personnages qui font partie de notre existence, qui semble avoir toujours été là. Cubitus est de ceux-là. Depuis le 16 avril 1968, ce gros chien tout blanc avec une queue jaune fait le bonheur des lecteurs (et de son éditeur). Et c’est tellement vrai que Michel Rodrigue et Pierre Aucaigne ont pris la relève dans Les nouvelles aventures de Cubitus – dont un nouvel album sort le 27 mai 2011 – et ont lancé une série dérivée avec le neveu de Cubitus, le petit Bidule. Il n’est donc pas une année sans que l’on ait l’occasion de retrouver au moins une fois l’univers de Cubitus.

Au mois d’avril, c’est la deuxième intégrale de ses aventures qui est arrivée, regroupant les albums Cubitus pour les intimes, Heureux qui comme Cubitus, Raconte-moi Cubitus et Cubitus tu le fais exprès ou quoi ?, parus entre 1980 et 1983. On replonge donc dans le quotidien du chien le plus drôle au monde. Dupa cultive à fond la bonhomie de son personnage en en faisant un adepte de la bonne cuisine, un invétéré endormi, un éternel chambreur, un érudit, un philosophe, un inventeur, un musicien, un peintre... La liste de ses qualités (et/ou défauts) peut ainsi tenir sur des pages et des pages.


DR.
Et si notre héros canin est la star de cet album, Sémaphore et Sénéchal ont aussi leur rôle et leur moment de gloire. Le premier, qui a adopté Cubitus, n’est rien d’autre que son pendant humain. Même bonhomie, même pelage blanc, on se demande pourtant bien qui est le maître de l’autre ? Car que ne ferait-il pas pour son chien ? Faire la cuisine, aller chercher de la moutarde pour la saucisse, partager sa chambre pour qu’il ne soit pas tout seul... Le second personnage, son éternel adversaire, n’est pas pour rien non plus dans le succès de la série. Bien qu’intelligent et doué lui-aussi de la parole, il est souvent mis en défaut par son gros adversaire blanc. On ne compte plus les explosions, vexations et coups de massue reçus. Pourtant, les deux ennemis sont capables de quelques moments de paix (très courts) comme une partie de pétanque.

Dans cette intégrale, on suivra aussi Cubitus naufragé, ayant de gros problèmes de poids, à la pêche ou à la chasse. Et malgré une ou deux planches incompréhensibles (c’est peu sur plus de 180 pages), l’humour et la bonne humeur sont au rendez-vous.

Dans un bel album au dos rouge et à la couverture couleur bleue (après la couleur jaune du premier), on remarquera aussi la belle qualité de la colorisation de Marcy qui donne toute son identité à la série.

2ème round : Michel Vaillant - intégrale  n°11 et 12

La guerre intégrale - 3ème bataille, Le Lombard
Couverture intégrale 11
Les intégrales 11 et 12 sont respectivement sorties en février et mai 2011. Elles proposent toujours la réédition des aventures de Michel vaillant, dans un ordre chronologique, comprenant en plus toutes les mini histoires et autres albums publicitaires.

On commence l’intégrale n°11 par une suite de mini-séries consacrées aux sports mécaniques – moto GP et cross ainsi que des courses sur glace avec Ils sont venus de l’Est et des courses da catamaran dans L’enfer des 6 heures – et dont Michel ne sera qu’au mieux un spectateur. On va donc suivre les combats du célèbre motard Agostini dans la lutte pour gagner tous les titres en 350 et 500 cc (Ago se rebiffe), pour suivre un autre champion de moto cross (belge cette fois), Joël Robert dans Tiens pardi ! – à remarquer qu’en Belgique, ils ont toujours eu de talentueux « moto crosser » – qui lutte pour affirmer sa supériorité par rapport à un autre champion. Vient ensuite une anecdotique histoire de course sur glace qui ressemble plus à une action promotionnelle de ce sport qu’à autre chose. On retrouvera ensuite deux autres mini-histoires avec Michel et son fidèle ami Steve Warson dans une vaillante, revenant d’avoir disputés un grand prix. La première, Piège pour Steve Warson, nous fait l’article sur les bienfaits et surtout la sécurité sur les autoroutes. Hallucinant ! mais cela s’explique par le fait que c’est une histoire publicitaire commandée par Cofiroute. La seconde histoire, un certain grand prix..., nous emmène dans un futur lointain (un passé proche pour nous !). Michel rêve des grands prix du prochain millénaire (nous sommes en 1977 à l’époque !) avec des voitures à l’électronique embarquées, aux services de sécurité et à la signalisation automatisée, à la sécurité presque optimale des conducteurs. Et par certains côté, Jean Graton fait preuve d’une anticipation impressionnante, notamment sur l’électronique.

La guerre intégrale - 3ème bataille, Le Lombard
En belge dans le texte.
La première grande histoire La révolte des rois est la suite de l’album contenu dans l’intégrale précédente Les jeunes loups. Le jeune Fabio Fabri, grâce à son oncle (mafieux !) est au volant d’une ferrari. Et s’il est particulièrement doué au volant, son comportement laisse à désirer. Mais il devient un adversaire qui oblige les anciens à réagir. Le championnat du monde est à ce prix.

La seconde grande histoire, La silhouette en colère, met en scène le joli couple Yves Douléac et Gabrièle Spangenberg qui vit des instants difficiles. Yves est particulièrement à cran et a des réactions vives avec son entourage. Il en oublie l’esprit d’équipe qui prévaut dans le team vaillante ce qui lui vaut de perdre son volant. Et s’il aura l’occasion de montrer sa grande dextérité au volant, Jacques Vaillant ne comprend pas ce qui a pu changer ce garçon si gentil.

On finit par K.O. pour Steve Warson, dernière histoire de l’intégrale. Par le plus grand des hasards, en tout cas semble-t-il, Steve retrouve Ruth. N’ayant pas dévoilé le secret concernant le père de la jeune femme, Steve l’avait quitté sans rien lui expliqué et un peu à contre cœur. Ces retrouvailles vont rappeler de bons comme de mauvais souvenirs et faire renaître une flamme à peine éteinte.

C’est peut-être une des meilleures histoires de la série alliant à la fois l’univers de la course avec une intrigue amoureuse. Tout y ait. Luc Besson ne s’est d’ailleurs pas trompé, car c’est un des albums qui servira de base à son film Michel Vaillant.

La guerre intégrale - 3ème bataille, Le Lombard
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L’intégrale n°12 nous procure plus de sensations avec quatre grandes histoires et moins de petites. On démarre quand même avec Poker à Zolder où Michel est au coude à coude en championnat avec Jody Scheckter. Notre « vaillant héros » fera preuve de panache. Son action n’est d’ailleurs pas sans rappeler quelques passes d’armes de Schumacher ou Alain Prost (mais bien plus tard).

Le galérien est dans la suite logique de Ko Pour Steve Warson. L’américain a disparu et a abandonné le team Vaillante qui n’a plus qu’une seule voiture à mettre en grand prix. Michel se retrouve donc sans aide. C’est la galère mais pas pour celui que l’on croit.

Le pilote a disparu, deuxième album de l’intégrale, jour toujours sur la disparition de Steve Warson. Cela se passe cette fois au 24 heures du Mans, où Michel est menacé par Ruth et où Gabrièle disparaît dans de mystérieuse condition.

Dans cette douzième intégrale, on remarque que Michel vaillant est très célèbre dans le monde automobile, ou en tout cas, jean graton est respecté par les coureurs pour son sens de la justesse dans ses descriptions de grand prix. D’ailleurs pour les 20 ans de Michel Vaillant, il recevra de nombreuses félicitations des plus grands constructeurs (Henry Ford, Enzo Ferrari) excusez du peu. René Goscinny (un peu avant son décès) se fendra aussi d’un joli hommage à la série et surtout à son ami jean Graton.

 

La guerre intégrale - 3ème bataille, Le Lombard
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Dans l’inconnu des 1000 pistes, Michel reçoit un coup de fil lui annonçant que l’on a reconnu Steve participant au rallye des 1000 pistes. Ni une, ni deux, il part dans le Var pour convaincre l’américain de revenir en F1. Et dans Steve Warson contre Michel Vaillant, Steve affronte Michel sur les circuits de formule 1 dans une lutte fratricide.

Dans les intégrales 11 et 12, on côtoie le bon et le moins bon. Le moins bon vient souvent des mini-histoires commandées pour des projets publicitaires. Leurs discours « donneur de leçons » est assez repoussant. Mais il y a aussi le bon avec quelques histoires sympathiques sur des grands pilotes (moto ou auto) et surtout toute la série des derniers albums donnant à Michel, jacques et Steve une profondeur psychologique plus importante.

Au-delà de tout cela, on s’aperçoit que Jean Graton n’est pas seulement un fan de sport mécanique, il est aussi quelqu’un de reconnu et d’apprécié dans ce milieu pour la description qu’il en fait. A partir de ce moment, on ne peut qu’applaudir le travail effectué.

 

Au final, 11 albums en trois intégrales (sans compter les mini histoires de Michel Vaillant). Si Cubitus n’a pas droit à un dossier digne de ce nom, Michel Vaillant rattrape la moyenne avec toujours une petite note explicative pour chaque histoire et un dossier sur la F1. Difficile de donner une préférence à l’une ou l’autre des intégrales, tant les styles sont différents (l’humour pour Cubitus, l’aventure automobile pour Vaillant). Par contre, l’intégrale 12 est bien plus intéressante scénaristiquement que l’intégrale 11 et le cycle Steve Warson est sans doute un des plus passionnants de la série. Le côté retro est évidemment chez Michel Vaillant – notamment dans son côté donneur de leçon – car chez Cubitus, l’humour et le dessin sont intemporels.

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