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8/10Sixella

/ Critique - écrit par Maixent, le 29/11/2020
Notre verdict : 8/10 - Planète rose (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Erotisme et exploration spatiale.

Jeune artiste français, connu principalement grâce aux réseaux sociaux, Janesky signe ici son premier album. Proposant un érotisme soft, des références assumées et une narration favorisant l'image plutôt que le texte pour un style personnel et original.


Schizophrenie érotique

 

Tout d'abord, l'album est beau. Des couleurs qui oscillent entre le rose et le turquoise, rehaussées de quelques points de vert et de jaune pour une ambiance pastel du plus bel effet, conférant à l'album une certaine douceur et en faisant d'emblée un objet esthétique. On est assez proche de l'univers de Mitsuko Swan dans le choix des teintes, permettant de gagner en « mignonitude » tout en étant ouvertement érotique. Est mise en lumière une sensualité psychédélique et hallucinogène qui emporte doucement le lecteur dans des volutes artificielles. Cet aspect rappelant à la fois Druuna dont la réalité même est remise en compte dans un monde dévasté ou encore Little Ego conférant à l'album une irréalité cotonneuse, comme lors d'un rêve érotique qui s'avérerait réel et dont nous prendrions conscience dans un demi sommeil. La ressemblance avec Little Ego ne s'arrête d'ailleurs pas là tant l'image choisie en quatrième de couverture est proche de certaines cases de Litlle Ego, notamment lorsque l'héroïne se multiplie à travers les miroirs et qu'elle finit dans une orgie infinie avec elle-même.
Iris et Sixella

 

L'histoire est assez simple. Sixella, membre d'une mission d'exploration et de colonisation sur une planète inconnue est la seule survivante après une entrée dans l'atmosphère tumultueuse détruisant le vaisseau et les autres membres d'équipage. Iris aussi a survécu, mais s'agissant d'un robot anthropomorphe, on ne peut pas vraiment parler de compagnon même si un réel attachement va naître entre les deux rescapés. Une relation qui rappelle sans l'ombre d'un doute celle de Aude et Ulysse dans La survivante de Paul Gilon auquel Janesky rend hommage jusque dans le dessin, Iris étant assez proche dans la conception de Ulysse. Avec un design plus contemporain et moins rigide, autant de savoir faire pour donner du plaisir à son amie et ne souffrant pas de jalousie psychotique. Bien loin de l'Aldebaran de Léo et d'une vision extra-terrestre fantasmagorique et bizarrement crédible, nos deux héros vont rencontrer d'autres formes de vie, semblables physiquement à Sixella, mais aussi des tentacules lubriques douées d'intelligence sorties tout droit des meilleurs hentaïs.


Tentacules

 

Janesky a réussi à donner vie à une héroïne à la fois moderne et datée. Avec des cases sorties tout droit de Ulysse 31 qui cohabitent avec un rythme et un choix de cadrage contemporains, on a tout de suite la sensation d'entrer dans sa zone de confort, en s'accrochant à quelque chose de connu. Et pourtant on est happé dans ce monde, guidé par la ravissante Sixela, sa chevelure bouffante et sa frange de petite fille. On a l'impression de tout connaître, d'avoir déjà vu ce monde, mais Janesky arrive à nous faire croire que ce n'était qu'un rêve dans lequel on se sentait bien et non pas le plagiat éhontés de références digérées jusqu'à l’écœurement. Un véritable tour de force pour une première œuvre.

Un ouvrage réussi bien qu'un peu court, mais c'est sans doute parce qu'on a envie d'en voir plus. Pour cela, il y a instagram.com/a_janevsky

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