Game Over – Tome 25 - The Snow Must Go On
Toujours plus loin, parfois trop loin
Vingt-cinq albums que le Petit Barbare tente désespérément de sauver une princesse qui semble avoir été programmée pour mourir. Pour ce nouveau Game Over, Midam, Patelin et leur équipe sortent pourtant la grosse artillerie : neige, glace, yétis, sapins, pièges et quelques bonnes vieilles idées complètement foireuses. The Snow Must Go On ne révolutionne évidemment pas la formule. Mais après vingt-cinq tomes, le véritable exploit consiste peut-être simplement à continuer à faire rire avec un personnage qui finit systématiquement en morceaux.
Il faut quand même saluer la performance : Vingt-cinq albums que ce pauvre Petit Barbare traverse les niveaux d’un jeu vidéo avec une espérance de vie comparable à celle d’un moustique dans une salle de cinéma. À chaque fois, il avance. À chaque fois, il croit avoir compris. À chaque fois, il se fait trucider. Et à chaque fois, on recommence. Bienvenue dans Game Over, série dérivée de Kid Paddle qui a depuis longtemps acquis sa propre mécanique : un héros muet, une princesse pas franchement plus futée, des Blorks particulièrement inventifs et une succession de pièges dont la seule véritable règle est de ne jamais laisser le héros en sortir vivant.
Pour ce 25e épisode, Midam, Patelin, Adam et BenBK nous offrent donc The Snow Must Go On. Un titre qui annonce une ambiance hivernale… même si le froid n'est finalement au rendez-vous que dans une poignée de gags.
Le principe reste inchangé : une quarantaine de gags, quasiment tous construits sur la même mécanique implacable et sans aucun dialogue. C'est probablement ce qui reste le plus impressionnant dans cette série. Tout passe par le dessin, les expressions, la mise en scène et surtout cette formidable capacité à faire comprendre en quelques cases que le personnage vient de prendre une décision catastrophique.
Après vingt-cinq tomes, il devient compliqué de prétendre que Game Over révolutionne encore le gag en une planche. La série fonctionne désormais davantage comme un vieux piège que l'on connaît parfaitement mais dans lequel on aime quand même tomber. On sait comment cela va finir. On ne sait simplement pas comment. Et c'est là que réside encore l'intérêt.
La véritable surprise de ce tome est , comme souvent, à chercher du côté de l'objet lui-même. La couverture blanche de The Snow Must Go On paraît presque vide. Puis, en inclinant l'album, les éléments apparaissent grâce à un effet brillant : titre, personnages et Blorks surgissent progressivement. Une idée amusante, mais pas totalement originale, si on se rappelle à la couverture noire du tome 7 - only for your eyes - où apparaissent les éléments .... en inclinant l'album.
Les créatures hivernales apportent quelques variations amusantes, mais le tome ne repose pas exclusivement sur elles. La neige sert davantage de décor que de véritable fil conducteur, et plusieurs gags s'aventurent même vers la science-fiction ou des mécanismes plus génériques. Après tout, pourquoi se limiter à mourir dans la neige quand on peut aussi mourir dans une bétonnière ?
Avec une princesse fidèle à elle-même, c'est-à-dire dangereuse, le Petit Barbare n'a finalement pas besoin d'ennemis supplémentaires : il lui suffit d'avoir une princesse dans les parages. On pourrait presque se demander pourquoi il continue à vouloir la sauver. Mais quand on est un héros - de BD à fortiori - on ne se pose pas de questions. ON exécute son destin ....
Ce tome 25 est donc un album plutôt sympathique, qui contient quelques excellents gags au milieu d'autres plus dispensables. Il ne fait pas partie des épisodes les plus inventifs de la série, mais il conserve cette efficacité immédiate qui explique sa longévité.





