Dargaud : Le Grizzli T2, Le mètre des Caraïbes, Boule & Bill T46
Bande Dessinée / Critique - écrit par plienard, le 22/12/2025
Le Grizzli – Tome 2 : Une haleine de cadavre – note : 8/10
Un polar digne des années 60, des dialogues à la Michel Audiard, la toute nouvelle série de Matz, dessinée par Fred Simon, Le Grizzli, surfe clairement sur ces références.

© Dargaud 2025.
Grizzli et Toine se sont rangés de la truande et vivent désormais une vie tranquille loin des ennuis. Mais quand un ami qu’ils n’ont plus vu depuis des années vient leur demander de l’aide, ils ne réfléchissent pas plus que cela. La fille de Bubu a disparu. Majeure et vaccinée, elle s’est faite séduire par un quidam trop beau pour être honnête.
Matz et Fred Simon utilisent des ingrédients et des personnages qui peuvent paraitre « old school » pour certains. Des dialogues de titi parisiens, des personnages, à l’ancienne genre truands avec des « principes éthiques », oui on est dans la caricature. Mais les auteurs nous plongent dans une époque et le public visé a clairement une tranche d’âge affirmée. Mais une bonne histoire reste une bonne histoire et c'ets clairement le cas.
Le mètre des Caraïbes – note : 7,5/16
Les auteurs de La Bibliomule de Cordoue – scénario de Wilfrid Lupano, dessins de Léonard Chemineau & couleurs de Christophe Bouchard – reviennent avec un nouveau one-shot chez Dargaud. Un récit historique non dénué d’humour sur une invention française révolutionnaire !

© Dargaud 2025.
Et c’est en 1999 que les auteurs démarrent le récit. On suit l’échec de la sonde américaine Mars Climate Orbiter, pour ensuite se retrouver en 1794, en pleine mer des Caraïbes, et assister à l’abordage d’un navire par les pirates du capitaine Jacques. Parmi le butin, ils ramènent un botaniste et son drôle de trésor : un poids, une règle et un cube. Le scientifique réclame d’être liberé afin de se rendre en Amérique où il est attendu. Il a en sa possession les mètres étalon d’un nouveau système métrique universel. Fini le pouce, le pied et autre mesure incongrue, place au mètre, au litre et au gramme !
Wilfrid Lupano (Les vieux fourneaux) et Léonard Chemineau traitent avec humour d’un événement historique dans les sciences avec la création du système métrique. Par l’absurde des situations qu’engendrent les unités de mesures diverses, on découvre la puissance de cette découverte et on comprend mieux le point de départ de cet album. Les personnages ont tous un côté foldingue qui apporte le comique.
Boule & Bill – Tome 46 : Peinture à l’os – note : 7/16
La série de Jean Roba fête son 46ème tome avec Christophe Cazenove et Jean Bastide aux baguettes. Une série qui ne prend pas une ride, sans pour autant chercher à faire dans le moderne sans jamais paraître désuète. Un chien, un enfant, deux parents, une tortue et des oiseaux, il ne faut rien de plus pour un album de Boule & Bill. Ingrédient essentiel cependant : quelques bons gags.

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Dans ce nouvel opus, la peinture est omniprésente : de l’expo visitée pour éviter une averse, au talent de Boule à croquer sa mère ou son chien énergique. Mais l’art doit affronter un fléau, celui de la télé. Un média qui sévit aussi dans cette maison, où tout le monde ne peut pas choisir le programme qu’il souhaite. Il faut dire que quand on est un chien capable de jouer aux échecs, de lire le journal, on est en droit d’attendre d’être traité comme un humain. Mais le veut-il vraiment ?
Les albums s’enchainent sans fausse note. Devenue iconique, les auteurs parviennent à garder le sel de cette série.

Les couvertures des 3 albums - © Dargaud 2025.