Dargaud : Le Janitor T5, Etoile du désert T4, Mémoires de la guerre civile T2, Shi T2

/ Critique - écrit par plienard, le 19/12/2017

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En cette fin d'année, les éditions Dargaud ont été parmi les plus prolifiques en nombre comme en qualité. Et en voici 4 de plus ...

Le janitor - Tome 5 : La crèche de Satan - note : 8/10

Le janitor est envoyé sur une île du Mexique pour repérer les agissements du mystérieux groupe "l'ordre du Renouveau du temple ". Il compte bien aussi demander des explications à ce mystérieux jumeaux qui travaille pour eux. Des anciens nazis, de hauts dignitaires de l'église catholique, des experts en clonage et des gens extrêmement puissants composent cette organisation qui agit en cachette.


© Dargaud 2017.

 Yves Sente et François Boucq signent la fin d'un premier cycle avec brio, digne d'un véritable James Bond. L'enquête de cet agent secret du Vatican sur un vaste complot mondial trouve ici son dénouement. Les auteurs rassemblent les indices semés tout au long des quatre premiers tomes et dévoilent des pans du passé de Vincenzo que même lui ne connaissait pas.

De nombreuses questions trouvent enfin leur réponse mais d'autres restent ouvertes. Cela laisse présager un autre cycle. Et ce serait un plaisir de retrouver les personnages de François Boucq aux gueules incroyables.

 

Mémoires de la guerre civile - Tome 2 - note : 6,5/10

Les récits de Richard Marazano et mis en images par Jean-Michel Ponzio ont toujours une dimension psychologique et sociétale importante, à l'image de leur travail sur des séries, déjà chez Dargaud, comme Le complexe du chimpanzé et Protocole Pélican.


© Dargaud 2017.

 Les confrontations entre deux mondes est, ici, conceptualisée par les Enclaves - où vivent les riches - et les Territoires - des zones de non-droits régulées par les SI (Sections d'Interventions). L'objectif de chacun est bien sûr de vivre dans les Enclaves, et faire ses classes dans les SI peut le permettre. C'est le cas de Vivian, chef de groupe. Mais celui-ci fait un rêve récurrent dans lequel il est "l'élu", le Tiqqun, une sorte de libérateur des Territoires.

Les deux auteurs offrent une nouvelle série un peu complexe dans son traitement et où les scènes d'action apportent une dose de stress importante aux personnages mais les amènent peu à peu à s'interroger sur le sens de leurs actions. Le lecteur découvre cela et tente, à l'image de Vivian, de comprendre ce qu'il se passe réellement.

 

L'étoile du désert - Tome 4 - note : 8/10

Le célèbre diptyque de Stephen Desberg et d'Enrico Marini se voit ici complété d'un préquel sous la forme aussi d'un double album par le même scénariste, mais avec Hughes Labiano aux dessins. Prendre le relais de l'italien Enrico Marini n'est pas chose aisée, mais il a déjà prouvé par le passé, avec Quatre coins du monde (en tant qu'auteur complet, deux tomes chez Dargaud) ou Black Op avec Stephen Desberg que son style réaliste faisait merveille. Il prouve ici qu'il n'est pas un faire-valoir et offre deux albums qui complètent agréablement le diptyque initial. 


© Dargaud 2017.

 Finnsbury, le commissaire aux affaires indiennes a manipulé indiens et cow-boys pour déclencher une nouvelle guerre. Les cow-boys ont fait traverser leur bétail sur les terres indiennes. Les jeunes guerriers indiens, excédés par cette nouvelle provocation, se laissent abusés et attaquent le convoi. Cela se termine par un bain de sang. L'homme de main de Finnsbury, Garth, s'en sort indemne et emmène Étoile du désert pour la vendre. Souffle du matin se lance alors à la recherche de celle qu'il aime. Mais les graines de la violence et de la haine sont définitivement plantées.

Un récit fort et prenant qui vient compléter parfaitement l'histoire initiale. Les fans en seront ravis, les autres auront sans doute envie de découvrir ses fameux deux premiers albums.

 

Shi - Tome 2 : Le roi démon - note : 8/10

Deux femmes, en plein période victorienne, vont vouloir se lever contre le pouvoir hégémonique des hommes et prouver que les femmes ont autant de droits qu'eux. Un courage qui va être sévèrement puni par un mariage forcé pour Jay Winterfield et la prostitution pour la japonaise Kita. Mais ce qui devait arriver arriva et la vengeance des deux femmes va être sanglante.


© Dargaud 2017.

 On ne présente plus Zidrou qui montre, une fois de plus, qu'il est capable d'écrire n'importe quelle histoire, de l'humour au drame, de la vie à l'école d'un cancre aux péripéties de vacances d'une famille belge, de cannibales aux peintres perdus espagnol ou de revendications féministes dans l'Angleterre du XIXème siècle, avec le même talent. Ainsi celui qui a signé des séries comme L'élève Ducobu, Les beaux étés, Les Crannibales, mais aussi Le Client, Lydie, Natures mortes, se lance dans une série aux accents féministes, ou en tout cas lance un appel à l'égalité homme-femme avec en toile de fond une dénonciation du marché de l'armement et des mines antipersonnel en particulier.

Pour ces thèmes forts, un dessinateur qui ne l'est pas moins : José Homs, à qui on doit les séries Jazz Maynard, Millénium, deux dernières séries qui ont mis en avant son talent à retranscrire des situations violentes de façon exceptionnelle.  Il a une réelle aptitude à capter la violence et la folie des personnages pour mieux nous la restituer. C'est parfois cru, mais c'est totalement prenant.

Et après les deux premiers (sur les quatre prévus), vous réfléchirez à deux fois avant de maltraiter une femme.


Les couvertures des 4 albums - © Dargaud 2017.

 

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