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6.5/10Little Ego

/ Critique - écrit par Maixent, le 15/08/2011
Notre verdict : 6.5/10 - I have a dream (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - laisser un commentaire

Une ligne claire maîtrisée, un dessin calibré et un érotisme sympathique. Little Ego n'est pas une révolution mais un travail honorable et agréable.

En 1905, l’Américain Winsor McCay publie dans le New York Herald la première vignette d’une œuvre visionnaire de la bande dessinée, Little Nemo in Slumberland. Nemo est un enfant de six ans qui chaque nuit vit des aventures merveilleuses dans ses rêves à la recherche d’une Princesse, traversant des mondes irréels à bord de son lit capable de marcher. Servie par un trait précis, chaque planche se conclut par le réveil de Nemo et son dur retour à la réalité. Remarquable aussi bien dans le fond avec des lectures multiples et parfois très sombres dérivées de la psychanalyse permettant à Little Nemo d’être beaucoup plus qu’un simple conte pour enfants que dans la forme avec une nouvelle façon de penser la construction de la planche, beaucoup d’artistes s’en sont inspirés pour leur propre création, que ce soit Moebius ou Art Spiegelman.

Bien entendu, le petit monde de l’érotisme, spécialiste en parodie, ne pouvait pas
S'envoyer en l'air
rester en retrait et à l’instar de Pinocchia ou Pétassine, est née Little Ego. On pourrait considérer Little Ego comme un pastiche, mais il s’agit en fait plus d’un hommage. Vittorio Giardino ne se moque pas de ce classique de la bande dessinée, mais réinterprète celui-ci en intégrant un élément essentiel du rêve, la sexualité. L’héroïne est ici plus âgée et ses rêves sont surtout des fantasmes issus du subconscient de la belle ingénue.
Si dans une première partie, l’album ne met en avant que de courts rêves décousus, la pensée de Little Ego se structure petit à petit, avec des personnages récurrents et un suivi narratif qui entraîne le lecteur dans les paysages exotiques de l’orient des Mille et Une Nuit.
Tout comme dans la version originale, la page de BD
est ici appréhendée dans son ensemble, créant une harmonie cohérente. L’auteur n’hésite pas à briser les lignes et à proposer des
Des fantasmes parfois étranges
phylactères aux arabesques graciles qui participent de l’effet onirique. De même, le dessin à la ligne claire est travaillé offrant des corps graciles presque enfantins, qui fonctionnent avec l’utilisation de couleurs chaudes.
On reste dans l’érotisme bon enfant avec une certaine douceur malgré une scène de zoophilie absurde mettant en scène un crocodile. L’auteur insiste surtout sur le rêve et non pas sur le cauchemar même si notre héroïne subit quelques mésaventures.
Au final, c’est un album tout à fait sympathique et gentillet, une parodie soft et respectueuse d’un monstre sacré de la bande dessinée à lire au calme avant de s’endormir.

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