Delcourt : Blanche neige, De cape et de crocs T12, R.U.S.T. T3

/ Critique - écrit par plienard, le 24/12/2016

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Quoi de mieux qu'un conte pour la période de Noël ? Ou alors peut-être une histoire de cape et de crocs ? ou une histoire de science-fiction avec des robots biologiques ?

Blanche Neige – note : 7.5/10

C’est grâce à un dessin original et de belles couleurs que les auteurs Lylian (scénario), Nathalie Vessillier (dessin) et Rozenn Grosjean (couleurs) offrent une nouvelle vision du célèbre conte des frères Grimm, Blanche Neige. La talentueuse Nathalie Vessillier nous propose un retour aux sources du dessin, plus proche de l’illustration et qui font penser à quelques tableaux du moyen-âge. Ce style offre une belle plongée dans l’atmosphère de l’époque.


©Delcourt édition 2016.

L’œuvre a maintenant plus de 200 ans et n’a pas pris une ride grâce à cette adaptation. On est loin de la version disneyenne, notamment avec les nains, et sans doute plus près de la version originale, plus dans l’esprit des frères Grimm. Une belle adaptation qui en annonce une autre : celle de Pinocchio par David Chauvel et Tom McBurnie.

 

De cape et de crocs – Tome 12 : Si ce n’est toi … – note : 8/10

Eusèbe découvre que son frère, Fulgence, n’est autre que le roi des brigands et qu’il commande à toute la cour des miracles. Ce dernier veut d’ailleurs faire de lui son second, son bras droit. Il doit pour cela apprendre à voler, ou au minimum à mendier. Mais pour Eusèbe, cela n’est même pas envisageable, car « voler c’est mal ».


©Delcourt édition 2016.

Toujours aussi crédule, et foncièrement honnête, Eusèbe va pourtant devoir s’échapper de la Bastille, se battre en duel, échapper à un singe bretteur, s’innocenter de vols qu’il n’a pas commis ou empêcher le meurtre du grand veneur. C’est beaucoup de responsabilités pour un simple petit lapin blanc. Mais il ne craint rien car il a le bon droit avec lui. C’est en tout cas ce qu’il croit.

Cette fois, c’est vraiment la fin de la série De cape et de crocs et pour Eusèbe. Alain Ayrolles et Jean-Luc Masbou boucle la boucle avec le premier cycle (les 10 premiers albums) et apportent la réponse à une interrogation : comment Eusèbe, si probe, a-t-il pu finir aux galères ?

Le dernier tome montre une dernière fois combien cette série va nous manquer. Ses dialogues en alexandrins, son originalité et le trait si détaillé des dessins. C’est une des plus belles réussites de ces dernières années. Et si vous ne connaissiez pas encore, il n’est pas trop tard, c’est bientôt Noël.

 

 

R.U.S.T. – Tome 3 : White strike – note : 6.5/10

C’est maintenant l’heure de rendre des comptes dans ce tome 3 de R.U.S.T., littéralement Robot Unit Shock Team.

Petit rappel des faits : l’humanité se cache dans les sous-sols de la Terre depuis que de mystérieuses entités, les S-Cats – mi-robots, mi-entités biologiques – ont pratiquement exterminé l’espèce humaine. Ses seuls moyens de défense sont les R.U. (Robot Unit), mais le dernier homme compatible pour pouvoir les utiliser vient de mourir au combat. Il reste une dernière option : la « black list ». Les derniers hommes compatibles avec les R.U. ne sont que des tueurs professionnels, des malades psychiatriques ou autres psychopathes.


©Delcourt édition 2016.

Et ce qui devait arriver, arriva. Ils devinrent complètement incontrôlables et retournèrent les R.U. contre leur créateur pour assouvir leurs pulsions meurtrières. L’humanité est-elle définitivement condamnée ? C’est ce qu’on était en droit de penser à la fin du second tome (voir ici). Mais une surprise de taille attend les lecteurs de ce tome 3 avec le professeur Furinkan dont le profil mégalomaniaque n’a rien à envier à celle de nos dangereux psychopathes.

Luca Blengino imagine une fin pétaradante, oscillant entre espoir et désespoir avec un Nesskain (le dessinateur) en grande forme. Les révélations sont effarantes avec un Furinkan digne des grands fous scientifiques de la littérature. Quant à Becky, elle cherche à se sauver entre Angel et Furinkan. Et justement, le rapport entre Angel et Becky prend une tournure inattendue.

Nesskain, qui a aussi signé les dessins de Le cercle (trois tomes chez Delcourt) montre un grand talent mais ses dessins de combats manquent de clarté. S’ils expriment bien le côté quantique et extraordinaire des S-Cats et des R.U., leurs oppositions qui s’apparentent à de réelles chorégraphies ne sont ni très lisibles, ni très intelligibles. C’est beau mais c’est hermétique.


Les couvertures des 3 albums - ©Delcourt édition 2016.

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