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9/10Mes Rosées du matin

/ Critique - écrit par Maixent, le 23/12/2018
Notre verdict : 9/10 - Rose profond (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

La vie en rose d'un maître et de sa soumise.

L’auto-édition réserve parfois d’excellentes surprises. C’est le cas ici de Mes Rosées du matin, qui aurait pu passer inaperçu mais dont la force graphique attire l’œil immédiatement. L’ouvrage, réalisé par une jeune auteur lyonnaise prometteuse et autodidacte connue auparavant sous le nom d’Audrey Bianco, et maintenant comme Mitsuko Swan, prouve qu’une autre voie que l’édition traditionnelle est possible, notamment dans le monde restreint de l’érotisme et de la pornographie. Elle fait maintenant partie du catalogue GDBM toujours dans cette même optique de faire vivre le livre autrement, notamment grâce au financement participatif.


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Objet hybride, Mes rosées du matin propose d’une part un panorama du travail de l’auteur avec des dessins pleine page, mais aussi de véritables histoires de BDSM, ou plutôt de DS. Dans un style japonisant, mais propre à l’auteur qui a su s’approprier les codes pour mieux les détourner selon ses propres envies, les illustrations sont proches du travail que l’on peut trouver sur Etsy ou Tipeee, Mitsuko Swan ayant parfaitement compris un mécanisme commercial lié à internet, proposant, aussi bien des goodies que ses œuvres originales. Et si Rosées du matin a sur certaines pages un aspect catalogue d’exposition, cela n’entache rien à la beauté des aquarelles qui, sur une pleine page révèlent toute leur beauté. Trois historiettes sont présentes dans l’album mettant à chaque fois en scène un couple en train de baiser passionnément, dépassés par le don de soi dans des pratiques DS sans concession. Pour rappelle, les pratiques DS sont issues du sigle BDSM qui peut (ou pas) se décomposer ainsi :

BD : Bondage et Discipline

DS : Domination et Soumission

SM : Sadisme et Masochisme
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On y retrouve un couple hétérosexuel, le maître et la soumise dans une réelle intimité, faisant participer le lecteur à leur jeux sans aucune pudeur, voire même avec une certaine fierté. Sous les ordres du maître, qui mène cette danse érotique sans faillir, on ressent la montée du désir et du plaisir, la liberté par la contrainte. Dans la première histoire, le maître pousse la soumise à l’excitation jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus. Contrainte de l’attendre dans un placard elle doit, par ses mots et le choix de ses vêtements, donner l’envie au maître de l’y rejoindre, ce n’est qu’à cette condition qu’elle aura le droit d’atteindre l’orgasme. L’auteur a fait le choix de ne pas sacrifier au décorum bdsm traditionnel si ce n’est un attrait certain pour le shibari et quelques instruments de contrainte. Notamment le collier, apanage de la soumise qu’elle porte avec fierté et qui est présent dans l’ensemble de l’album. Ce choix de ne pas se plier aux règles est d’autant plus significatif dans le code couleur, loin du rouge et du noir que l’on peut voir habituellement. Ici, tout est rose, d’une douceur renforcée par l’aquarelle qui contraste avec la violence, non pas des actes, mais de l’expression de la passion des protagonistes. Une violence également des dialogues, allant souvent jusqu’à l’insulte, dans un besoin d’éructer un plaisir inconditionnel qui ne peut se contenter du langage courant.

Ces êtes sans yeux, dont pourtant le regard transperce l’âme, parviennent non seulement en quelques planches à faire basculer le lecteur dans la dimension du subspace, cet univers réservé à la soumise où plus rien n’existe que la puissance du ravissement et à l’instar de celle-ci dans la dernière case, on en redemande encore…

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