Dargaud : Warship jolly roger, Griffe blanche T2, Insiders saison 2 et HSE T2

/ Critique - écrit par plienard, le 09/07/2014

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Après un spécial jeunesse chez Dargaud, revenons à des choses plus matures avec de la fantasy orientale, du space opéra, de la spéculation sur l’humain et du trafic de drogue.

Warship Jolly Roger, tome 1 – note 7/10


DR.

Une nouvelle série a vu le jour aux éditions Dargaud. Warship Jolly Roger est un mix entre Blade Runner, Battlestar Galactica, Albator et UW1. C’est dire si elle risque d’en intéresser plus d’un.

Une tentative d’évasion dans le pénitencier de haute sécurité de la planète Tullanium vient d’éclater. Des indépendantistes tentent de libérer trois de leurs leaders. Dans le feu de l’action, les autres prisonniers en profitent. Parmi eux, quatre réussissent à s’évader. Alisa Rinaldi est une rebelle mécano-stellaire. Nikolai Kowalski est un contrebandier. Treize est un adolescent génie en robotique. Et surtout John Tiberius Munro, un ancien colonel de la confédération qui a été sacrifié par les politiques pour se dédouaner des conséquences de leur décision qui a coûté la vie à des civils. C’est dire si ce dernier a une dent contre le système incarné par le président Vexton et qui lui a tout fait perdre, en particulier sa famille.

Sylvain Runberg signe cette sympathique BD. L’auteur de Orbital revient dans la science-fiction avec ces thèmes favoris que sont les dérives politiques.

L’espagnol Miki Montllo est au dessin et a déjà collaboré avec le scénariste sur un tome d’Orbital (sur le hors-série Premières rencontres). Maitrisant parfaitement le découpage de l’histoire, il nous apporte, via des flash-back parfaitement orchestrés et identifiables, toutes les informations nécessaires pour comprendre la psychologie de Munro. Pour les autres personnages, c’est un peu plus complexe. Mais nous aurons certainement plus d’informations dans les prochains tomes.

 

Griffe blanche, tome 2 – note 7/10


DR.

Griffe blanche, Taho-le-vif, le lieutenant Foudre, le conseiller Indara et le mercenaire Kuskal vont se diriger vers Palmyr, la cité du peuple des singes où est retenu prisonnier le seigneur Onaky. Mais il y a de nombreux espions et les rancœurs passées de Taho contre Kuskal qui a tué ses parents ne sont pas apaisées.

Second volet de la nouvelle série médiévale asiatique de Serge Le Tendre et Olivier TaDuc, aux éditions Dargaud, le sujet perd de son aura fantastique par rapport au premier album (bien qu’il reste l’épisode du phénix) pour prendre une tournure plus réaliste. Les personnages ont chacun des secrets et cachent leur réelle motivation.

Un bon second album magnifié par le dessin de TaDuc. Et il est prévu qu’un troisième et dernier tome doit clore ce premier cycle.

 

HSE, tome 2 – note 7.5/10


DR.

La série qui fait froid dans le dos, HSE, propose son deuxième tome aux éditions Dargaud avec une nouvelle jaquette ce qui amène à rééditer le premier album (ceux qui l’on acheté seront ravis).

Pourquoi, cette série fait-elle froid dans le dos ? Ce n’est pas qu’elle contienne particulièrement des scènes impressionnantes. Non, ce serait même le contraire. En fait, c’est la crédibilité du sujet qui donne à cette série toute sa qualité. L’être humain en bourse, on s’étonne qu’un économiste n’y ait pas encore pensé. Xavier Dorison l’a fait. Remarquez, cet ancien diplômé d’école de commerce et de Barclays Corp. sait de quoi il parle. C’est peut-être à cause de cela que cette histoire semble si réaliste tant le monde actuel semble parfois marcher sur la tête.

Aidez du dessinateur Thomas Allart, ils mettent un univers totalement crédible, où l’homme peut être coté en Bourse, Human Stock Exchange (HSE). Il n’est alors plus totalement maître de sa vie. C’est le cas pour Félix Fox, vendeur de voiture, qui veut atteindre la cotation de 300 avant de faire une pause. Mais les actionnaires sont attentifs et le moindre aléa (professionnel ou sentimental) peut faire chuter la cotation.

Comme j’ai pu le dire plus haut, la série a droit à une seconde chance avec une nouvelle jaquette. Cela ne ravira pas forcément les détenteurs du premier tome, mais c’est sans doute un mal pour un bien car la série en vaut le coup.

 

Insiders saison 2, tome 2 – note 4.5/10


DR.

Grosse déception pour ce nouvel album d’Insiders. Najah Cruz, cette fliquette dans la mafia, est en passe de prendre la tête du Grand conseil et de devenir « parrain des parrains ». Pour cela, elle est en train de mettre en place en Guinée Bissau la plaque tournante de la drogue pour arroser l’Europe et ainsi mettre fin à la guerre des cartels mexicain et colombien. Il lui reste cependant de nombreux ennemis, pas tous identifiés, qui vont lui mettre des bâtons dans les roues.

Si les épreuves qu’endurent Najah sont dignes d’intérêts, si l’action est au rendez-vous, si le personnage de Najah devient complexe à souhait – n’est-elle pas en train de tomber du mauvais côté ? – le traitement de tout cela est assez indigeste. Trop de textes explicatifs qui arrivent un peu comme des cheveux dans la soupe, des dessins pas toujours emballants, des situations difficilement crédibles, des personnages caricaturaux (les dirigeants guinéens entre autre), les auteurs en font de trop pour impressionner le lecteur. Le seul intérêt reste le comportement de Najah et surtout la voie qu’elle est en train de prendre.

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