Grand Angle : Son of a gun, Rue de la Grande Truanderie T2

/ Critique - écrit par plienard, le 10/04/2026

Son of a gun ! – note : 7/10

Philippe Pelaez, auteur prolifique des éditions Bamboo – on peut citer Dans mon village on mangeait des chats, Pinard de guerre, Le Bossu de montfaucon, Automne en baie de Somme, Furioso ou Super-Vilains signe un western qu’il qualifie lui-même de "pastiche des films de western, mais aussi une parodie de la trilogie du dollar de Sergio Leone". L’album déborde ainsi de références, visible dès la couverture qui fait un clin d’oeil à l’affiche du film Le bon, la brute et le truand, et où l’humour tient une place prépondérante.


© Grand Angle 2026.

 

Ce western est une sorte de « buddy movie à trois » où trois personnages – Dolorès, Kentucky et Cleveland – voient leur destinée s’entrecroiser pour récupérer le trésor volé du président du Mexique. Un trio aux personnalités très différentes mais avec un point commun : ils sont sans scrupules. Leurs différences apportent de l’épaisseur et ajoutent à l’effet comique du récit qui fait la part belle à …une chèvre et un dogue allemand.

Mais une bonne BD passe aussi par un découpage et des dessins en adéquation avec le genre et l’ambiance voulu. Le trait de Sébastien Corbet faussement simpliste donne le ton avec son sens de la caricature et du naturel.

 

Rue de la Grande Truanderie – Tome 2 : La mort de l’utopie – note : 7/10

Le tome 2 final de Rue de la Grande Truanderie est publié chez Grand Angle au mois de janvier 2026. Première série BD de l’autodidacte Romain Rousseaux Perrin, le scénario de ce thriller est signé par Jean David Morvan (Trolls, Sillage, Madeleine résistante ….).


© Grand Angle 2026.

 

Alors que le premier tome posait les bases de l’ambiance, des personnages et des enjeux, ce deuxième tome apporte les révélations tant attendues. C’est le temps des vérités, les personnages ne cachent plus leurs intentions.

Un récit qui utilise des faits et des personnages historiques – Jean-Baptiste Gaudin et son utopique Familistère – pour réinventer un équivalent de la truanderie avec le personnage de Glannes, fille adoptive de JB Gaudin et que son fils Emile Gaudin hait plus que tout.

Une série à l’ambiance historique rétro qui traite de thèmes comme le rapport père-fils et la difficulté pour un fils qui admire son père d’être à la hauteur qu’il croit devoir être. Autre thème traité dans l’album, celui des classes sociales et sa condition.

Mais la série est avant tout un bon polar avec des personnages parfaitement décrits et un dessinateur qui n’hésite à prendre des risques et à ne pas être trop classique.

Au final, on a une reconstitution historique vivante, et un mélange réussi entre polar, aventure et chronique sociale.

 


Les couvertures des 2 albums - © Grand Angle 2026.