Casterman : Le retour en force des héros de Jacques Martin : Jhen, Alix et Lefranc

/ Critique - écrit par plienard, le 30/11/2015

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C’est un mois de novembre spécial héros de Jacques Martin que les éditions Casterman nous proposent avec le 34ième album d’Alix, un nouveau cycle d’Alix senator avec le tome 4, le 15ième album de Jhen et le 26ième de Lefranc.

Alix – Tome 34 : Par-delà le styx – note : 7/10

Série reprise par Marc Jailloux et Mathieu Breda, la série Alix continue à nous divertir autant qu’à nous faire quelques cours d’histoire.


©Casterman édition 2015.

Une reprise extrêmement fidèle au graphisme de Jacques Martin par Marc Jailloux qui officie depuis le tome 32 (La dernière conquête). On reprochera quelques mains (page 18), des bras voir des postures pas forcément très bien représentés, mais le style (perfectible) est bien là. Côté scénario, Mathieu Breda signe une histoire assez palpitante, qui se démarque des aventures précédentes où Alix sauve la vie des princes ou des seigneurs. Ici, c’est son rôle de précepteur qui est mis à l’épreuve et la vie d’Héraklion qui est en jeu. Le jeune adolescent est dans un mal-être qui le ronge. Ses parents sont décédés, Alix n’est jamais là, il cherche des repères et des questions au sens de sa vie. Un Alix un peu plus psychologique que d’habitude, ce qui ne l’empêchera pas d’aller trouver la solution en Numidie en pleine guerre entre César et Scipion.

L’album saura aussi plaire aux fidèles de la série en faisant quelques rappels à d’autres albums comme Le dernier Spartiate, Le Dieu sauvage ou Le Cheval de Troie. Une histoire complète et originale, donc, qui devrait convaincre nombre de lecteur.

 

Lefranc – Tome 26 : Mission Antarctique – note : 7/10

Deuxième héros de l’univers Jacques Martin dans la chronologie de l’auteur – premier album en 1954 – Guy Lefranc part cette fois en Antarctique pour empêcher les nazis de mettre en fonction une « wunderwaffen », une sorte de soucoupe volante qui pourrait leur donner un avantage certain dans une troisième guerre mondiale.


©Casterman édition 2015.

Lefranc s’offre de nouveaux auteurs dans cette histoire on ne peut plus classique. Après 3 albums dessinés par Régric, c’est Christophe Alvès qui reprend les crayons avec François Corteggiani (La jeunesse de Blueberry) au scénario. Un duo qui réussit plutôt bien leur premier Lefranc, malgré une entame qui aurait pu s’avérer catastrophique : quelle idée d’indiquer dans le texte narratif de la première case  « il pleut » alors qu’on le voit très bien dans le dessin. On se dit alors que si tous les commentaires sont de cet acabit, la lecture va être des plus drôles. Ce sera la seule « erreur » de l’album, l’histoire prenant ensuite le pas sur nos préjugés.

Un dessin fidèle, un scénario de bonne facture, et même si on se mange le trio  wunderwfaffen-nazis-antarctique depuis un moment déjà (voir les séries telles que Wunderwaffen ou USA über alles), les fidèles de la série devraient être ravis.

 

Jhen – Tome 15 : Les Portes de Fer – note : 7,5/10

Troisième héros de l’univers Jacques Martin – le premier album paraît en 1998 -, Jhen parcourt une Europe moyen-âgeuse violente et cruelle, sans vieillir. Son secret ? Un certain réalisme et des auteurs qui respectent l’œuvre initiale tout en apportant une touche de modernité.


©Casterman édition 2015.

Les nouveaux auteurs sont Jean-Luc Cornette (Le Sourire de Mao) et Jerry Frissen depuis le tome 14 pour le scénario et un nouveau venu, Paul Teng qui succède à Jean Pleyers, le dessinateur historique. Et par rapport aux deux autres albums des séries créées par Jacques Martin, Alix et Lefranc, c’est sans doute celui qui a le plus évolué dans le graphisme. Et, sans en dénaturer la série !

Venceslas part rendre visite à un ami au monastère de la Sainte-Croix pendant que Jehn l’attendra dans la ville fortifiée de Sibiu. Mais la région est en ébullition. Les ottomans attaquent les villages alentours et le seigneur local n’envisage pas de défendre les pauvres paysans. Sentant son ami en danger, Jehn va partir au secours de Venceslas tout en s’attirant l’inimitié du seigneur.

 

Alix senator – Tome 4 : Les démons de Sparte – note : 6.5/10

Alors que le jeune Alix doit gérer le jeune Héraklion (voir article ci-dessus), le quinquagénaire Alix va retrouver le spartiate pour faire toute la lumière sur la disparition des livres sibyllins que l’empereur Auguste voulait rassembler dans le temple d’Apollon Palatin à Rome et qui auraient été dérobés par des hoplites spartiates.


©Casterman édition 2015.

C’est dans une ambiance particulièrement tendue que ce déroule ce quatrième album d’Alix senator. Entre les questionnements identitaires des jeunes Titus (le fils d’Alix) et Khephren (le fils d’Enak), Alix doit aussi affronter la perfidie de Numa Sadulus et la colère d’Héraklion. Alix tente de calmer tout ce petit monde afin qu’ils ne s’entretuent pas. Il fait ainsi preuve de beaucoup de diplomatie et de politique.

L’album fait ainsi écho au tome 34 d’Alix pour le bonheur des fans et malgré les années, le héros est encore le précepteur d’ado en mal de vivre.

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