Delcourt : Frédégonde, Reine de Sang et De cape et de crocs T11

/ Critique - écrit par plienard, le 14/12/2014

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Une reine meurtrière et un lapin garde du cardinal, ce sont les deux BD historiques que nous ont récemment proposées les éditions Delcourt.

Reines de sang, Frédégonde, tome 1 – note 6/10

Après Isabelle et Aliénor, une troisième reine de sang vient enrichir la série éponyme chez Delcourt. Frédégonde, car c’est d’elle dont il s’agit, a vécu au VIème siècle de 545 à 597. Maîtresse du roi Chilpéric, issu d’une famille de serf, elle va évincer la première femme de Chilpéric avec pour ambition de devenir reine. Mais un mariage d’état va être arrangé entre le roi et Galswinthe, une princesse goth, et va contrarier ses plans. Mais c’est faire peu de cas de son incroyable soif de pouvoir qui l’amène aux pires extrémités pour l’assouvir.


©Delcourt édition 2014.

Au VIème siècle, la « France » des Francs se décompose en trois territoires gouvernés par les frères Sigebert, Chilpéric et Gontran. Un mariage politique entre Sigebert et la princesse goth Brunehaut a pour vocation à mettre fin aux conflits entre les deux peuples. Et afin de renforcer cette première alliance, la sœur de Brunehaut, la prude Galswinthe, va être offerte à Chilpéric.

Le scénario de la vie de cette reine meurtrière est signé Virginie Greiner. Un personnage tout à fait fascinant et dont l’ambition va mener le roi (et son peuple) par le bout du nez. Il faut dire que le seigneur est facilement corruptible par sa beauté ce dont sa maîtresse abuse.

Si l’album est captivant, on ne peut pas en dire autant de son dessin. Œuvre d’Alessia de Vincenzi, il manque bougrement de maturité. L’artiste italienne signe ici sa première bande dessinée et ça se sent. Si le corps de Frédégonde est particulièrement réussi, on ne peut pas en dire autant de ceux des hommes qui ressemblent plus à des caricatures d’éphèbes grecs. Ajoutez à cela quelques proportions qui choquent l’œil et des détails d’une case à l’autre qui ne sont pas respectés (les costumes, par exemple, sur les plans éloignés) et on pourrait presque repousser cet album d’un revers de la main. Pourtant, le charme agit. Est-ce celui de la reine qui agit encore une fois, ou la qualité du scénario qui rehausse celui du dessin ? On ne sait. Toujours est-il qu’on referme ce premier tome avec l’envie de découvrir les nouvelles frasques de cette reine sanguinaire.

 

De cape et de crocs, tome 1 – note 8/10

C’était avec une certaine tristesse que l’on avait accueilli le dernier album de De cape et de crocs. On reprend un peu de baume au cœur avec ce onzième album qui aurait pu servir de prologue et uniquement consacré au personnage d’Eusèbe le lapin.

Ce petit personnage (par la taille) a vécu tant d’aventures rocambolesques 20 mois avant (d’où le titre de l’album) sa rencontre avec Don Lope de Villalobos y Sangrin (le loup espagnol) et Armand Raynal de Maupertuis (le renard gascon) et dont il est fait légèrement allusion dans les 10 albums de la série qu’il y a matière à lui consacrer ses albums (au moins 2 de prévus).


©Delcourt édition 2014.

Le petit lapin est toujours aussi crédule et ne voit jamais le mal et la mauvaise intention des personnes qu’il rencontre. Eusèbe est la gentillesse incarnée, et se rend à Paris pour intégrer la compagnie de gardes du cardinal Richelieu avec la lettre de recommandation de son père. Mais rien ne va se passer comme il le veut.

Dans le monde imaginé par Alain Ayrolles et dessiné par Jean-Luc Masbou, les lapins parlent, font de l’escrime, les ours sont voleurs, les gardes du cardinal sont les maltraités et les gentils de l’histoire et les mousquetaires presque les méchants. Et ce n’est pas tout ...

C’est un régal de redécouvrir cette série que l’on croyait terminée.

 

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