6/10Donjon

/ Critique - écrit par plienard, le 07/05/2014
Notre verdict : 6/10 - Le retour de la fin

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On ne pouvait pas passer à côté du retour de la série mythique de Donjon, même si cela annonce la fin !

Donjon is back ! Ce n’est pas le retour d’un antépénultième jeu en ligne ou d’un quelconque MMPORG, mais bel et bien du projet un peu fou (à l’époque) de Joann Sfar et Lewis Trondheim, initié en 1998.

Le dernier album datait de juin 2009 avec Donjon crépuscule, tome 106 – Révolutions. La série compte trois cycles (Potron-minet, Zénith et Crépuscule), se rapportant chacune à une partie de l’existence du donjon. C’est, au total, 34 albums et 19 dessinateurs à son actif. Le concept rappelle l’esprit du projet de Thomas Cadène avec les Autres Gens – une BDnovela sur le net avec un épisode dessiné par un auteur différent à un rythme soutenu (journalier) et éditée actuellement en parallèle par les éditions Dupuis (10 tomes actuellement) – .

À l’origine, ce devait être 300 albums ! Bon, on en est loin. Au démarrage, c’était l’enthousiasme pour le lecteur. Pensez-donc ! 300 albums annoncés, avec la fine fleur des dessinateurs (Christophe Blain, Blutch, Manu Larcenet, Boulet, Andréas ...). L’idée était innovante, originale et cela promettait un cycle de parution plutôt soutenu. On commençait déjà à faire de la place dans nos bédéthèques. 16 ans plus tard, c’est plutôt la soupe à la grimace (voyez dans cette remarque, la déception d’un lecteur enthousiaste de l’époque, plutôt qu’une critique sur la qualité de la série). Les deux comparses, Sfar et Trondheim ayant été rattrapés par leurs succès respectifs et les projets qui en découlent, n’ont pas pu (ou eu l’envie de) suivre la cadence annoncée. C’est donc avec parcimonie que le lecteur a droit à son nouvel album ses dernières années.

La joie est ici double avec ces deux albums. Les derniers de Donjon crépuscule ? Sans doute. Ils racontent en tout cas la fin de l’histoire. Deux albums dont le déroulement se passe en parallèle avec la vision des événements par des personnages différents.

 


DR.

Donjon crépuscule, tome 110

Alfred, l’auteur de Come Prima (fauve d’or du meilleur album en 2014), dessine cet avant-dernier album où se retrouve le roi Poussière et Marvin Rouge à la lutte pour sauver le monde de l’entité noire.

Alors que l’oxygène vient à manquer car les îlots de Terra Amata s’éloignent de plus en plus, le roi Poussière va à l’affrontement. Quant à Marvin, il fait équipe avec Zakutu et espère bien profiter de la situation, style ‘nous ne sommes plus que les derniers représentants de sexe opposé’. Une opportunité pour cet obsédé sexuel.

 


DR.

Donjon crépuscule, tome 111

Mazan est le dessinateur de ce dernier opus, lui, qui a déjà participé à l’aventure avec le premier tome de Donjon monster.

Herbert de Vaucanson et le roi Poussière vont aller en première ligne, face à l’entité noire. Et face au manque d’oxygène, le seul moyen est de se bourrer la gueule pour Herbert. Ça ne vous rappelle pas un autre canard ?

 

Deux albums assez différents bien qu’ils se déroulent en parallèle. Le point commun des deux albums est ce côté foutraque, où tout s’enchaînement de façon rapide mais pas toujours de manière compréhensible. On est dans Donjon, me direz-vous ! Je rajouterais, c’est même Donjon crépuscule. Cette série a toujours été un peu plus complexe que le reste. Et les deux tomes ne faillent pas à cette impression. Ça manque d’ailleurs parfois de finesse dans le tome 110 avec Marvin et ses allusions sexuelles très claires auprès de Zakutu.

Cette fin du monde, ou tout du moins, de Donjon est un peu décevante. Ça part dans tous les sens. Ce sera parfaitement incompréhensible pour les néophytes (en même temps, commencer une série par la fin, ça n’a pas beaucoup de sens non plus). Tout va trop vite et une nécessaire remise à niveau est à faire pour remettre tous les personnages dans le contexte.

Côté dessin, j’ai préféré celui d’Alfred (tome 110). La raison en est simple. Il nous en a mis plein la vue avec sa belle double page, façon Armageddon ou encore sa pleine page avec l’attaque du roi Poussière. Cependant le style graphique reste très proche entre les deux albums.

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