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Bande dessinée Critique
Tanguy et Laverdure (Une aventure classic) - Tome 8 - mission de guerre

Une aventure "classic" de Tanguy et Laverdure - Tome 8 - Mission de guerre

Notre note : 3,75/5

Attention, ça va chauffer dans le cockpit !

Votre note pour Tanguy et Laverdure (Une aventure classic) - Tome 8 - mission de guerre :

Après avoir découvert une taupe soviétique infiltrée dans les rangs de l’armée de l’air française, Tanguy et Laverdure remettent les gaz pour conclure cette nouvelle aventure située en pleine guerre froide. Avec Mission de guerre, Patrice Buendia et Matthieu Durand sortent les avions, les espions et même le nucléaire : quand les Chevaliers du ciel décollent, autant attacher sa ceinture.

Le tome précédent avait installé une ambiance particulièrement tendue : guerre froide, exercice militaire, espionnage et sabotage d’une opération atomique. Bref, tout ce qu’il faut pour transformer une banale journée de travail dans l’armée de l’air en une très mauvaise journée de travail. Avec Mission de guerre, Tanguy et Laverdure poursuivent leur enquête. Le pilote Deval est désormais accusé d’espionnage, mais les apparences sont trompeuses. Nos deux aviateurs vont rapidement comprendre qu’il a été piégé et que quelqu’un tire les ficelles dans l’ombre.


© Dargaud 2026.

Le scénario de Patrice Buendia repose sur un cocktail parfaitement identifié : espionnage, trahison, sabotage et course contre la montre. Rien de révolutionnaire. Depuis Jean-Michel Charlier, la recette est connue : les héros sont envoyés dans une situation impossible et les méchants ont toujours plusieurs coups d’avance. Buendia assume cet héritage sans chercher à le moderniser à outrance. L'adjectif "Classic" est parfaitement respecté. On retrouve le parfum des grandes aventures d’antan sans simplement ressortir les vieux albums du placard. Le scénario joue ainsi avec l’ADN historique de la série, avançant sans s'attarder inutilement sur les états d’âme de ses personnages. Tanguy reste Tanguy, laissant la part belle à l'aventure. 

Au dessin, Matthieu Durand est manifestement dans son élément dès qu’un avion entre dans le cadre. Les appareils sont détaillés sans devenir illisibles, les cadrages donnent une véritable sensation de vitesse et les combats aériens bénéficient d’une mise en scène particulièrement dynamique. Les avions ne semblent pas simplement posés sur une case : ils traversent véritablement l’espace. Les séquences aériennes sont suffisamment nombreuses pour donner au lecteur sa dose de kérosène, tout en laissant suffisamment de place à l’intrigue d’espionnage. L'équilibre entre enquête au sol et spectacle dans les airs fonctionne donc plutôt bien.


© Dargaud 2026.

Les amateurs de la série retrouveront les ingrédients traditionnels : les avions militaires, la guerre froide, les complots, les poursuites, les personnages secondaires immédiatement identifiables et, surtout, cette ambiance d’aventure populaire qui ne cherche jamais à se prendre pour un traité de géopolitique. La documentation aéronautique donne de la crédibilité à l'ensemble, tandis que le récit conserve une vraie dimension spectaculaire.

Les qualités de cette série sont aussi ses défauts. À force de vouloir retrouver l’esprit des aventures classiques, l’album ne prend finalement que peu de risques. Les amateurs de Tanguy et Laverdure y trouveront probablement leur compte ; ceux qui espéraient une réinvention profonde de la série devront en revanche repasser par la tour de contrôle.


© Dargaud 2026.

Le duo Tanguy et Laverdure fonctionne toujours aussi bien. UnTanguy tout seul serait probablement beaucoup trop sérieux. Laverdure apporte cette petite dose de fantaisie indispensable. Dans un récit où l’on parle d’espionnage, de sabotage et de menace nucléaire, ses interventions permettent de respirer entre deux séquences de tension. Il  apporte ce côté divertissement qui font la qualité de cette série et ce qu'on aime dans la lecture d'une BD franco-belge. Derrière les avions et les complots, Tanguy et Laverdure reste avant tout une série de personnages. Le sérieux de Tanguy et la personnalité fantasque de Laverdure continuent de former un tandem suffisamment efficace pour traverser les décennies sans trop de turbulences. 

Avec Mission de guerre, Patrice Buendia et Matthieu Durand terminent efficacement le diptyque commencé avec Une taupe chez les Cigognes. Le résultat est une aventure classique au meilleur sens du terme : efficace, spectaculaire et parfaitement calibrée pour les amateurs de vieux coucous… enfin, de chasseurs supersoniques.

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