8/10L'Assassin Royal - Tome 1 - Le Bâtard

/ Critique - écrit par athanagor, le 19/10/2008
Notre verdict : 8/10 - Cour du soir (Ecrivez votre critique)

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La collection Cherche Futurs, de l'éditeur Soleil, s'ouvre sur une adaptation du roman phare de Robin Hobb par Gaudin et Sieurac, et si le reste de la collection maintient le même cap, préparez-vous à faire de la place dans votre bédéthèque.

La famille des Loinvoyant, régnant sur les six-duchés, voit arriver dans ses rangs le bâtard de son fils aîné Chevalerie. Rendu par l'homme, que l'on avait chargé jusque là de l'éduquer, pour des raisons bassement financières, il est pris en charge par un des hommes de Chevalerie, Burrich, qui le baptise Fitz. Le faisant cLe baptème du feu
Le baptème du feu
oucher dans les écuries avec Renarde, sa chienne, dont le chiot Fouinot deviendra vite le meilleur camarade de Fitz, il se prendra vite d'affection pour ce petit garçon ignoré de son père. Jugeant que, même s'il s'agit d'un bâtard, la place d'un rejeton de la lignée royale n'est pas dans la paille, Vérité, frère cadet de Chevalerie, décide de transférer Fitz à Castelcerf, résidence royale, avec Burrich et Fouinot. Arrivé sur place, Fitz apprend que son père a renoncé à son rang dans la succession de son père, le roi Subtil. N'étant plus alors considéré comme appartenant à la lignée royale, Fitz (ainsi que Burrich, délaissé par Chevalerie) se retrouve à errer dans Bourg-de-Castelcerf, où il ressent de plus en plus les pensées de Fouinot, manifestation du « Vif », capacité de certains à parler aux animaux (comme Yakari). Après quelques temps parmi les gueux, le roi Subtil, qui voit en la personne de Fitz un atout majeur, car à la fois de sang royal et en dehors de la succession, décide de le prendre sous sa protection, de peur surtout qu'un de ses ennemis ne le fasse avant lui. Fitz apprend donc à se conduire comme son rang l'exige. Mais au-delà des leçons de maintien, d'escrime et de comptabilité, Umbre, mandé par le roi, va lui apprendre, dans le secret de la nuit, l'art de l'assassinat diplomatique, pour en faire le bras silencieux et déterminant de toute bonne négociation. Sachons reconnaître là le bon sens en action.

Il faCa drainche là-haut !
Ça drainche là-haut !
ut bien reconnaître qu'on se laisse emporter assez aisément dans cette aventure du petit-fils bâtard du souverain de ce royaume imaginaire, et par la vie de bohème puis de cour qu'il traverse. Doté de cette capacité à "comprendre" les animaux, le personnage de Fitz est à la fois intrigant et attachant par l'honnêteté de son caractère, la loyauté de ses sentiments et la clarté de son intelligence. Bref le personnage de roman dans toute sa splendeur, à qui on voudrait ressembler car ça ne sent jamais mauvais quand il tire la chasse. Il faut voir dans ce personnage, le monde où il évolue et l'atmosphère environnante le talent inventif de la romancière Robin Hobb, qui sortait en 1995 le premier tome de l'Assassin Royal (The Farseer Trilogy), L'apprenti assassin (Assassin's apprentice). C'est donc cette œuvre, qui a contribué à faire de Robin Hobb une actrice majeure de la littérature Fantasy, que Jean-Charles Gaudin et Laurent Sieurac reprennent pour le compte de la nouvelle collection de Soleil, "Cherche Futurs", dont le but est de fournir des interprétations en BD de livres faisant, ou ayant fait, le succès des genres SF et Fantasy. On craint bien évidemment que certains aboutissent à des résultats plus que médiocre, mais s'il faut se baser sur ce premier ouvrage, le tout est plutôt encourageant.

Comme mentionné plus haut, on est assez vite et bien pris dans cette histoire que les auteurs ont choisi d'adapter, et si le trait convenu de Laurent SBâtard toi-même !
Bâtard toi-même !
ieurac ne sert que moyennement l'originalité de l'album, en restant malgré tout propre et justement descriptif, la palme revient à Jean-Charles Gaudin, qui réussit à adapter ce qui semble être les 510 pages de l'édition poche du premier tome, en 48 pages, certes un peu serrées, d'un format BD de base, en synthétisant l'œuvre sans jamais donner l'impression d'avoir fait une impasse trop importante pour devoir sauter du coq à light, au détriment du pauvre lecteur qui n'a pas eu la correction de lire l'original. On se retrouve en présence d'une lecture d'une heure au maximum, et quelle bonne heure !

Conservant à la fois l'intérêt de l'éducation per se d'un assassin et tout le poids politique que suscite une telle histoire dans le cadre d'une lignée royale et de ses obligations vis-à-vis de son peuple, les auteurs commencent cette adaptation ainsi que la collection qui la porte de la meilleure des façons.

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