5/10Conan - Intégrale 1982 - Un peau bête ?

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 06/02/2014
Notre verdict : 5/10 - Nul intégrale ou presque !

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Une intégrale consacrée aux aventures parues en 1982 de Conan le barbare. En soi, c'est une bonne chose mais à réserver aux grands fans tant le contenu s'avère décevant.

Une intégrale consacrée à Conan le barbare est forcément le genre de lecture que j’affectionne. Même si certains passages de ma dernière lecture ne m’avait pas convaincue, le fil rouge de l’album était suffisamment plaisant pour valoir le détour. Ici, Buscema qui était largement mis à contribution dans les précédentes intégrales, va laisser le champ libre à d’autres artistes. Pour le meilleur et pour le pire ?


Extrem Makeover ! 

 

Le pire, autant mettre les pieds dedans maintenant. Car il faut bien le dire, dans l’ensemble, on est déçu au cours de cet album. Nous n’avons pas de grand souffle épique et la succession d’aventures est de qualité variable. La faute en partie à Fleisher qui nous signe les histoires les moins inspirées de l’album. La quête du métamorphe par exemple montre Conan aux prises avec un alien extra-terrestre. Si Conan ne paraît pas offusqué de découvrir l’existence d’aliens tueurs, il expédie la fin en deux coups de cuillères à pot et l’héroïne est pénible à souhait. Ce qui sauve ce récit, c’est le travail de Buscema qui nous permet de rêver un peu. Alors que dans Le temple de la créature aux 12 yeux et l’Antre de la chauve-souris, le dessin ne vient pas rattraper la pauvreté du scénario. Dans le premier, Conan est poursuivi de façon ridicule par un pirate qui finira avec une arme spéciale remplaçant sa main tandis qu’une statue prendra vie pour les attaquer. Kitsch à souhait, on se croirait dans Conan le Destructeur tant tout s’enchaîne de façon niaise et ridicule. Dans le second récit, sûrement pour des raisons de travail à rendre en vitesse ou pour compléter un album à la dernière minute, nous avons un dessin qui ressemble à un brouillon. Alcala, qui a massacré l'histoire précédente, semble avoir été remplacé ou aidé au pied levé par Buscema, Villamonte et Chiodo d’où un sentiment de travail préparatoire sans unité et grand intérêt. L’histoire ne déchaînera pas non plus les passions avec un clan cavernicole qui a maîtrisé l’usage de chauve-souris géantes.

Heureusement, tout n’est pas à jeter avec Fleisher. Dans le Peuple des ruines, le dessin de Buscema et Chan renoue avec le style graphique bien connu de la saga Conan. Pour l’histoire, si l’on regrette le manque de développement et la bêtise de certains personnages (comme les villageois), il est intéressant de noter que pour une fois, Conan va fuir le combat plutôt que de se jeter dans un quinze contre un comme il aurait pu le faire normalement. D’ailleurs, il va même réussir à tuer la plupart des méchants (dont le chef) juste avec un piège. Rien que pour cela, cette aventure surnage parmi les travaux précédents de Fleisher.


Errol Flynn vs Conan ?

 

Deux récits survolent dans cet album. Le premier, écrit par Bruce Jones, est le Colosse de Shem. Conan enquête sur une créature gigantesque et nous suivons la vie de deux villes que tout oppose. L’une semble un paradis avec ses jardins, ses belles femmes et ses mystères tandis que l’autre est peuplée de créatures difformes et ressemble à un champ de ruine dirigé par un sorcier fou. Si la chute de cette aventure est inhabituelle, il demeure une certaine poésie qui ne laisse pas indifférent. Conan est aussi philosophe que combattant dans cette histoire et s’il demeure un peu trop stoïque à mon sens, je me dis que c’est sûrement pour laisser plus de place pour les autres protagonistes et pourl’intrigue. Tout cela est tenu de mains de maître par John Buscema et Ernie Chan qui maîtrisent leur sujet quand il s’agit du Cimmérien. La seconde trame à mériter un détour est la Dame des neiges d’argent. Le pitch est relativement simple : Conan débarque dans une ville pour vendre ses fourrures et il se retrouve rattrapé par le destin. En effet, une belle et énigmatique femme doit être ramenée dans les terres glacées dont elle est issue. La damoiselle est pour l’occasion, poursuivie par un groupe de sorciers malfaisants dont la cruauté n’a d’égale que leurs pouvoirs. Si l’histoire demeure simple mais efficace, ce sont les dessins de Mayerik qui font toute la différence. Habiles jeux d’ombres et de lumières, les séquences montrent une réelle maîtrise et possèdent un impact indéniable.

Néanmoins, cela ne sauve pas cette intégrale dont les histoires manquent de lien et de mordant. Quant on sait que les meilleurs moments appartiennent au début de cet album, on trouve l’hiver cimmérien bien rude aux côtés du barbare.

 
Conan vient de relire son album et il est énervé ! 

 

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