Dupuis : Les Campbell T3, Adieu Kharkov, Atelier Mastodonte T3

/ Critique - écrit par plienard, le 18/09/2015

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Les Campbell – Tome 3 : Kidnappé ! – note : 7.5/10

Pour ceux qui ne le savent pas encore, Munuera, n’est pas une île du Pacifique, mais un auteur espagnol de bande dessinée. Scénariste et dessinateur, cet homme sait tout faire, et surtout de bonnes BD.


©Dupuis édition 2015.

José-luis, de son prénom, a notamment eu le privilège d’être le dessinateur de Spirou de 2004 à 2008 – trois albums n°48, 49 et 50 sur des scénarii de Jean-David Morvan –. Sur la même période et avec le même scénariste, il signera le dessin de Nävis, le spin-off de Sillage et l’équivalent du Petit Spirou pour Spirou et Fantasio.

Il signe ici, en tant qu’auteur complet, le troisième tome de la série Les Campbell, l’histoire d’une famille de pirates avec ce que cela comporte de trahisons, fraternité, honneur arrangé à la sauce de l’espagnol, c’est à dire, une bonne dose d’humour.

Son dessin, très cartoon, correspond d’ailleurs très bien à ce mélange et il parvient à la fois à nous émouvoir et nous faire rire.

 

Atelier Mastodonte – Tome 3 – note : 6.5/10

C’est avec une très grosse dose d’autodérision que les auteurs qui participent à l’atelier Mastodonte se moquent d’eux-mêmes mais aussi de leurs collègues (et amis).


©Dupuis édition 2015.

On y retrouvent Lewis Trondheim en chef de bande, Guillaume Bianco, Yoann, Benoît Feroumont, Tebo, Nob, Keramidas, Bouzard, Jérôme Jouvray, Obion, Bertail, Mathieu Sapin, Jousselin, Oiry, en espérant que je n’en oublie pas.

Le tome 3 est l’occasion de suivre les tribulations de l’atelier au travers des différents strips de chacun. Entre les jeux de mots d’Obion et Trondheim, les hauts et les bas d’Alfred, l’accident de Guillaume Bianco et j’en passe, l’atelier va aussi devoir (à son insu) participer à un jeu de téléréalité. Les personnalités de chacun vont alors se révéler encore plus forte.

Si j’ai eu un peu de mal à me mettre dans l’ambiance dans la première partie – la téléréalité n’est pas forcément le sujet qui me fait le plus rire car il met en scène des sentiments et des comportements excessifs à mon sens -, la seconde partie de l'album est beaucoup plus drôle avec la traversée du désert pour l’atelier, les gags de répétition, les jeux de mots sur les séries BD. L’atelier porte en tout cas bien son nom, car il y a du lourd. A vous de voir où !

 

Adieu Kharkov – note : 6.5/10

Bien que Kharkov soit une ville d’Ukraine, l’album Adieu Kharkov ne traite pas des problèmes actuels de ce pays tiraillé entre l’Europe et la Russie. Et c’est avec surprise que l’on découvre le nom de l’une des auteures ! Mylène Demongeot, la célèbre actrice, fait le récit de l’incroyable vie de sa mère, mise en dessin par Claire Bouilhac et Catel : un trio de femme sur la vie d’une femme !


©Dupuis édition 2015.

Il est amusant de voir qu’une star comme Mylène Demongeot – elle fut l’alter-ego de Brigitte Bardot à une époque – qui a symbolisé des destins fantastiques de personnages, a elle-même connue une existence hors du commun mais a aussi connu un personnage hors du commun en la personne de sa mère.

Claudia Troubnikova, née le 18 mai 1904, à Kharkov, en Ukraine est le troisième enfant d’Eudoxie et Georges et va tout faire pour ne pas connaître la même existence que sa mère et des femmes de cette époque : se marier et faire la boniche pour un homme adultère et saoul et le tout dans la misère. Car la révolution russe va passer par là. Elle et sa famille vont fuir jusqu’en Sibérie pour ensuite partir en Chine. La beauté de Claudia, sa prestance naturelle, vont ensuite faire le reste. Un premier mariage pour quitter un père qui devient presqu’incestueux, la jeune femme va gravir les échelons à coups de romance et de frivolité. Et contrairement à ce qu’ils pensent, les hommes n’ont aucun pouvoir sur elle.

Si le sujet pouvait paraître inintéressant sur la forme, sur le fond la surprise est de taille. La vie de Claudia est suffisamment mouvementée pour être intéressante et apporter un éclairage sur la condition féminine de l’époque. Les talents d’écriture de Mme Demongeot prennent ici forme dans les dessins de Catel et Claire Bouilhac. On plonge littéralement dans le roman de cette vie qui est ponctuée par quelques événements personnels de la vie de l’actrice.

Et si les comportements de Claudia frisent parfois des caprices de petites filles, au regard de toute sa vie, on y voit aussi un combat pour fuir la pauvreté et la précarité. On regrette cependant que cette histoire soit trop belle dans sa représentation et n’aille pas toujours au fond des choses. La pauvreté et la précarité que cette femme a vécu ne sont pas forcément évidentes au vu des dessins trop soignés et elles sont plus évoquées que réellement décrites.

Une sympathique BD qui vaut beaucoup plus que le côté people qu’elle pourrait laisser présager par le nom de son auteure.

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