Dargaud : Spécial Western

/ Critique - écrit par plienard, le 24/12/2025

Avec Undertaker, Blueberry et Lucky Luke, les éditions Dargaud prouvent que le western fait partie de son ADN ...

Undertaker – Tome 8 : Le monde selon Oz – note : 9/10

Fin du diptyque démarré avec le tome 7, Mister Prairie, où notre croque-mort préféré, Jonas Crow pensait retrouver sa chère Rose. Mais le voilà coincé bien malgré lui entre une femme qui veut avorter, et une femme intégriste qui se prénomme Sister Oz. Elle se prend pour le doigt vengeur de Dieu et s’apprête à abattre le docteur Randolph Prairie, le mari de Rose.


© Dargaud 2025.

 

Un album qui fait froid dans le dos tant Xavier Dorison décrit avec un sens du détail l’ultra-conservatisme de son personnage Sister Oz. Rien ne semble pouvoir la convaincre de l’erreur dans laquelle elle se confère. Elle parvient à chaque fois à justifier son fanatisme derrière des postures religieuses et faussement humanistes.

Dans cet album, on découvre le passé tragique de ce personnage, ce qui permet de mieux la comprendre sans pour autant la pardonner. On navigue entre scènes d’actions, moments tragiques et d’émotion avec un Ralph Meyer excellent, aux dessins enrichis par les couleurs de Caroline Delabie.

Le fanatisme de Sister Oz fait écho au fanatisme qui se réveille dans l’Amérique actuelle, ce qui donne à cet album un côté très actuel.

 

Dakota 1880 – note : 8/10

Les auteurs Appollo et Brüno sont connus pour leurs séries Biotope et Commando colonial, et la tragédie T’Zée. Ils reviennent pour un hommage réussi à un des personnages les plus emblématiques de la BD franco-belge, celui qui tire plus vite que son ombre, Lucky Luke !


© Dargaud 2025.

 

L’album se veut un véritable hommage, premièrement au travers de son titre qui fait référence à la toute première aventure de Lucky Luke (Arizona 1880), et deuxièmement par son découpage qui reprend l’album de Morris et Goscinny, 7 histoires de Lucky Luke.

Plus de 70 ans plus tard, Appollo et Brüno offrent leur vision du personnage en la plaçant chronologiquement avant sa première aventure. Il est le shotgun qui assure la sécurité d’une diligence traversant les Etats-Unis du Nord jusqu’à la Californie. Une sorte de road-movie au cours duquel il va rencontrer divers personnages comme des indiens, des poètes, une femme qui rejoint son futur mari qu’elle n’a jamais vu, Luis Riel défenseur des métis canadiens ou encore une jeune championne de tir Annie Oakley.

Un récit qui se veut dans le réalisme historique et donne à Lucky Luke un côté plus réaliste et adulte, avec "un style d’aventures plus contemplatif, un peu comme le faisait Hugo Pratt avec Corto Maltese".

 

Sur la piste de Blueberry – note : 8,5/10

La série de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud est un célèbre classique de la bande dessinée, accroché au panthéon du 9ème art. Certains albums ont marqué de nombreux lecteurs et d’auteurs de BD en premier lieu. Il n’est donc pas étrange qu’un certain nombre d’entre eux acceptent de rendre hommage à ce qui a sans doute participé à faire d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui.


© Dargaud 2025.

 

Alor et Olivier Bocquet, les auteurs de la série western Ladies with guns, restent dans le même univers et reviennent sur l’enfance d’un Mike Steve Donovan qui lui vaudra son surnom de Blueberry (myrtille en anglais).

Jean-François Vivier, Michel Blanc-Dumont et Jocelyne Charrance imaginent la rencontre entre deux célébrités de la BD western, Jonathan Cartland et Blueberry.

Dans l’épisode de Vincent Brugeas, Ronan Toulhoat, Raphaël Bauduin et Anaïs Blanchard, Blueberry est contraint par une bande de sudistes à honorer la cause en s’attaquant à une diligence transportant une tunique bleue.

Enrico Marini (Le Scorpion) met en scène une Chihuahua Pearl venant porter secours à un Blueberry en fâcheuse posture.

Dominique Bertail voit Mike en sauveur de grizzly quand Fred Duval et Alberto Belmonte invitent des fantômes indiens.

Matz, Philippe Xavier (Le Serpent et le Coyote, L’or du spectre) et Jérôme Maffre envoient Blueberry dans le désert poursuivi par des mexicains qui veulent se venger.

Olivier Taduc met en scène Blueberry à la recherche de Red Neck et Mc Clure pour une petite histoire souriante.

Comme une suite de l’épisode précédent, Jérôme Félix et Paul Gastine reprennent les mêmes personnages complétement saouls avec un drame : Red Neck est décédé.

Thierry Martin imagine une poursuite entre Blueberry et une bande de outlaws qui en veulent à la sacoche qu’il transporte.

Le Blueberry de Félix Meynet (Sauvage) est le sauveur de Rosa et Janet, pour solder une dette ancienne.

Mathieu Mariolle et Alexandre Coutelis emmènent leur personnage dans un récit qui flirte avec le style d’un Corto Maltese.

Vincent Perriot confronte Mike Donnovan à des indiennes Sioux quand Corentin Rouge et Yohan Glémarec closent l’album avec un vieux Blueberry dans une histoire émouvante de paternité.

Tout un panel d'auteurs qu’on a notamment vu sur d’autres albums collectifs de western comme Indians, Go West Young Man, GunMen of the West, Women of the West


Les couvertures des 3 albums - © Dargaud 2025.